George Blake raconte une ville en proie à un espionnage intense, avant et après la chute du mur. Un entretien exclusif pour TV5MONDE.com
George Blake est une légende de la guerre froide. Membre de l'Intelligence service au lendemain de la Seconde guerre mondiale, il s'inscrit dans la lignée des grands agents doubles britanniques, après Donald Maclean, Kim Philby ou Guy Burgess.
Comme ses illustres prédécesseurs, c'est par conviction qu'il passe à l'ennemi : en 1952, il offre ses services aux Soviétiques pendant la guerre de Corée, choqué par les exactions commises au nom du camp de la "liberté".
Durant neuf ans, il deviendra l'une des taupes les plus prolifiques de la guerre froide, à Berlin d'abord durant cinq ans, au Moyen Orient ensuite, où il causera des dommages non négligeables à la politique du Royaume Uni dans cette région.
Arrêté, jugé, condamné à 42 ans de prison, alors même que la RDA érige son mur, il s'évade cinq ans plus tard. Depuis, il vit à Moscou, en Union soviétique d'abord, en Russie ensuite, citoyen toujours éminemment respecté dans ce pays.
J'ai eu la chance de connaître George Blake en 1991, alors que le monde ancien avait basculé. Des liens familiaux nous unissent et j'étais chargée par les miens de renouer le contact, après sa réapparition publique et l'édition de ses mémoires.
Depuis nous menons une conversation ininterrompue. Je ne me suis jamais sentie le droit de le juger - le monde d'alors, coupé en deux, reposait sur la terreur atomique et sur cet "équilibre", auquel peut-être les agents des deux camps ont contribué.
À l'occasion du vingtième anniversaire de la chute du mur - à l'édification duquel il a apporté, indirectement, sa pierre -, il revient sur ses années berlinoises, de 1955 à 1959.
Sylvie Braibant
sylvie.braibant@tv5monde.org