En moins de dix ans, Roschdy Zem est devenu l'une des figures du cinéma français les plus sollicitées. Récemment lauréat du prix d'interprétation masculine pour « Indigènes », au festival de Cannes 2006, l'acteur fait ses débuts de réalisateur avec « Mauvaise foi », une comédie dont il tient également le rôle principal.
L’interview
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Fils d'immigrés marocains, Roschdy Zem naît le 27 Septembre 1965 à Gennevilliers dans les Hauts-de-Seine, en banlieue parisienne. Il ne découvre le théâtre qu'à 20 ans et obtient un premier rôle de figuration en 1987 dans « Les Keufs » de Josiane Balasko. À l'époque, le jeune homme gagne sa vie en vendant des jeans sur les marchés et ne pense pas encore devenir acteur. En 1991, il décroche presque par hasard, en accompagnant une amie à un casting, le rôle de Said dans « J'embrasse pas » d'André Téchiné. Le réalisateur, convaincu de son talent de comédien, l'engage pour son film suivant, « Ma Saison Préférée ».
Roschdy Zem a 30 ans lorsque sa carrière prend véritablement son envol, grâce à deux prestations remarquées : celle d'un dealer de crack dans le sombre « N'oublie pas que je veux mourir » de Xavier Beauvois, prix du jury à Cannes, et celle d'un ami de Sandrine Kiberlain dans « En avoir ou pas », premier film de Laetitia Masson.
Dès lors, Roschdy Zem va enchaîner les rôles. Le cinéma d'auteur s'entiche de ce garçon robuste et plein de sensibilité. Il joue sous la direction de Patrice Chéreau dans « Ceux qui m'aiment prendront le train », de Philippe Garrel dans « Le Coeur Fantôme » ou de Yolande Zauberman dans « Clubbed To Death ». C'est à ce moment qu'il se voit offrir deux rôles qui lui tiennent particulièrement à cœur, dans « L'Autre côté de la mer » de Dominique Cabrera en 1997, qui évoque l'occidentalisation du Maghreb et dans « Vivre au paradis » de Bourdem Guerdjou en 1998, qui traite de l'immigration.
À l'image d'un Sami Bouajila, Roschdy Zem ouvre la voie aux comédiens d'origine arabe en France. Il s'illustre dans un cinéma social avec des œuvres comme « Sauve-moi » de Christian Vincent ou « Ma petite entreprise » de Pierre Jolivet (qui lui vaut une nomination au César du Meilleur second rôle). On le voit également dans des comédies grand public comme « Le Raid », « Blanche », ou « Chouchou » ainsi que dans des films psychologiques comme « Betty Fisher et autres histoires», « Ordo », « 36 quai des Orfèvres » ou encore « Le Petit lieutenant ». En 2006, à Cannes, il obtient le prix d'interprétation masculine, partagé avec ses partenaires Jamel Debbouze, Sami Naceri, Sami Bouajila et Bernard Blancan, pour « Indigènes », film de guerre sur les soldats nord-africains mobilisés en 1943. Cette riche année est aussi marquée par ses débuts de réalisateur avec « Mauvaise foi » une comédie sur un couple mixte. Elle (Cécile de France) est juive et lui (Roschdy Zem) est musulman.
Actualité :
« Mauvaise foi », dans les salles françaises le 6 décembre.