TV5MONDE
Accueil / Information / L'œil de la rédaction / Le blog planétaire - le climat dans tous ses États
Imprimer
envoyer à un ami

Le blog planétaire - le climat dans tous ses États

L'œil de la rédaction

climat_copenhague_decembre_2009

Le blog planétaire - le climat dans tous ses États

Retrouvez ici les contributions de nos blogueurs, depuis tous les continents

De Russie, de Chine, d'Afrique du Sud, d'Algérie, ou du Brésil, etc., des blogueurs des quatre coins du monde commentent les travaux du sommet de Copenhague.

En Allemagne, champignons chauffant, pirates, et TGV à vapeur

par Régis Présent-Griot, 19/12/2009, 10h30 GMT, de Berlin (Allemagne)


Copenhague et ses enjeux : on ne peut y échapper quand on vit à Berlin. Les Unes des journaux le rappellent au quotidien, le moment est grave !

Des "pirates" militants écologistes allemands se sont d'ailleurs rendus sur place en bateau à voiles ! La presse débusque les "champignons chauffant", ces chauffages au gaz pour terrasses de cafés et dénoncent les municipalités qui ne les ont pas encore interdits.

Il est vrai qu'Angela Merkel que l'on surnomme "la chancelière climat", tant elle semble préoccupée par la question, est une ancienne ministre de l'environnement.

Les Allemands sont des gens sérieux... c'est un cliché certes, mais on le sait les clichés disent aussi quelque chose de la réalité. Au moins en matière d'écologie les Allemands sont donc des gens sérieux.
Moulin à vent solaire

Champions de la conscience écologique

Ici, on trie intensivement ses déchets, les emballages sont même conçus par les industriels pour faciliter ce tri. Les centres villes des principales agglomérations ne sont accessibles qu'aux véhicules montrant patte blanche (ou plutôt pastille verte garantissant la moindre nocivité écologique du véhicule). Dans un pays qui n'est pas réputé pour son ensoleillement, le photo voltaïque est chaque jour plus présent dans les nouveau immeubles, les rénovations ou dans de grands "parcs solaires". Les Allemands ont même projeté récemment de couvrir le Sahara de panneaux solaires par le biais d'un projet gigantesque appelé "Desertec".

Les éoliennes sont omniprésentes aussi dans la campagne allemande avec un fort soutien sonnant et trébuchant du gouvernement, sans susciter le même émoi sur la détérioration du paysage qui a pu apparaître en France. Cette marche forcée vers les énergies renouvelables aboutit à un résultat remarquable : près de 15% de l'électricité allemande sont maintenant issus de ces énergies renouvelables. Ceux qui on connu l'Allemagne de l'Est d'avant la tombée du mur se souviennent du charme de l'odeur du charbon en hiver.

Ce n'est donc pas le moindre des paradoxes qu'aujourd'hui les ex-Länder de l'Est sont, à force de subventions, devenus leader dans le business de l'énergie verte.
L'ICE, le tgv à vapeur

Consensus anti-nucléaire

Un autre paradoxe est frappant : malgré une conscience écologique nationale très forte, l'Allemagne reste une grosse productrice de Co2. Un Français génère par exemple en moyenne 40% de Co2 en moins que son voisin germanique. Ce résultat surprenant a une cause toute simple : pour produire de l'électricité ici, le plus souvent on brûle du pétrole ou du charbon. Depuis la "sortie programmée du nucléaire" (sur plusieurs années) initiée par la précédente coalition (rouge-verte de 1998 à 2005) le nucléaire a été durablement ringardisé. Il y a un véritable consensus pour ne pas le développer et même pour y renoncer.

Durant la dernière campagne électorale pratiquement personne ne s'est risqué sur ce terrain là. Surprenant de constater cette situation de consensus inversé des deux côté du Rhin. En France, sans enthousiasme, le nucléaire est accepté par la majorité de la population comme la plus raisonnable des solutions compte tenu des enjeux des gaz à effet de serre, de l'impératif d'indépendance nationale etc... Alors qu'en Allemagne c'est la raison aussi qui conduit la majorité des citoyens à rejeter une source d'énergie jugée rétrograde et dangereuse. 

