L'œil de la rédaction

climat_réchauffement_durban_novembre_2011
Conférence de Durban : tout savoir sur le changement climatique
La conférence de l'ONU sur la lutte contre le changement climatique s'ouvre lundi à Durban (Afrique du Sud) pour 12 jours. Objectif : tenter de redonner du souffle à des négociations à la peine et d'esquisser un avenir au protocole de Kyoto, après la déception de Copenhague en 2009.
Il y a deux ans, nous avions rencontré Dominique Bourg. Ce professeur de développement durable à l’université de Lausanne nous avait aidé à balayer les idées reçues dans le dossier complexe du climat.
Il y a deux ans, nous avions rencontré Dominique Bourg. Ce professeur de développement durable à l’université de Lausanne nous avait aidé à balayer les idées reçues dans le dossier complexe du climat.

30.11.2009Propos recueillis par Laure ConstantinescoDernier ouvrage paru :
Pour une 6ème République écologique
Editions Odile Jacob
Pour une 6ème République écologique
Editions Odile Jacob
Il n’y a pas de preuves solides du réchauffement climatique

FAUX
Il existe deux sources essentielles pour le prouver : les modèles climatiques, les premiers datent des années 70 et les trajectoires sont depuis toujours vérifiées, et l’étude du paléoclimat (notamment les carottages, prélèvements dans les sous-sol des glaciers). Depuis les années 50 les moyens de mesure sont très précis sur toute la planète.
Au siècle dernier, mais surtout pendant les trois dernières décennies où a eu lieu l’essentiel de l’augmentation, la température mondiale a augmenté de 0,74 degrés selon le GIEC (Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat).
Nos études remontent sur plus d’1 million 500 000 ans aujourd’hui, et on observe une corrélation stricte entre la variation générale du climat - notamment la température moyenne – et le degré de concentration atmosphérique du CO2 qui est resté dans un tunnel de variation entre 180 et 300 partie par million (ppm) avant l’entrée dans l’ère industrielle. Aujourd’hui ce taux de concentration de CO2 est égal à 387 ppm, et connait une hausse d’environ 2 ppm par an.
Nos modèles climatiques ont pour l’instant toujours été vérifié. La température a même augmenté plus vite que prévu depuis le début des années 2000 avec un début de débâcle glaciaire : la fonte des glaciers est plus rapide le long des côtes gröenlandaises et sur la péninsule ouest antarctique.
Les preuves de ce réchauffement sont déjà visibles aujourd’hui : la calotte glaciaire arctique estivale se réduit très vite, le niveau des eaux monte – plus 17 cm au siècle dernier - , la biodiversité a déjà été modifiée – par exemple les vendanges se font plus tôt, certaines espèces sont remontées du sud vers le nord, il y a des modifications dans la reproduction d’espèces végétales comme animales - les hivers sont plus doux, et les phénomènes climatiques comme les pluies, les sécheresses, la canicule, les tempêtes….sont plus intenses: il n’y a pas plus de cyclones qu’avant mais il y a plus de cyclones de catégories 4 et 5 depuis environ trente ans, et ils remontent vers les côtes espagnoles et brésiliennes ce qui est du jamais vu !
On n’est pas sûrs à 100% de la responsabilité humaine dans le réchauffement

FAUX
Nous avons deux preuves.La première est positive : la composition chimique de l’atmosphère se modifie sensiblement depuis les années 50 et de façon croissante, même si cela a commence avant.
Or en même temps que la concentration de CO2 a augmenté dans l’atmosphère, la concentration d’oxygène a chuté de façon parallèle. Ceci prouve qu’il y a une combustion, puisque produire de l’énergie thermique "brûle” l’oxygène. Et une combustion n’est pas un phénomène naturel, c’est donc forcément la main de l’homme qui est derrière cette augmentation de la concentration du CO2.
La seconde preuve est par défaut. Jusqu’à la fin des années 70 nous avons une courbe générale des températures qui suit la variabilité naturelle de l’activité solaire, et ça décroche à partir des années 70. Là nous n’avons pas d’autre explication que l’homme et ses activités industrielles.
Derrière les climato-sceptiques, il y a les lobbys pétroliers et charbonniers américains

