Météo hésitante en juin en France

Après un mois de mai très chaud en France, le 4ème plus chaud depuis 1900, le plus chaud depuis 1873 à Paris, mais quelque peu terni par un manque de soleil sur les trois-quarts sud et ouest de la France et des précipitations fréquentes, juin ne montre pas d’excès particuliers d’un point de vue climatologique.

Gm20 Comme son prédécesseur, juin a été bien nuageux, surtout en première quinzaine. La fin de mois plus estivale n’aura pas suffi à rattraper le retard sur la plupart des régions. Les chiffres ne sont pas très bas, mais une trentaine d’heures sous les normales sur un grand quart nord-est jusqu’au Lyonnais et au Massif-Central. La Bretagne et les régions méridionales s’en sont mieux tirées, avec un ensoleillement conforme aux moyennes saisonnières. Ce n’était pas de refus toutefois du côté de la grande bleue où mai a été l’un des pires de ces 30 dernières années, notamment en Corse où des pluies records se sont abattues.

Les conditions anticycloniques ont globalement dominé, même si elles ont paradoxalement maintenu une couverture nuageuse importante. En revanche, logiquement, les précipitations ont été faibles à normales. Il est tombé moins du tiers de la moyenne saisonnière à Paris. La Bretagne, le Midi-Toulousain ou encore le pourtour méditerranéen enregistrent également des pluies déficitaires. Sur les autres régions, les cumuls se rapprochent des normales, sauf rares accidents orageux qui apportent très localement des excédents notables. Car ce mois de juin a été très peu orageux sur la France.

Par le manque de soleil, on pourrait s’attendre à retrouver des températures inférieures aux moyennes saisonnières… il n’en est rien, et ce malgré une première quinzaine plutôt fraîche. La chaleur des dix derniers jours aura suffi à combler le retard, et même à offrir un petit surplus thermique. De l’ordre de 0,5 à 1,5 degrés en général, il dépasse parfois 2 degrés entre l’Alsace et la région Rhône-Alpes. La chaleur n’aura été excessive que dans le sud-est, avec un record tout de même à Toulon : 35,1 degrés le 27, l’ancien record était de 34,9 le 20 juin 2002 depuis l’ouverture de la station en 1936. Si juin a pu paraître frais, c’est aussi parce que nous connaissons des mois de juin chauds depuis 2000 inclus. Il faut remonter à 1999 pour trouver un mois de juin un peu frais et 1991 pour retrouver trace d’un mois véritablement frais !

Juin aura d’ailleurs été assez conforme aux tendances saisonnières : modérément chaud sans excès, plutôt sec… mais peu ensoleillé alors que l’on s’attendait au contraire à une belle présence de l’astre du jour.

Frédéric Decker

Nargis en Birmanie ou le bilan effroyable

Un violent cyclone, nommé Nargis, a traversé la Birmanie vendredi 2 mai. Environ 134.000 personnes ont été tuées, les sans-abri se comptent par millions… Un bilan très lourd, il faut remonter au 29 avril 1991 pour trouver un bilan plus élevé dans le monde après le passage d’un cyclone : 140.000 morts au Bangladesh.

Nargis Ce cyclone violent, classé 4 sur une échelle qui compte 5 niveaux, a engendré des vents atteignant 200 à 250 km/h et une vague de 4 mètres de haut, ayant d’importantes conséquences dans ce pays constitué en grande partie d’un delta. Son altitude est donc très basse et la vague a pu pénétrer sans difficulté dans les terres. De plus, les pluies diluviennes qui se sont abattues ont nettement aggravé les inondations provoquées par la vague. Rangoon est cernée par les eaux et les aides humanitaires se bousculent pour venir en aide à une population très marquée par le phénomène.

En 2007, un cyclone d’une force à peine plus faible que Nargis a frappé cette même partie du monde, faisant un millier de morts. Le système d’alerte météo est mis en cause ces jours cis dans l’absence de communiqués prévenant de l’arrivée de Nargis. Les services météorologiques indiens s’en défendent, affirmant avoir prévenu 48 heures à l’avance de l’arrivée du phénomène cyclonique.

Faut-il lier ce cyclone au réchauffement ou encore au phénomène La Niña ? La Niña a en effet tendance à renforcer la mousson humide d’été en Asie, ainsi que les phénomènes cycloniques sur tout le sud-est asiatique. On peut donc s’attendre à de nouveaux cyclones (ou typhons) d’ici la fin de l’été.