En attendant donc on brûle du pétrole ou du charbon en générant donc beaucoup de Co2 avec un process qui n'a rien de novateur. Ainsi les modernes trains à grande vitesse I.C.E.(pronnoncer "i - tsé - é"), pendant local des TGV, roulent avec une électricité produite avec du charbon. Le charbon est en plus un enjeu social puisqu'il est produit dans la Ruhr et qu'y renoncer entraînerait de nombreuses pertes d'emplois.
Le voilier des pirates se rapprochant de Copenhague
Cette nation qui a une confiance certaine dans le progrès technologique échafaude donc des scénarios plein d'espoirs fondés sur le captage ou le stockage du Co2, le développement de moteurs toujours plus spartiates, ou sur une consommation d'énergie rationalisée et maîtrisée. L'objectif à long terme étant bien sûr que les énergies renouvelables - grâce là encore à un saut technologique lié au volontarisme débridé - prennent le relais des énergies fossiles. Pour l'heure la "débâcle" annoncée de Copenhague que craignent les média allemands va conduire la République fédérale à accueillir un sommet à Bonn l'ex-capitale dans six mois.
De la bonne volonté encore et toujours!

Régis Présent-Griot est rédacteur en chef de la Gazette de Berlin

Au Brésil, abondance de pétrole nuit gravement à la santé

par Claúdio Rabin, 9/12/2009 - 8 h 30 GMT, de Porto Alegre (Brésil)

Jusqu'à récemment, le Brésil était un pays limité en termes de ressources pétrolières. Avec la découverte de pétrole à six mille mètres de profondeur sur la côte de la région Sud-Est brésilienne, dites réserves du Pré-Sal, le pays peut presque doubler ses stocks d'or noir. Pour expliquer l'apport majeur de cette découverte, le président de l'entreprise d'Etat Petrobras, Sérgio Gabrielli, était à Porto Alegre, le 4 décembre 2009, à la veille de l'ouverture du Sommet de Copenhague.

Pour comprendre la question, il faut avoir en tête une donnée précise : le Brésil possède, actuellement, des réserves de estimées à 14 milliards de barils de pétrole. Si le Pré-Sal se confirme économiquement viable, les réserves s'élèveront à 27 milliards de barils, ce qui, pour les politiciens brésiliens les plus nationalistes, aurait un impact sur la géopolitique mondiale.
Sérgio Gabrielli, le président de Petrobras
L'abondance de pétrole peut apporter des richesses de l'ordre du trillion de dollars, mais les coûts environnementaux pour le futur sont encore incalculables. Pour certains, en 2017 le coût de l'extraction de pétrole deviendra trop cher. Les projections de Petrobras sont opposées : l'entreprise croit que dans cette même année, seront extraits un million de barils par jour de la couche Pré-Sal, .

En ce qui concerne à la problématique environnementale, la plus grande entreprise d'Amérique Latine possède une division de recherche sur les biocombustibles, qui, entre autres projets, produit l'éthanol à partir de la bagasse de cane-à-sucre, et le biodiesel à partir de graines de mamona. Questionné sur la possibilité que les accords de Copenhague restreignent les émissions de CO2 et rendent impossible l'exploitation des réserves du Pré-Sal, Gabrielli s'est montré sceptique : "Copenhague ne créera pas des problèmes. Je crois que les limitations ne seront pas obligatoires au moins jusqu'à 2015".
le chercheur Sérgio Abranches

L’Amazonie doit être un pôle scientifique et technologique du XXIème siècle.

Un des plus grands spécialistes des questions de l'environnement au Brésil, Sérgio Abranches croit que Copenhague a déjà changé le monde, même si on n’arrive pas à une solution à la fin du sommet. Le professeur et cofondeur de l'agence de notices "O Eco " exprime aussi sa préoccupation pour l'Amazonie. Avant de partir vers Copenhague, où il fait la couverture de la Conférence pour une station de radio brésilienne, Sérgio a pu exprimer ses attentes en répondant à quelques questions posée par le Correio Internacional.

Correio : La Conférence de Copenhague restera-t-elle dans l’Histoire de la même manière que les rencontres de Rio 92 et de Kyoto 97 ?
Sérgio : Absolument, la Conférence de Copenhague a déjà eu des effets très importants avant même de commencer, parce que pour la première fois en 10 ans, les plus grands émetteurs du monde ont d’une façon ou d’une autre pris des engagements pour réduire les émissions de gaz - les États-Unis, la Chine, l’Inde et le Brésil. Mais les chiffres ne sont pas encore suffisants, puisque il y a une différence de rythme entre la politique et la science. La science a avancé plus rapidement que la politique. Pour la première foi, la tendance des gouvernements c’est de dire « oui » à l’accord,  et même si les décisions restent insuffisantes, il y aura déjà un changement symbolique.

Correio : Jusqu’à quel point les États-Unis et la Chine peuvent céder quant à la réduction de la pollution, le changement des technologies ou même la diminution de l’activité productive ?
Sérgio : Je pense qu’ils vont céder. Ils sont déjà en train de le faire. La Chine investit puissamment. Par contre, aux États-Unis, pays démocratique, il y a un déséquilibre de forces entre les lobbyistes contre et pour les changements.

