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actualites : Journaux saisis, interdits: la presse vit des jours difficiles au Maroc

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Journaux saisis, interdits: la presse vit des jours difficiles au Maroc

RABAT (AFP) - 23.10.2009 13:48

Journalistes condamnés à des peines de prison, hebdomadaires saisis ou frappés de lourdes amendes, journaux étrangers interdits: la presse traverse des jours difficiles au Maroc, où les autorités et les tribunaux ont la main lourde.

voir_le_zoom : Taoufik Bouachrine (g) et Khaled Gueddar, respectivement directeur d'Akhbar Al Youm et caricaturiste, le 23 octobre au tribunal de Casablanca.Taoufik Bouachrine (g) et Khaled Gueddar, respectivement directeur d'Akhbar Al Youm et caricaturiste, le 23 octobre au tribunal de Casablanca.

Journalistes condamnés à des peines de prison, hebdomadaires saisis ou frappés de lourdes amendes, journaux étrangers interdits: la presse traverse des jours difficiles au Maroc, où les autorités et les tribunaux ont la main lourde.

AFP - Abdelhak Senna

Journalistes condamnés à des peines de prison, hebdomadaires saisis ou frappés de lourdes amendes, journaux étrangers interdits: la presse traverse des jours difficiles au Maroc, où les autorités et les tribunaux ont la main lourde.

Dernier exemple, le blocage de la distribution du quotidien français Le Monde, qui a publié dans son édition datée du 22 octobre une caricature de la famille royale.

Le Monde du 23 octobre a aussi été interdit pour des raisons similaires, le journal ayant reproduit une caricature publiée fin septembre par le quotidien marocain Akhbar Al Youm et jugée "irrespectueuse".

Ce dessin faisait allusion au récent mariage du prince Moulay Ismaïl, cousin du roi Mohammed VI, avec Anissa Lehmkuhl, une ressortissante allemande.

Taoufik Bouachrine et Khaled Gueddar, respectivement directeur d'Akhbar Al Youm et auteur de la caricature, sont poursuivis pour "non respect dû a un membre de la famille royale".

Et début octobre, le ministère de l'Intérieur a posé des scellés au siège du journal, interdisant l'accès aux journalistes.

Le Monde avait déjà été interdit de vente au Maroc début août pour avoir publié un sondage sur le bilan des premières années du règne de Mohammed VI. Les numéros des hebdomadaires TelQuel et Nichane, qui avaient publié le même sondage, avaient été saisis et détruits.

Le 16 juillet, c'était l'hebdomadaire français Courrier International qui était interdit, les autorités lui reprochant un article jugé diffamatoire à l'égard du roi.

Fin juillet, à l'occasion du 10ème anniversaire de l'accession au trône de Mohammed VI, Reporters sans frontières (RSF) avait tiré un bilan contrasté de la liberté de la presse au Maroc: "après de réelles avancées au début de son règne, les reculs et les crispations se sont multipliés, notamment à partir de 2002".

"C'est contraint et forcé que j'ai été obligé d'interdire l'entrée au Maroc" du journal Le Monde, a déclaré vendredi à l'AFP le ministre de la Communication Khalid Naciri. "Nous ne pouvons accepter ce qui est une atteinte directe à nos sentiments, une démarche présentant le Maroc comme un pays liberticide, a-t-il dit. Les propos du Monde nous ont profondément choqués".

Le 15 octobre, le directeur de l'hebdomadaire Al Michaâl, Idriss Chahtane, a fait l'expérience de cette "crispation" évoquée par RSF. Pour avoir publié des articles contestés sur la santé du roi, il a été condamné à un an de prison ferme et immédiatement incarcéré.

Le lendemain, la Cour suprême condamnait Le Journal Hebdomadaire à verser à un centre d'études basé à Bruxelles une indemnité équivalant à 250.000 euros.

Cette publication avait été condamnée en février 2006 à verser cette amende au Centre européen de la sécurité et de l'intelligence stratégique (ESISC) mais elle n'avait pas été versée, le journal ayant fait appel.

Le 3 décembre 2005, Le Journal Hebdomadaire avait publié un article mettant en cause l'objectivité d'une étude de l'ESISC et de son directeur Claude Moniquet.

"Nous sommes en train de vivre une fin de cycle sur la liberté de la presse, commencée il y a déjà quelques années", estime le journaliste et écrivain Driss Ksikès.

"Le pouvoir politique considère qu'il n'a plus besoin d'être libéral, ajoute-t-il dans un entretien à l'AFP. Son souci, ce sont les investisseurs étrangers: on fait de la 'com', on séduit et on pense que tout cela ne va pas perturber l'image globale" du pays.

"C'est une grossière erreur, souligne cet intellectuel respecté. Ca prouve qu'il y a une régression globale. Si nous continuons, nous risquons d'aller sur une pente qui nous mène au modèle tunisien".

© 2009 AFP

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