Côté atlantique, les experts annoncent également une saison cyclonique assez intense : 13 phénomènes tropicaux, 7 cyclones, trois cyclones violents… La Niña pourrait toutefois modérer la saison cyclonique cette année. Mais les prévisions pour 2007 n’étaient pas très bonnes.

Enfin, peut-on lier la recrudescence des cyclones au réchauffement climatique ? Oui… et non. Non, dans le sens ou les cyclones n’augmentent pas en nombre sur la planète. Le nombre de cyclones depuis le début du 20ème siècle reste stable. Oui, car il semblerait que le nombre de cyclones violents soit en augmentation depuis une vingtaine d’années, à mettre en corrélation avec l’augmentation de la température des océans. Pas plus de cyclones sans doute dans les décennies à venir, mais probablement plus de phénomènes dévastateurs…

Frédéric Decker

 

Février en terrasse, avril dans la glace

Après un hiver quasi-printanier et très ensoleillé, c’est la douche froide en avril. Il neige ! Et pas qu’un peu ! Si vous habitez le Pas-de-Calais, l’ouest de la Somme, de l’Oise ou l’est de la Seine-Maritime, 10 à 40 cm vous ont surpris entre dimanche 6 et lundi 7 avril…

2008_04070042 Une brutale arrivée d’air froid arctique nous a concerné à partir du samedi 5. Les températures ont commencé à chuter et les giboulées se sont invitées un peu partout. Tout ce qu’il y a de plus normal ! Les fameuses « giboulées de mars » sont très fréquemment décalées sur avril. Et les moyennes climatiques évoquent bien un « jour de neige » sur la plupart des villes de la moitié nord durant ce mois. Par ce « jour de neige », il faut comprendre jour où au moins quelques flocons voltigent. Il devient en effet très rare de voir la neige tenir au sol en plaine en ce mois de printemps (une fois tous les 10 ans sur un grand quart nord-est, moins sur le nord-ouest).

Ce fut pourtant le cas les 6 et 7 avril. Le secteur de Boulogne-sur-Mer a été le plus touché, avec 20 à 40 cm de neige tombés en six heures ! Il faut remonter au 31 décembre 1978 pour trouver un épisode neigeux comparable (en plein hiver donc !!) et il s’agit donc d’un record –tous mois confondus – sur soixante ans au moins. Cette neige, lourde et collante, a provoqué des dégâts importants sur les câbles électriques - des milliers d'abonnés ont été privés de courant -, mais aussi sur la végétation. Et la circulation a été très difficile sur les axes routiers. En région parisienne, 3 à 4 cm de neige ont recouvert le sol en quelques heures, comme ce fut le cas, vous vous en souvenez peut-être, le 4 avril 1989 (une semaine après avoir atteint 24 degrés à Paris !!). Curieuses similitudes d'ailleurs entre 1989 et 2008 puisque l'hiver 1988-89 n'avait pas vu de neige en plaine, comme cette année. Avril 89 fut toutefois un "accident" dans une année particulièrement chaude et sèche (mai 1989 record en chaleur et soleil) ! 

Et dire qu’il y a un an, la France avait trop chaud, durant ce fameux avril 2007, battant tous les records de chaleur (près de 30 degrés au nord de la Loire) avec un soleil exceptionnel !

Les températures vont progressivement remonter ces prochains jours, mais ne crions pas victoire trop tôt : la suite d’avril s’annonce bien médiocre ! Il faudra sans doute attendre mai pour voir le soleil et des températures véritablement printanières s’installer. Et pour encore totalement contrarier la tendance 2007, soleil, douceur et sécheresse pourraient durer jusqu’en août !

Frédéric DECKER

 

Au Canada, l'hiver qui n'en finit pas...

Actu040308 -10 degrés ce samedi matin encore à Montréal où il a déjà gelé 26 matins sur 29 ce mois-ci, 13 jours n’ont pas connu de dégel… et le thermomètre n’a encore jamais atteint les 6 degrés depuis le 1er mars !!!

D’un point de vue thermique, l’hiver a été… doux sur le Québec, puisque les trois mois d’hiver sont supérieurs à leurs moyennes, notamment janvier avec 3 degrés d’excédent. Décembre et février ont été plus proches des normales. Mars en revanche est très froid, avec près de 3 degrés de déficit sur les températures maximales. Pas de record de froid donc cet hiver de l’autre côté de l’Atlantique : le minimum a été atteint le 29 février avec –24 degrés à Montréal, alors que le thermomètre descendait à –28 degrés à Québec fin janvier.

