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3 questions à... Dominique A

3 questions à... Dominique A

Depuis sa révélation en 1992 avec son album "La fossette", Dominique A n'en finit pas de transformer la chanson française. A 44 ans, il ajoute une corde à son arc et signe de son "vrai" nom, Dominique Ané, "Y revenir", un récit écrit à la première personne et largement autobiographique où l'adulte qu'il est aujourd'hui se retourne sur l'enfant qu'il était.
Pourquoi et comment passe-t-on de l’écriture de chansons à celle d’un livre ?

Ça été laborieux, ça a pris des années ! Je l’ai fait parce que mon éditrice, Brigitte Giraud, qui est aussi écrivain, avait proposé de me publier, sans avoir rien lu de moi, mais parce qu’elle aimait mes chansons. Elle avait lu des chroniques, et puis un petit bouquin que j’avais écrit sur la musique dans une collection qui s’appelle « la machine à cailloux ». Elle était persuadée que je pouvais entamer un travail littéraire et m’a ouvert les portes de la collection (« La Forêt » aux éditions Stock). J’ai  un peu freiné des quatre fers pendant cinq ans et puis à un moment donné je me suis dit que ça s’apparenterait à de la lâcheté si je ne m’y collais pas. C’était la peur de l’échec tout simplement qui fait que je n’y allais pas… La littérature est aussi importante pour moi que la musique et a une place prépondérante dans mon rapport aux choses, à la vie… Je suis un gros lecteur, je lis tous azimuts et je dirais même que je conçois presque la vie comme l’occasion de lire un maximum de livres possibles. C’est  obsessionnel, compulsif !


« Y revenir » est signé Dominique Ané, et non Dominique A, pourquoi ?

C’était une évidence, une façon aussi de signifier qu’il n’y a pas le jeu de masque du chanteur. Sans rentrer dans une schizophrénie de bazar,  Dominique A c’est un personnage que j’ai créé et qui interprète les chansons de Dominique Ané. Il y a moins ce côté mise en scène qui existe dans mes chansons, et un peu dans le livre aussi bien sûr, puisque je raconte un peu ma vie, carrément même… Mais j’ai essayé d’être dans un rapport de justesse, d’honnêteté, de ressenti rapport aux choses qui s’étaient passées. Et puis « Y revenir » c’est aussi revenir à son patronyme.
La rue des Marais à Provins
« Y revenir » est fortement ancré dans le passé et en même temps toute votre écriture est au présent. Est-ce un signe de mélancolie, de nostalgie ?

C’est un choix, pour justement ne pas enfermer le texte dans une gangue passéiste. L’imparfait était très séduisant mais j’avais envie de faire sentir que le temps est en cours et le présent justifie complètement cela. C’est presque un exercice de style. L’imparfait dépose une belle poussière sur les choses et je n’avais pas envie de jouer là-dessus, je voulais écarter toute tentation nostalgisante. J’ai essayé de me prémunir d’un quelconque rapport à la nostalgie, de le tenir à bonne distance, mais bien sûr ce n’est pas facile parce qu’il y a de fait une part de nostalgie, mais elle devait ancrée dans le fait que l’axe du bouquin, c’était le retour, c’était le présent. S’il n’y avait pas eu de retour, il n’y aurait pas eu de bouquin, s’il n’y avait pas eu ce présent, ce regard de l’adulte que je suis devenu sur le ressenti d’hier, le livre n’aurait pas lieu d’être. D’ailleurs, par la suite, si je continue à écrire, je vais essayer de me tenir à cette écriture au présent, qui est finalement plus dure à mener mais plus passionnante.
Vous avez une écriture très poétique . Quel usage faites-vous de la langue française ? Est-ce que vous jouez plutôt avec les mots, avec les ambiances, avec la syntaxe ?

Quand j’écris des chansons c’est un peu débridé, toutes les images, toutes les métaphores sont les bienvenues, il y a une forme d’excès même de l’image. Par contre là, dans ce livre, j’avais presque l’impression d’écrire un procès-verbal ! C’est marrant d’ailleurs parce que les gens parlent beaucoup des vertus poétiques de cette écriture-là, alors que j’avais l’impression de remettre un texte très sec, sans poésie.  Finalement ce qui se dégage du texte, c’est sans doute cela, tant mieux ! J’ai essayé d’être le plus distancé,  le plus rigoureux, le plus sec, et le plus juste possible. Je ne voulais pas que les images soient saturées de métaphores. C’est marrant que les gens le ressentent comme quelque chose d’assez enveloppant et pas comme quelque chose de sec, comme je l’imaginais.


Envisagez-vous une suite, un autre travail littéraire comme celui qu’a été ce livre « Y revenir » ?

J’aimerais bien, j’adorerais, mais il faut trouver un sujet ! Je me suis épuisé là, j’ai épuisé mon sujet ! Je pense de toutes façons que je partirais toujours d’une base autobiographique mais avec une part fictionnelle plus forte. J’ai quelques idées, mais comme j’ai mis 43 ans à écrire ce livre, à le vivre et à l’écrire… C’était le début des réjouissances, ce qui m’attend après ça va être du costaud !
27.06.2012Propos recueillis par Cécile Quéniart« Y revenir », Dominique Ané
Paru en mai 2012 aux Éditions Stock dans la collection La Forêt.

Dominique A

Dominique Ané, connu sous son nom d’artiste Dominique A, est l’auteur de huit albums dont La fossette qui donna, en 1992, un son et un souffle nouveau à la chanson pop française dont il deviendra le chef de file. Dominique A sort au printemps 2012 son neuvième album, Vers les lueurs (Cinq7/Wagram Music), et fête les vingt ans d’un parcours aussi inventif que singulier. Y revenir est son premier récit, texte autobiographique très attendu.

A écouter

Nouvel album "Vers les lueurs"
Dominique A
Paru le 10 avril 2012 

remerciements

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