VRAI
Au début des années 80, Shell et BP avaient créé une coalition dont beaucoup sont sortis très vite. Les charbonniers et pétroliers américains dépensent chaque année des millions de dollars pour parler aux Américains, ils ne s’en cachent pas du tout et d’ailleurs cela a été mis en évidence par une étude parlementaire américaine..Cela rappelle l’industrie du tabac il y a quelques dizaines d’années, quand elle essayait de destabiliser les résultats des enquêtes épidémiologiques.
Ces gens-là me font rire car ils ne sont absolument pas sérieux, mais en même temps je ris jaune car leur audience médiatique est une très mauvaise chose. Cela fragilise la mobilisation du public alors qu’on en a vraiment besoin ! C’est très dangereux.
Il y a bien sûr aussi des gens qui pour des raisons personnelles et psychologiques peuvent être climato-sceptiques.
La temperature mondiale baisserait ces derniers temps

FAUX
Il faut bien comprendre qu’un réchauffement général peut se traduire par un refroidissement local.On parle ici de température mondiale moyenne et pas de ce que je ressens le matin quand je sors de chez moi ! Le climat n’est pas la météo.
Pour vous donner un exemple, il y a 18 000 ans, dans le précédent âge glaciaire, on avait des glaciers jusqu’à Lyon et le sol était gelé en permanence jusqu’aux Pyrénnées, tout cela avec une température moyenne de seulement 5 degrés de moins que la température moyenne du 20ème siècle !
On dit souvent "il fait trop chaud/froid, il pleut trop/pas assez” et à chaque fois, on invoque le réchauffement climatique

VRAI ET FAUX
Il ne faut pas confondre climat et météo, cependant il y a déjà des conséquences classiques du réchauffement, présentes, engagées et qui peuvent donc se traduire localement de façon différenciée.Elles sont au nombre de quatre : l’élévation de la température moyenne vers le haut, l’élévation générale du niveau des mers (les calculs prévoient entre 1 et 2 mètres de plus à la fin de ce siècle), le changement du régime des pluies, des phénomènes climatiques plus violents.
Il faut sauver la planète

FAUX
Ce sont les hommes qu'il faut sauver, la planète nous survivra. Son âge se compte en plusieurs milliards d’années, et la vie n’y est apparue qu’il y a 4 milliards et demi d’années ! Mais nous les hommes allons entraîner dans notre ruine un grand nombre d’espèces.Il ne faut pas que la temperature mondiale augmente de plus de deux degrés celsius pour que nous survivions

VRAI ET FAUX
En fait, deux degrés en plus est notre limite acceptable. Avec deux degrés en plus, nous devrions nous en sortir et encore, pas tous. Ce sera moins douloureux pour les populations du Nord que pour celles du Sud.Mais si cela dépasse deux degrés d’augmentation, là le climat deviendra incontrôlable.
Par exemple, à partir de trois degrés en plus, la foret amazonienne disparaîtrait par assèchement, ce qui provoquerait en plus un gigantesque relarguage de gaz à effet de serre dans l’atmosphère…
Les plus gros pollueurs, États-Unis et Chine, sont aussi ceux qui veulent faire le moins d’efforts pour améliorer la situation