Si le froid n’a pas été hors norme, il n’en est pas de même de la neige qui est tombée souvent, très souvent, et en très grande quantité, battant des records sur l’ensemble du Québec, avec par exemple plus de 500 cm (5 mètres) de neige cumulée à Québec ! L’ancien record datait de l’hiver 1965-66 qui cumulait 458 cm de neige. Même constat à Montréal où le record de 383 cm de l’hiver 1970-71 a été battu. De nombreux toits se sont effondrés ces dernières semaines, faisant des victimes, et des accidents de la route liés à ces intempéries neigeuses ont également tué. L’activité économique est encore très perturbée et de nombreuses écoles restent fermées.

Les québécois, et les canadiens en général, attendent avec impatience l’arrivée du printemps, encore plus cette année qu’habituellement. Après un épisode de neige puis de pluie mardi, une hausse des températures est attendue. Le thermomètre devrait grimper jusqu’à 9 degrés mercredi prochain à Montréal.

Frédéric Decker

Fin d'hiver printanière

Le thermomètre a grimpé jusqu'à 26,3 degrés à Toulon ce dimanche après-midi, ce qui établit un nouveau record de chaleur pour cette ville pour un mois de mars. L'ancien record était de 25,1 degrés le 21 mars 2002 depuis 1936. Cette valeur record est toutefois isolée puisque les valeurs du jour sont restées éloignées des records partout ailleurs, y compris sur le reste du Var. La douceur de début mars fait suite à des mois de janvier et février déjà très doux en France. À Bordeaux, février 2008 est le deuxième mois de février le plus chaud (15,4 degrés en température maximale moyenne) après l'exceptionnel mois de février 1990 (16,3 degrés) sur ces soixantes dernières années. Les hautes pressions présentes le mois dernier ont surtout fait tomber des records de fort ensoleillement depuis 60 ans : 143 heures de soleil à Lille (142 heures en 1975), 173 heures à Lyon (161 heures en 1975), 181 heures à Toulouse (181 heures également en 1975), 185 heures à Bordeaux (176 heures en 1975) et 187 heures à Clermont-Ferrand (173 heures en 1975). Mais tandis que la France connaissait un printemps avant l'heure, le Moyen-Orient et la Chine connaissaient des conditions exceptionnellement froides et neigeuses, du jamais vu parfois depuis que des relevés météo sont effectués. Chez nous, un petit épisode hivernal va se mettre en place mardi, avec des giboulées de neige sur de nombreuses régions. Et méfions-nous des soubresauts de notre climat : en 1989, après un hiver sans le moindre flocon, la neige a brutalement blanchi le bassin parisien début avril... une semaine après des records de chaleur  (24 degrés à Paris le 30 mars, neige forte le 4 avril) !

Frédéric Decker

Encore un janvier printanier

Janvier 2007 avait battu les records de douceur en Europe et en France sur 50 ans au moins, et même plus de 200 ans selon les chiffres les plus anciens dont nous disposons. La durée retour d’un mois de janvier est donc élevée, de l’ordre de 50 ans au moins, voire beaucoup plus. Un événement semblable s'est déjà produit toutefois en 1974 puis 1975, les deux mois de janvier les plus chauds avant que n'arrivent ceux de 1988 puis 2007.

Pourtant, janvier 2008 jusqu’à aujourd’hui fait aussi exception. En France, en dehors de la frange est du pays, allant de Lille à la Corse en passant par Dijon, Strasbourg et Nice où les valeurs de 2008 sont légèrement inférieures à celles de 2007 (de l’ordre de 0,1 à 1,5 degrés), les 23 premiers jours du mois se placent généralement au premier rang devant janvier 2007. C’est le cas par exemple à Lyon (7,2 degrés en janvier 2008 au lieu de 6,4 degrés l’an dernier), à Marignane (9,6 degrés au lieu de 9,1), à Toulouse (8,4 degrés au lieu de 7,0), Biarritz où l’écart est largement positif (10,6 degrés au lieu de 8,8) ou encore Brest (8,9 degrés contre 8,6 degrés en janvier 2007). À Paris, où les chiffres remontent à 1780, nous égalons le record de l’an dernier avec 7,9 degrés. Il n'a gelé qu'une seule fois dans Paris, mais janvier 1988 n'avait pas du tout connu de gel dans la capitale. Il est à noter par ailleurs que les trois premières semaines de janvier 2007 ont été beaucoup plus douces que cette année, mais la moyenne s’était abaissée ensuite en raison d’une dernière décade plus froide, et d’un coup de froid relativement marqué notamment dans l’est autour du 25.

