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Littérature

Du 20 au 28 juillet 2012, le festival Voix Vives de Méditerranée en Méditerranée accueillera entre autres le poète Guy Gofette. Dans le même temps, les éditions Gallimard publient son dernier recueil La Ruée vers Laure.

Guy Goffette, invité d’un festival de poésie méditerranéenne ? On le sait enfant des brumes de la Lorraine belge, épris de peinture hollandaise, se reconnaissant une filiation majeure avec Verlaine, auquel il a consacré une magnifique rêverie ( Verlaine d’ardoise et de pluie, éd. Gallimard), sans parler de L’Autre Verlaine (éd. Folio), où il a raconté le long parcours qui lui avait été nécessaire pour reconnaître cette filiation et trouver sa voie en poésie. Mais ses voyages ont fait de lui un citoyen du monde, et bon nombre de ses « dilectures », comme il les appelle, vont bel et bien à des poètes méditerranéens.

Il y a, en effet, un paysage mental de Guy Goffette, un ensemble de références, d’hommages rendus à des auteurs aimés (de Francis Jammes à Charles-Albert Cingria, d’Umberto Saba à W. H. Auden, de Pessoa à Dickinson) qui ont fini par créer entre lui et ses lecteurs de plus en plus nombreux une complicité amicale - quelque chose, peut-être, comme le « cercle des poètes retrouvés ». Quand parut en 1988 Éloge pour une cuisine de province (éd. Champ Vallon, repris en collection « Poésie-Gallimard »), bien des lecteurs furent touchés par une manière unique de rassembler la banalité du quotidien et les rêveries lointaines, de dire avec une splendeur verbale neuve la beauté de la vie ordinaire. Guy Goffette est devenu célèbre depuis avec Un été autour du cou (éd. Gallimard, 2001), roman dans lequel il a raconté l’initiation amoureuse manquée d’un enfant de 12 ans. Parallèlement, des recueils comme La Vie promise (1991), Le Pêcheur d’eau (1995, repris en « Poésie-Gallimard »), L’Adieu aux lisières (2007), tous parus chez Gallimard, ont confirmé la cohérence extrême de sa poésie, marquée par une attention scrupuleuse au destin des formes, de l’élégie au sonnet (mais sans rimes, comme chez Yves Bonnefoy).

Le bref texte en prose que Guy Goffette publie aujourd’hui contraste avec ce lyrisme mesuré et vigilant. Jubilatoirement érotique, il célèbre un « lieu » qui livre son mystère dans les dernières lignes, après un voyage verbal de quarante pages d’une exubérance toute rabelaisienne, aux jeux de mots réjouissants - à commencer par celui du titre. J’ai cherché en vain un extrait à citer sur cette page : impossible d’arrêter arbitrairement ce torrent verbal. Cette « divagation » (tel est le sous-titre) marque-t-elle un tournant ? Quelques pages ajoutées en postface donnent en tout cas à entendre que la quête passionnée du mystère féminin aura été pour Guy Goffette la clé secrète de l’écriture.

Jean-Yves Masson

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