NI VRAI NI FAUX
En ce qui concerne les États-Unis, les objectifs chiffrés – moins 17% d’émission de gaz à effet de serre - sur lesquels s’est engagé Barack Obama il y a peu -, se basent sur des données calculées depuis 2005.Par rapport aux objectifs préconisés aujourd’hui par le GIEC, qui se fondent sur des données calculées depuis 1990, leur engagement de réduction est donc équivalent en fait à moins 3% à l’horizon 2020 !
C’est ridicule timide et absolument pas sérieux ! En plus est-ce qu’Obama à Copenhague ne va pas nous refaire le coup d’Al Gore à Kyoto ? Ce dernier avait signé le protocole de Kyoto mais le Sénat américain ne l’avait jamais ratifié. C’est ce qui pourrait très probablement se passer si Obama signe un quelconque accord à Copenhague…
Pour la Chine c’est très différent. Les Chinois se sont engagés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 40% par point de PIB supplémentaire à l’horizon 2020. C’est énorme, ils ne se fichent pas de nous !
Les Chinois ont bien compris le problème, car là-bas tous les dirigeants de l’appareil politique ont une solide formation scientifique, ce qui n’est pas le cas en Occident. Ils savent qu’ils vont dérouiller donc ils le font aussi pour eux-mêmes. Ils ont peur car leur environnement est déjà très dégradé suite à leur croissance économique éclair, ils manquent déjà d’eau au Nord et cela pourrait être accentué, la hausse du niveau des mers les menace directement…
De plus la Chine est très en avance sur les énergies renouvelables, notamment les éoliennes, même si elle continue de construire des centrales à charbon.
Les différentes sources d'énergie

Les énergies renouvelables
Une énergie renouvelable est une source d'énergie qui se renouvelle assez rapidement pour être considérée comme inépuisable dans le temps. Les énergies renouvelables sont fournies par le soleil, le vent, la chaleur de la terre, les chutes d’eau, les marées ou encore la croissance des végétaux
• L’énergie solaire photovoltaïque
• L’énergie éolienne
• L’énergie hydraulique
• L’énergie géothermique
• Les biocarburants
Les énergies fossiles
L'énergie fossile désigne l'énergie que l'on produit à partir de roches issues de la fossilisation des êtres vivants. Elles sont présentes en quantité limitée et non renouvelable, leur combustion entraîne des gaz à effet de serre.
• Pétrole
• Gaz naturel
• Houille (charbon)
L’énergie nucléaire
L'énergie nucléaire est produite par les noyaux des atomes qui subissent des transformations, ce sont les réactions nucléaires.
Sources : Observatoire des Énergies Renouvelables et le site http://www.techno-science.net
Une énergie renouvelable est une source d'énergie qui se renouvelle assez rapidement pour être considérée comme inépuisable dans le temps. Les énergies renouvelables sont fournies par le soleil, le vent, la chaleur de la terre, les chutes d’eau, les marées ou encore la croissance des végétaux
• L’énergie solaire photovoltaïque
• L’énergie éolienne
• L’énergie hydraulique
• L’énergie géothermique
• Les biocarburants
Les énergies fossiles
L'énergie fossile désigne l'énergie que l'on produit à partir de roches issues de la fossilisation des êtres vivants. Elles sont présentes en quantité limitée et non renouvelable, leur combustion entraîne des gaz à effet de serre.
• Pétrole
• Gaz naturel
• Houille (charbon)
L’énergie nucléaire
L'énergie nucléaire est produite par les noyaux des atomes qui subissent des transformations, ce sont les réactions nucléaires.
Sources : Observatoire des Énergies Renouvelables et le site http://www.techno-science.net
Quels sont les gaz à effet de serre ?

Ces différents gaz n’ont pas tous le même impact en matière d’effet de serre, ni la même durée de vie dans l’atmosphère. Le CO2 est probablement celui qui demeure le plus longtemps dans dans l’atmosphère avant de disparaître (100 ans).
Les gaz naturels
- Gaz carbonique (CO2)
- Méthane (CH4)
- Protoxyde d’azote (N20)
Les gaz artificiels
- Perfluorocarbures (CnF2n+2)
- Hydrofluorocarbures (CnHmFp)
- Hexafluorure de soufre (SF6)
Source : Les États et le carbone de Patrick Criqui, Benoît Faraco, Alain Grandjean, paru aux éditions PUF en 2009
Les gaz naturels
- Gaz carbonique (CO2)
- Méthane (CH4)
- Protoxyde d’azote (N20)
Les gaz artificiels
- Perfluorocarbures (CnF2n+2)
- Hydrofluorocarbures (CnHmFp)
- Hexafluorure de soufre (SF6)
Source : Les États et le carbone de Patrick Criqui, Benoît Faraco, Alain Grandjean, paru aux éditions PUF en 2009
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