Les moyennes du mois en cours devraient toutefois quelque peu « se tasser ». Les conditions anticycloniques à venir vont assurer un temps calme mais sans doute plus froid, avec des gelées assez nombreuses, même si les valeurs ne s’abaisseront pas autant qu’en janvier 2007. L’ensoleillement et l’air doux en altitude devraient en revanche assurer des après-midi assez doux, avec une dizaine de degrés sur les deux-tiers ouest du pays. Le bilan en toute fin de mois devrait donc être très proche de janvier 2007, voire un peu en dessous thermiquement grâce aux gelées nocturnes.

Frédéric Decker

2007 en France : des saisons décalées !

L’année 2007 a connu des saisons marquées… mais hors normes. Après l’automne 2006 exceptionnellement chaud, l’hiver 2006-2007 est resté sur la lancée puisqu’il s’agit en France de l’hiver le plus chaud depuis que des relevés météo fiables existent (150 ans). Le printemps en hiver, avec un mois de janvier chaud (3 degrés d’excédent) dont une nuit qui a vu des températures stagner autour de 13 degrés au nord de la Loire, du jamais vu au cours de ce mois normalement le plus froid de l’année. Une grande douceur a encore régné en février. Et cette douceur s’est généralement manifesté malgré la présence de hautes pressions. Les précipitations ont donc été faibles, l’enneigement mauvais en montagne (les skieurs s’en souviennent !) et la sécheresse battait son plein près de la Méditerranée.

Actu300407 Après un mois de mars proche des moyennes saisonnières malgré un milieu de mois ensoleillé et très doux, l’été s’invite brutalement en avril : les températures s’envolent tout au long du mois, les 30 degrés sont atteints localement au nord de la Loire, Paris compte 10 jours de chaleur, du jamais vu là encore. Avril 1893, qui détenait bon nombre de records jusqu’ici, est effacé des tablettes. Outre la chaleur exceptionnelle, la sécheresse fut extrême (pas une goutte à Melun, Reims ou Lille) et l’ensoleillement a atteint des sommets (80% du maximum théorique au nord de la Loire, 346 heures de soleil à Strasbourg, record tous mois confondus). Les pelouses sont déjà jaunes fin avril et l’on craint la canicule et la sécheresse pour les mois suivants…

Actu270707 Mais après plusieurs mois de blocage, l’anticyclone en décidera autrement… en nous quittant sans coup férir. Dès début mai, un courant dépressionnaire d’ouest s’installe et les perturbations se succèdent sur la France, alternant avec de courtes accalmies et des périodes orageuses. Bien que peu ensoleillé (186 heures de soleil à Dijon) et pluvieux (192 mm à Biarritz, 255 mm à Ambérieu), mai est chaud (mais moins qu’avril) avec 1,5 degrés d’excédent. Le temps perturbé va se poursuivre… tout l’été ! Juin, juillet et août sont des mois fréquemment et abondamment arrosés. Perturbations et orages apportent des quantités de pluie souvent remarquables. La période de juin à août bat un record de faible ensoleillement sur 50 ans sur le bassin parisien. Près de la Méditerranée, le soleil brille mais mistral et tramontane s’invitent un peu trop souvent au goût des estivants, rafraîchissant la mer qui affiche parfois une petite quinzaine de degrés… moins qu’à Dunkerque ! Malgré cet aspect pourri, les températures ne battent pas de records de fraîcheur. Juin est même un peu plus chaud que la moyenne, alors que juillet et août présentent un léger déficit, de l’ordre de 0,5 à 1 degré. Cet été ressemble à celui de 1977, aussi pourri mais beaucoup plus frais.

Nouveau basculement fin août - début septembre : exit le courant d’ouest perturbé ! Les conditions anticycloniques reviennent en fanfare et s’installent… pour tout l’automne ! La sécheresse bat son plein sur l’ensemble de nos régions et les épisodes pluvieux, normalement fréquents en cette saison en Méditerranée, se font attendre… Le soleil brille souvent, durablement, comme pour se faire pardonner de cet été calamiteux. Les températures sont un peu au-dessous des moyennes, sans plus. Une première offensive hivernale s’impose mi-novembre avec une chute du thermomètre (jusqu’à –10 degrés dans le sud-ouest) et quelques flocons dans l’est. Il faut attendre la fin novembre pour revoir des perturbations et la douceur océanique qui l’emportent qu’au 10 décembre. Un énième blocage anticyclonique nous concerne alors, apportant une fois n’est pas coutume beaucoup de soleil (assez rare en hiver !), un froid modéré assez durable et un temps à nouveau très sec.

