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Coup d'Etat militaire au Mali

L'œil de la rédaction

Mali

Coup d'Etat militaire au Mali
De la chute d'Amadou Toumani Touré à la nomination du président de la transition, Dioncounda Traoré, en passant par la situation dans le nord du pays : revivez ici les événements qui ont secoué le Mali.
Dossier suivi par Pascal Priestley, Pascal Hérard, Léa Baron, Camille Sarret, Florencia Valdes

Notre dossier

MALI

Chef de l'Etat : Ibrahim Boubacar Keïta
Capitale : Bamako
Superficie : 1 240 192 km2²
Population : 12 666 987 habitants
Gentilé : Malien, Malienne
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A Bamako le 22 mars 2012 (AFP)

21 mars : les premiers coups de feu à Bamako

Zoom:21 mars : les premiers coups de feu à Bamako
22.03.2012AFP 01 h 10 (T.U.)BAMAKO, 21 mars 2012 (AFP) - Une tentative de coup d'Etat militaire semblait être en cours dans la nuit de mercredi à jeudi au Mali, menée par des soldats qui, excédés par le manque de moyens pour combattre la rébellion touareg et les groupes armés islamistes dans le nord du pays, ont attaqué la présidence.
La radio-télévision nationale occupée par des soldats mutins a annoncé mercredi vers 23H00 (locales et GMT) à Bamako une déclaration de militaires "dans un instant", mais près de trois heures plus tard, elle n'avait toujours pas été prononcée et la télévision passait de la musique malienne.
L'Office de la radio-télévision du Mali (ORTM), qui avait interrompu ses émissions depuis son occupation dans l'après-midi par les mutins, les a reprises pour passer cette annonce alors que des coups de feu de plus en plus intenses entre soldats de la garde présidentielle et mutins étaient entendus autour du palais présidentiel.
Ces échanges de tirs ont diminué plus tard dans la nuit, selon des témoins.
"On a pris le palais", a affirmé un des mutins lors d'un bref échange téléphonique avec l'AFP, sans que cette information n'ait été confirmée du côté de la garde.
Des membres de la garde présidentielle, les "Bérets rouges", qui avaient pris position autour de l'ORTM occupée ont été ramenés au palais pour le défendre.
Avant l'intensification des tirs, un membre de la garde avait affirmé qu'elle contrôlait la présidence et un conseiller présidentiel avait indiqué que le chef de l'Etat Amadou Toumani Touré, lui-même un ancien militaire, s'y trouvait toujours.
Des dizaines de militaires excédés par le manque de moyens pour combattre la rébellion touareg et les groupes armés islamistes dans le nord du pays se sont mutinés dans un camp à Kati, ville garnison près de Bamako.
Puis la mutinerie s'est étendue à la capitale elle-même dont les soldats ont parcouru les rues en tirant en l'air, semant la panique.
"Nous en avons marre de la situation dans le nord" du pays, en proie à une rébellion touareg et aux activités de groupes islamistes radicaux, a affirmé l'un d'eux.
Les soldats, qui ont investi l'ORTM, sont des jeunes. Ils ont tiré en l'air dans le siège de l'ORTM et ont fait sortir le personnel.
"Nous voulons des munitions"
"Nous voulons des munitions pour aller combattre les rebelles touareg", a déclaré un caporal du camp de Kati, d'où est partie la mutinerie.

Le Mali depuis l'arrivée au pouvoir d'Amadou Toumani Touré

AFPDates-clés du Mali depuis l'arrivée au pouvoir du président Amadou Toumani Touré en 2002:

