1993 - le Président Etienne Gnassingbé « Eyadéma » annonce la fin de la transition démocratique, provoquant une série de manifestations. Le 25 janvier, alors que les ministres de la Coopération français et allemand sont en visite à Lomé, l’armée ouvre le feu sur des manifestants pacifiques de l’opposition, tuant des dizaines de personnes.
1996 – Le 27 mars, un diplomate allemand, Thomas Rupprecht, est abattu sur la voie publique par les forces de sécurité togolaises.
1998 – Le 21 juin, l’élection présidentielle est marquée par des fraudes massives. Alors que le décompte des voix indique la victoire du leader de l’UFC Gilchrist Olympio, principal adversaire au Président sortant, les autorités suspendent le processus électoral. L’armée confisque les urnes, le ministre de l’Intérieur proclame Etienne Gnassingbé « Eyadéma » vainqueur avec 52% des voix. La mission d’observation de l’UE condamne la conduite du processus électoral et est contrainte de quitter le pays sous la menace des autorités togolaises. L’UE confirma la suspension de sa coopération. Selon Amnesty International, des centaines d’opposants sont arrêtés et exécutés de manière sommaire par les forces armées.
2005 - Le 5 février, le Président Etienne Gnassingbé « Eyadéma » décéde, à l’âge de 69 ans. La hiérarchie militaire se dépêche de désigner hâtivement Faure Gnassingbé, un des fils du défunt dirigeant, pour occuper le fauteuil présidentiel vacant. La France et les trois voisins immédiats du Togo (Ghana, Bénin et Burkina-Faso) s’abstinrent de condamner ce coup d’Etat. Le 7 février, le Président français Jacques Chirac rendit hommage au dictateur Etienne Gnassingbé alias « Eyadéma » en déplorant la perte d’un « ami de la France » et « ami personnel ».
• En mars et avril, la coalition des partis de l’Opposition démocratique demandent en vain aux organisations africaines médiatrices (Union africaine –UA– et Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest –CEDEAO) d’intervenir pour éviter les graves irrégularités dans la préparation du scrutin présidentiel. Le 22 avril, c.-à-d. deux jours avant le vote, le ministre de l’Intérieur François Boko, pourtant un fidèle du feu Président Etienne Gnassingbé Eyadéma, lance un appel de dernière minute pour la suspension du « processus électoral suicidaire ». Mais, le Président de la CEDEAO maintient la position de l’organisation sous-régionale et qualifie d’ « irresponsable » le ministre. Ce dernier est limogé et contraint de chercher refuge à l’Ambassade d’Allemagne.
• Le 24 avril 2005, l’élection présidentielle est marquée par des actes de violence et des fraudes massives.
• Le 26 avril, Faure Gnassingbé est déclaré vainqueur avec 60% des voix. Le lendemain du scrutin, le candidat de l’opposition, Emmanuel Bob-Akitani, s’autoproclame Président élu. La France et la CEDEAO jugent le vote « globalement satisfaisant ». Les États-Unis émettent des réserves sur les résultats officiels, tandis que le Canada et le Parlement européen dénoncent les graves irrégularités qui ont entaché le processus électoral.
• Le 13 mai 2005, la Ligue Togolaise des Droits de l’Homme (LTDH) fait état d’un bilan de 811 morts et 4.508 blessés, durant la répression militaire qui a suivi l’élection présidentielle.