Correio : Quel sera le principal point en débat à la Conférence de Copenhague ?
Sérgio : Copenhague pourrait être un succès si on arrive à surpasser l’impasse politique. Il faut juste que la Conférence marque le moment où les grandes puissances passent du « non » aux accords climatiques au « oui ».

Correio : À Copenhague mettra-t-on l'accent sur l’Amazonie ?
Sérgio : L’Amazonie sera discutée à Copenhague grâce au RED, Réductions des émissions dues à la déforestation. L’inclusion des forêts natives dans l’accord peut être un facteur important pour créer un flux de financement qui permette d'investir pour changer le modèle de développement de la région. L’Amazonie doit être un pôle scientifique et technologique du XXIème siècle. Il faut aussi substituer les règles de la Zone Franche de Manaus, qui aujourd’hui financent la production de motocyclettes, lames de rasage, et autres quincailleries, pour qu’on passe à des activités liées à la forêt et qui la conservent. L’Amazonie dispose d'un potentiel énorme et il serait absurde que le Brésil n'en profite pas...

Claúdio Rabin est l'un des animateurs du site www.correiointernacional.com

Le climat : un changement dévastateur et silencieux pour le Chili

par Mauricio Tolosa, 8/12/2009 - 17 h GMT, de Santiago

L’attention des médias chiliens est centrée sur les élections présidentielles du prochain dimanche. Et depuis hier, sur l’annonce de la fin de l’enquête de la Justice qui a déterminé que l’ex-président Frei, père de l’actuel candidat de la coalition au gouvernement, a été assassiné par les services secrets de Pinochet. Le sommet des Nation-Unies n’attire que de trop brefs commentaires sur les chaînes de télévision ou la presse.
 
Cause ou effet ? Une enquête nationale pose les « problèmes de l’environnement » très en arrière des préoccupations principales des électeurs chiliens, avec 6% de mentions face  aux 54% pour la sécurité ou les 35% pour l’éducation.
Et pourtant l’impact du changement climatique sera dévastateur pour le pays. Une étude faite par CEPAL et les deux plus prestigieuses universités nationales, prédit que dans la zone centrale du Chili, où habite plus de 70%  de la population, la température augmentera dans les prochaines décennies entre 2° et 4° degrés  et les précipitions pluviales diminueront de 30%. Ceci doit produire une diminution de la disponibilité d’eau pour la consommation humaine et pour l’agriculture, avec des sévères conséquences économiques, sociales et culturelles. L’impact sur la croissance économique serait de l’ordre de 1% du PIB annuel.
"S'il n'y a pas d'eau, il n'y a pas de ville", proclament ces manifestants
Autre paradoxe de l« environnement » en Amérique Latine. Le  gouvernement chilien signe des traités internationaux et la présidente Bachelet se déclare mondialement partisane de la protection de l’environnement. Mais dans le pays-même, la semaine dernière une commission d’investigation de la Chambre des députés concluait que la législation de l’environnement était systématiquement violentée par les institutions de l’Etat en faveur d’AES, la grande transnationale de l’Energie et que les projets qu’elle  développe mettent en risque la disponibilité d’eau potable pour 6 millions de personnes. Cette information n’est apparue dans aucun média national, ni radio, ni télévision, ni presse.

Ce sont les paradoxes du sous développement institutionnel, citoyen et médiatique de l’Amérique Latine. La croissance économique va bien plus vite que le développement de la démocratie.

Mauricio Tolosa est journaliste et écrivain au Chili

"Des records météorologiques", vus par Robert Benchley, en 1925

Robert Benchley photographié par Vanity Fair
"Je ne sais si cet an de grâce figurera dans les livres d'histoire, mais il s'est en tout cas singularisé par des records météorologiques. Il est devenu impossible de marcher dans les bureaux de la météo, tellement ils regorgent de records battus aussi bien en canicules qu'en périodes de gel. Pour boucher les trous, on a même battu des records de température moyenne." (.../...)

Robert Benchley fut l'un des plus grands et percutants pamphlétaires américains de l'entre-deux-guerres. Il écrivait pour le New Yorker et Vanity Fair des chroniques désopilantes sur les travers de ses concitoyens, et l'obsession de la météo ne lui avait pas échappé...

Retrouvez nos blogueurs...

Accueil / Information / L'œil de la rédaction / Le blog planétaire - le climat dans tous ses États
Imprimer
envoyer à un ami

(re)voir TV5MONDE

tv5mondeplus

WEBTV

tv5mondeplusafrique tivi5mondeplus

VOD

cinema.tv5monde documentaire.tv5monde

Rechercher