Mana Neyestani : du crayon à la prison iranienne
20.06.2012 TV5MONDE : Est-ce que vous continuez à collaborer à des médias iraniens depuis Paris ?
Mana Neyestani : Toujours pour des sites internet iraniens réformistes et de l’opposition mais basés dans d’autres pays comme l'Angleterre, la France et la Hollande. Maintenant, je travaille grâce à Internet et les réseaux sociaux, Twitter, You Tube. J’ai trois comptes différents sur Facebook avec chacun près de 5000 amis. La plupart d’entre eux vit en Iran. Donc, ce sont de bonnes connections avec ce qui se passe là-bas. Je peux chatter avec eux.
Je me souviens quand j’étais en Malaisie et que c’était la période des élections et des manifestations en Iran, beaucoup de mes contacts Facebook prenaient part à ces manifestations le matin. Après, ils revenaient chez eux, sur leurs ordinateurs et faisaient des comptes-rendus. Ils m’aidaient dans mon travail.
Cela change la signification d’être exilé. Je me souviens de la première génération d’iranien en exil après la Révolution. Ils étaient vraiment isolés de la société iranienne, oubliés, séparés de leur pays. Mais maintenant c’est différent. Je ne me sens pas si loin virtuellement de mon pays.
Quels sont vos espoirs pour l'Iran ?
Les manifestations de 2009 étaient un bon signe, une bonne représentation du désir de changement en Iran. Malheureusement, j’aurais espéré que cela se termine par une manifestation populaire contre le gouvernement. Je pense que le peuple iranien doit s’unifier dans l’opposition. Mais cela prend du temps.
Mana Neyestani : Toujours pour des sites internet iraniens réformistes et de l’opposition mais basés dans d’autres pays comme l'Angleterre, la France et la Hollande. Maintenant, je travaille grâce à Internet et les réseaux sociaux, Twitter, You Tube. J’ai trois comptes différents sur Facebook avec chacun près de 5000 amis. La plupart d’entre eux vit en Iran. Donc, ce sont de bonnes connections avec ce qui se passe là-bas. Je peux chatter avec eux.
Je me souviens quand j’étais en Malaisie et que c’était la période des élections et des manifestations en Iran, beaucoup de mes contacts Facebook prenaient part à ces manifestations le matin. Après, ils revenaient chez eux, sur leurs ordinateurs et faisaient des comptes-rendus. Ils m’aidaient dans mon travail.
Cela change la signification d’être exilé. Je me souviens de la première génération d’iranien en exil après la Révolution. Ils étaient vraiment isolés de la société iranienne, oubliés, séparés de leur pays. Mais maintenant c’est différent. Je ne me sens pas si loin virtuellement de mon pays.
Quels sont vos espoirs pour l'Iran ?
Les manifestations de 2009 étaient un bon signe, une bonne représentation du désir de changement en Iran. Malheureusement, j’aurais espéré que cela se termine par une manifestation populaire contre le gouvernement. Je pense que le peuple iranien doit s’unifier dans l’opposition. Mais cela prend du temps.
Mana Neyestani
Né à Téhéran en 1973, Mana Neyestani suit pendant deux ans une formation d’architecte. Mais il choisit finalement ses premières amours en poursuivant une carrière de dessinateur de presse et d’illustrateur dès 1990. Mana Neyestani collabore à différents magazines réformistes iraniens culturels, économiques et politiques.
Il trouve son inspiration dans les dessins de Jean-Jacques Sempé, Claude Serre ou Roland Topor.
En 2000, il publie son premier livre d’illustrations, Kaaboos (Cauchemar), Ghost House (2001) et M. Ka’s Love Puzzle (2004). En 2006, après avoir choisi de travailler pour des rubriques enfants de magazines, il se retrouve dans les geôles iraniennes. Son tord ? Avoir publié le dessin d’un cafard. Une illustration qui avait alors envenimé les rapports entre l’Etat iranien et la population Azérie du nord du pays.
De 2007 à 2010, il vit en exil en Malaisie d’où il continue de travailler pour des journaux et magazines dissidents iraniens.
Depuis deux ans, il est invité en résidence par la Cité Internationale des arts de Paris dans le cadre du programme international ICORN qui soutient les artistes en danger dans le monde.
Aujourd’hui, il attend d’obtenir le statut de réfugié politique.
Il trouve son inspiration dans les dessins de Jean-Jacques Sempé, Claude Serre ou Roland Topor.
En 2000, il publie son premier livre d’illustrations, Kaaboos (Cauchemar), Ghost House (2001) et M. Ka’s Love Puzzle (2004). En 2006, après avoir choisi de travailler pour des rubriques enfants de magazines, il se retrouve dans les geôles iraniennes. Son tord ? Avoir publié le dessin d’un cafard. Une illustration qui avait alors envenimé les rapports entre l’Etat iranien et la population Azérie du nord du pays.
De 2007 à 2010, il vit en exil en Malaisie d’où il continue de travailler pour des journaux et magazines dissidents iraniens.
Depuis deux ans, il est invité en résidence par la Cité Internationale des arts de Paris dans le cadre du programme international ICORN qui soutient les artistes en danger dans le monde.
Aujourd’hui, il attend d’obtenir le statut de réfugié politique.







Vos réactions