Cet artiste un tantinet déjanté déjoue les joies et les lois de la nature en jouant avec des jungles de dingues qui grimpent le long des murs... Ce professeur tournesol qui se tourne moins vers le sol que vers le ciel, depuis qu'il a découvert que l'univers vert qu'il vénère se trouvait plus original à la verticale.
Botaniste, chercheur, designer, mais qui est donc cet étrange personnage aux cheveux verts? Patrick Blanc est un marginal dans son domaine, sorte d'écolo avant-gardiste de l'architecture.
Sa passion pour les éléments naturels commence très jeune. Dès 12 ans, Patrick Blanc s'intéresse à l'aquariophilie et adhère à une association qui se réunit au Jardin des Plantes. De là, naît une passion pour les plantes, plus attiré par les mystères de certaines espèces exotiques que par la faune aquatique. Il part en Thaïlande à 19 ans laissant en plan son Deug et commence dès son retour à réaliser des œuvres murales de végétaux. De nombreuses expériences sont nécessaires pour réussir à humidifier ses plantations et à lutter contre la décomposition. Il trouve une solution grâce au plastique. Pas de terre donc dans ces constructions naturelles mais juste un cadre métallique, un support synthétique, du feutre en polyamide et des tuyaux d'irrigation. Les plantes sont nourries exclusivement par l'eau et les sels minéraux. Sa base d'entraînement est à Créteil, sorte de jungle où s'enchevêtrent plantes tropicales, oiseaux en liberté ou lézards
En 1988 il brevète son projet et montre ses créations au festival des jardins de Chaumont sur Loire. C'est le début de la notoriété. Il accède au rang d'artiste lorsqu'il décore la Fondation Cartier, dessinée par Jean Nouvel, pour l'exposition « Etre nature ». Parmi ses nombreuses réalisations, on peut noter l'Hôtel Pershing hall dans le XIIIe arrondissement, la boutique Marithé + François Girbaud, le Palais de la découverte et de nombreux parcs, musées, boutiques ou entreprises.
Ses œuvres s'exportent en province, à Toulouse notamment où le mur végétal va recouvrir la Cité de l'espace mais aussi à l'étranger sur le musée d'art contemporain à Kanazawa au Japon.
Mais le botaniste est avant tout chercheur et continue malgré un emploi du temps chargé à donner des conférences et à publier ses recherches pour ses étudiants. En 2002, il publie un livre expliquant ses observations « Etre plante à l'ombre des forêts tropicales »
Patrick Blanc est un spécialiste de la fleur tropicale, chercheur de plantes rares toujours entre deux pays à la recherche de nouvelles espèces. Chercheur au CNRS au laboratoire de biologie végétale tropicale, il est spécialisé dans l'étude du développement des plantes dans les sous-bois des forêts tropicales.
Sa plus grande création est en préparation. La future façade du musée du quai Branly sera le plus grand mur végétal du monde.Sur 800 m2, 15 000 plantes de plus de 170 espèces du monde entier ont été plantées.