Une année donc peu ordinaire, exceptionnellement chaude durant son premier trimestre, un peu fraîche au cours de sa deuxième moitié, qui se situe en neuvième position parmi les années les plus chaudes depuis 1900. La période de douze mois - de juillet 2006 à juin 2007 - est la plus chaude jamais connue en France et en Europe depuis plusieurs siècles, au moins 300 à 400 ans selon le Met Office, institut météorologique britannique.

Frédéric Decker

Début d'hiver agité

Les saisons se succèdent un peu n’importe comment cette année en France et en Europe, avec un hiver printanier, un mois d’avril estival, suivis de quatre mois perturbés (de mai à août, les estivants s’en souviennent), eux-mêmes suivis au contraire de trois mois anticycloniques et très calmes cet automne.

07dec3 Ce début d’hiver météorologique (l'hiver météo débute le 1er décembre pour se terminer le 28 ou 29 février) semble être un nouveau tournant, avec le retour d’un courant océanique dynamique et perturbé. Ces derniers jours ont été bien agités (coup de vent dimanche sur les côtes de la Manche où les rafales ont atteint 115 à 130 km/h) avec des passages pluvieux intenses (41 mm ce même dimanche à Charleville-Mézières), de la neige en moyenne et haute altitude en montagne, des chutes de grésil et même des orages… Après le coup de froid de mi-novembre (-5 degrés à Vannes, -10 degrés à Mont-de-Marsan), l’hiver semblait pourtant s’installer… Il n’est pourtant pas si rare de voir une petite vague de froid déferler sur la France en novembre, suivie finalement d’un hiver peu hivernal. Ce fut le cas en 1988 (froid intense et durable en novembre, avec des conditions anticycloniques interminables) ; décembre fut ensuite exceptionnellement doux et la suite de l’hiver fut anticyclonique, mais douce ! Rebelote un an après, avec du froid en seconde quinzaine de novembre (qui a débordé cette fois-ci sur début décembre), mais l’hiver prit fin dès le 12 décembre cette année-là… On peut encore citer 1993 (novembre glacial suivi d’un hiver printanier) et 1999 (froid et neige en novembre, hiver doux mais neigeux en montagne).

Les prévisions pour les 10 à 15 jours à venir promettent un temps très perturbé, pluvieux, venteux et doux pour la saison. Bien sûr, tout peut arriver ensuite, mais tous les modèles numériques saisonniers sont désormais unanimes : la probabilité de connaître un hiver 2007-2008 doux est élevée !

Frédéric Decker

Tendances saisonnières : un hiver doux ?

Depuis plusieurs mois, les différents modèles saisonniers venant des quatre coins de la planète présentaient une tendance mitigée pour l’hiver à venir, hésitant entre le froid et le doux. Mais plus l’échéance s’approche et plus la tendance « douce » l’emporte…

Nous ne devrions pas connaître un hiver 2006-2007 bis. L’hiver dernier a en effet été d’une douceur tout à fait exceptionnelle en Europe, plus particulièrement sur l’ouest du continent, avec des excédents dépassant ponctuellement 4 à 5 degrés, ce qui est remarquable pour une moyenne trimestrielle ! Toutefois, les températures s’annoncent élevées au cours des prochains mois, plus particulièrement pour la fin de l’hiver et le printemps.

Décembre ne devrait pas présenter d’anomalie marquée en terme de températures. Les moyennes mensuelles s’annoncent proches des valeurs habituelles sur pratiquement toute l’Europe. Un excédent assez important est toutefois envisagé en Russie. En France, le thermomètre pourrait afficher un léger plus uniquement… Bien sûr comme il s’agit d’anomalies calculées sur l’ensemble du mois, épisodes doux et froids pourront alterner équitablement. Les précipitations s’annoncent relativement importantes sur le nord de l’Europe alors que la sécheresse persisterait autour de la Méditerranée.