8 juin 2002: Amadou Toumani Touré, "ATT", élu en mai, succède à Alpha Oumar Konaré. Président pendant la transition de 1991-1992, après le renversement du régime de Moussa Traoré, il avait rendu le pouvoir aux civils.
- 11 juil 2003: Alpha Oumar Konaré est élu à la tête de l'Union africaine (UA) comme président de la Commission, l'exécutif de l'UA.
- 24-25 oct: Visite officielle de Jacques Chirac, la première d'un président français depuis 1986.
- 23 mai 2006: Plusieurs centaines d'ex-rebelles touareg attaquent et prennent le contrôle de camps militaires à Kidal et Ménaka (nord) avant de se replier avec armes et munitions.
- 4 juil: Accord de paix à Alger gouvernement/ex-rebelles touareg prévoyant le développement des régions déshéritées du Nord.
- 29 avr 2007: Amadou Toumani Touré réélu au 1er tour de la présidentielle (71,20%).
- 11 mai: Des hommes armés conduits par un ex-rebelle touareg, Ibrahima Ag Bahanga, prennent d'assaut un poste de sécurité dans la région de Kidal: dix morts.
- 1er et 22 juil: La mouvance présidentielle, au sein de l'Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP), obtient 113 sièges sur les 147 de l'Assemblée nationale.
- 26-27 août: Des hommes se réclamant d'Ag Bahanga enlèvent une cinquantaine de militaires et civils dans le Nord. Les derniers libérés en 2008.
- 21 mai 2008: Une attaque rebelle visant un poste militaire à 150 km de Kidal fait 32 morts, dont 15 militaires.
- 21 juil: Accord à Alger entre gouvernement et principaux mouvements rebelles touareg sur l'arrêt des hostilités pour relancer le processus de paix initié par l'accord de 2006 et mis à mal par de récents enlèvements et attaques dans le Nord-Est.
- 17 juin 2009: L'armée attaque pour la première fois une base d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) sur son sol, après l'assassinat d'un otage britannique, revendiqué par Aqmi. La branche maghrébine d'Al-Qaïda a des bases dans le nord du territoire malien d'où elle organise dans la zone désertique de la bande sahélo-saharienne des attentats et des enlèvements - essentiellement d'Occidentaux - ainsi que divers trafics.
- 22 juil 2010: Raid franco-mauritanien contre une base d'islamistes armés dans le désert malien. Depuis, la Mauritanie mène régulièrement des opérations militaires contre Aqmi en territoire malien, qualifiées de "préventives".
- 25 nov 2011: Des hommes armés tuent un touriste étranger et en enlèvent trois à Tombouctou (nord) au lendemain du rapt de deux Français dans une autre localité malienne. Au total, treize Occidentaux, dont six Français, sont retenus dans le Sahel par Aqmi et un groupe présenté comme dissident.
- 17 jan 2012: La rébellion touareg du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA) et d'autres rebelles, dont des hommes armés qui avaient combattu pour le régime de Mouammar Kadhafi en Libye, lancent une vaste offensive dans le Nord, la plus importante depuis 2009. Plusieurs villes sont attaquées.
- 20 mars: Le mouvement islamiste armé touareg Ançar Dine affirme contrôler Tinzawaten, Tessalit, Aguelhok (nord-est).
- 21 mars: Des militaires en colère tirent des coups de feu à Bamako et investissent l'Office de la radio-télévision malienne (ORTM).
- 22 mars: Au nom d'un "Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l'Etat (CNRDRE)", des militaires - essentiellement des hommes du rang - annoncent avoir renversé le régime de Touré, face "à l'incapacité" du gouvernement "à gérer la crise" au Nord, et avoir dissous "toutes les institutions", et suspendu la Constitution.

Mali: les coups d'Etat depuis l'indépendance

AFPRappel des précédents coups d'Etat au Mali, où des militaires ont annoncé jeudi avoir renversé le régime d'Amadou Toumani Touré, l'accusant d'incompétence dans la lutte contre la rébellion touareg et les groupes islamistes dans le Nord. Le Mali, théâtre dans les années 1990 d'une rébellion touareg puis d'une résurgence de cette rébellion de 2006 à 2009, est confronté depuis mi-janvier à des attaques du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA) et d'autres rebelles touareg, dont des hommes lourdement armés qui avaient combattu pour le régime de Mouammar Kadhafi en Libye. La branche maghrébine d'Al-Qaïda, Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a des bases dans le nord du territoire.
- 19 nov 1968: Un coup d'Etat militaire dirigé par Moussa Traoré renverse Modibo Keïta, au pouvoir depuis l'indépendance en 1960 et met en place un Comité militaire de libération nationale (CMLN). Traoré cumule les fonctions de président du CMLN, de chef de l'Etat et du gouvernement. Modibo Keïta meurt en détention en 1977.
- 26 mars 1991: Le général Moussa Traoré est renversé lors d'un coup d'Etat militaire après plus de 22 ans de pouvoir sans partage, à l'issue de plusieurs jours d'un soulèvement populaire durement réprimé (plus d'une centaine de morts, un millier de blessés). Un Comité de transition pour le salut du peuple (CTSP), présidé par Amadou Toumani Touré, surnommé "ATT", est chargé de diriger le pays.
Après une Conférence nationale qui adopte un projet de Constitution instaurant le multipartisme et un système présidentiel, "ATT" remet le pouvoir à un régime civil et en 1992, Alpha Oumar Konaré est le premier président démocratiquement élu. Moussa Traoré et son épouse Mariam, condamnés à mort en 1993 pour "crimes de sang" puis en 1999 pour "crimes économiques", sont graciés en 2002.
- 12 mai 2002: Amadou Toumani Touré, ayant pris sa retraite de l'armée, retrouve le pouvoir en remportant le second tour de l'élection présidentielle. Alpha Oumar Konaré, réélu en 1997, ne s'était pas représenté, respectant en cela les termes de la Constitution limitant à deux le nombre de mandats à la magistrature suprême.
- 22 mars 2012: Des militaires annoncent avoir renversé le régime du président Amadou Toumani Touré après plusieurs heures d'échanges de tirs avec la garde présidentielle, en l'accusant d'incompétence dans la lutte contre la rébellion touareg et les groupes islamistes dans le nord du pays.

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