Janvier pourrait être le mois le plus « hivernal » concernant le froid, avec des températures basses sur une grande partie de l’Europe, notamment de la Scandinavie à la Pologne, alors que les valeurs resteraient « dans les normes » ou légèrement au-dessus des îles britanniques à l’Espagne en passant par la France. Côté précipitations, un bon arrosage est envisagé sur une bande reliant la France à la mer Noire, un temps plus sec devrait concerner les pays au nord et au sud de cette zone, jusqu’aux rivages méditerranéens.

Février pourrait être un mois printanier avant l’heure. Un excédent thermique assez marqué devrait concerner une grande partie du vieux continent, surtout les régions situées de l’Angleterre et du nord de la France à la Scandinavie. Un déficit de températures sera possible des Balkans au Proche-Orient. Une importante anomalie « sèche » est attendue des pays méditerranéens à l’Europe Centrale jusqu’en France. De bonnes précipitations sont en revanche prévues des îles britanniques à la Scandinavie.

Mars s’annonce particulièrement doux sur l’Europe et la France avec des excédents vraiment importants, qui pourraient placer mars 2008 parmi les mois de mars les plus chauds que l’on ait connu… Le régime de précipitations de février pourrait se reproduire en ce premier mois de printemps, à savoir très sec en France et sur toute la moitié sud du continent.

Vous le savez, mais il est plus prudent de le répéter, ces tendances saisonnières sont loin d’être fiables, se basant sur les anomalies des mois précédents (climatologie) et les interactions entre les océans et l’atmosphère. Après d’assez mauvais résultats cet été, les tendances de l’automne ont toutefois été nettement meilleures.

Frédéric Decker

Météo et climat : question de références…

On parle très souvent, en météo et en climatologie, de « normales climatiques ». Mais comment sont –elles définies ?

Les « normales » climatiques sont en fait les moyennes des paramètres météo (températures, précipitations, ensoleillement, vent…) calculées sur une période de 30 ans, période choisie par l’OMM (Organisation Météorologique Mondiale), ni trop courte (pour lisser les excès pouvant se répéter plusieurs années de suite), ni trop longue (ce qui mettrait moins en évidence une évolution climatique).

Lebourgettrentenaire En France, nous nous sommes référés durant longtemps à la période 1951-80, car les données manquaient auparavant (beaucoup de stations météo ont vu le jour après la seconde guerre mondiale). Mais en consultant les moyennes trentenaires des stations anciennes (Paris, Châteauroux, Lyon, Besançon etc…), on se rend vite compte que la trentaine d’années 1951-80 a été la plus… froide du siècle passée ! Nous nous sommes donc basés pendant longtemps (trop longtemps ?) sur une période anormalement froide, avec des hivers souvent froids et des étés régulièrement pourris, même bien plus frais que notre été 2007…

Le réchauffement était à peine sensible sur la période 1961-90. Il commence à se faire beaucoup plus sentir sur la période 1971-2000, même si nous sommes en fait revenus au niveau de la trentaine d’années 1921-50 qui était toute aussi chaude. Mais ce sont surtout les mois d’hiver qui se sont réchauffés depuis trente ans, alors que les printemps ont un temps de retard. Ils sont même bien inférieurs aux printemps des années 1920 à 1960 (les printemps des années 40, exceptionnellement chauds, ont pesé lourd dans la balance) ! La prochaine période de référence, 1981-2010, va toutefois montrer une accélération brutale du réchauffement : les années 70, fraîches, vont sortir de la période de référence pour laisser place aux années 2000, toutes excédentaires thermiquement jusqu’ici.

Il est amusant de constater que l’on retrouve ces évolutions… dans les conversations de tous les jours. La sortie de l’hiver 2005-2006 en est une preuve étonnante. Cet hiver avait été modérément froid mais très long, avec finalement un déficit thermique modéré… Les personnes de plus de 60 ans n’avaient une fois encore pas eu l’impression de vivre un « vrai hiver » : pas de froid vif, peu de neige en plaine en dehors d’un ou deux épisodes ponctuels, donc finalement un hiver plutôt doux… Pour les trentenaires, cet hiver avait été plutôt normal, régulièrement froid, relativement neigeux par rapport aux derniers hivers… Et pour les plus jeunes (20 ans et moins), cet hiver avait été froid, voire très froid, et bien enneigé… bref, la météo est aussi ressentie de façon différente en fonction des générations !

Et si les projections climatiques se confirment, l’été 2003 sera ressenti comme un été tout à fait classique dans 40 ans… rassurant non ??

Frédéric Decker

juillet 2008

lun. mar. mer. jeu. ven. sam. dim.
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      

Catégories

Propulsé par TypePad