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Togo : un passé qui ne passe pas

L'œil de la rédaction

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Togo : un passé qui ne passe pas

Un pays coupé en deux depuis l'indépendance

Le Togo a d'abord été un territoire convoité par l'Allemagne, la France et la Grande Bretagne. La question de la réunification des Togo britannique et français au sein d'un même État, avait dominé le débat politique pendant les années 50. La victoire du Comité de l'unité togolaise aux élections du 28 février 1958 sonne le glas de cette union. Mais il faudra attendre le 27 avril 1960 pour que l'indépendance pleine et entière soit acquise. À peine trois ans plus tard, le premier président, père de cette indépendance, Sylvanus Olympio sera abattu lors d'un coup d'État. C'est le début d'une histoire politique complexe qui dure depuis près de 50 ans.

Le rappel historique de Jacob Schülpmann - 2 mars 2010 - 3'19
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Réécrire et enseigner l'histoire

Depuis l'indépendance, les Togolais se sont efforcés de mettre l'histoire de la colonisation au programme des écoles. Mais les manuels d'histoire n'ont pas toujours été à la hauteur de cette ambition. Et des historiens tentent de remédier aux nombreuses erreurs transmises.

Reportage Emmanuel Sodji, 25 avril 2010, 2'27

"Qu'avons-nous fait de notre indépendance ?"

Cinquante ans après, des acteurs de l'indépendance, des enseignants, des étudiants dressent un état des lieux désenchanté de cinquante ans de gouvernance.

Reportage Emmanuel Sodji, 28 avril 2010, 2'40

Togo: repères chronologiques

                                   
XVe-XVIIIe siècles – Les Éwé en provenance de l’actuel Nigeria et les Ané de l’actuel Ghana s’installèrent dans le Togo actuel, déjà occupé par des populations Kwa et voltaïques.


1884 – Les Allemands établissent un protectorat sur le Togoland  et instaure le travail forcé qui permettra de construire des routes.

1914 – Les troupes anglo-françaises s’emparent du Togoland au cours de la Première Guerre mondiale.


1919 –
Le traité de Versailles de juin 1919 entérine le partage du Togoland entre la Grande-Bretagne (partie occidentale) et la France (partie orientale).

1956 – En octobre 1956, le Togoland « français » devient une République autonome au sein de l’Union française, tout en conservant son statut de territoire sous tutelle de l’ONU. La partie « britannique »a choisi de fusionner avec la colonie voisine de la Gold Coast pour former le Ghana quelques mois plus tôt au terme d’un référendum supervisé par l’ONU.

1958 – Le 27 avril, les élections législatives, contrôlées par l'ONU, aboutirssent à une victoire écrasante du Comité de l’unité togolaise (CUT), le parti indépendantiste. Sylvanus Olympio, « bête noire » de la France coloniale, est nommé Premier ministre avant d’être élu Président de la République en mai 1961.

1960 – Au terme d’une transition en douceur, le Togo devient officiellement indépendant le 27 avril 1960.
Sylvanus Olympio - Premier président élu du Togo assassiné en 1963
1963 – Le 13 janvier 1963, le Président S. Olympio est assassiné par des militaires démobilisés de l’armée coloniale française (dont le sergent Étienne Gnassingbé alias « Eyadéma »), qui revendique la forfaiture. Nicolas Grunitzky, homme politique soutenu de longue date par Paris, est élu Président, mais son pouvoir s’affaiblit considérablement au fil des années.

1967 – Le Lieutenant-colonel Etienne Gnassingbé (qui allait devenir plus tard le Général « Gnassingbé Eyadéma ») renverse le Président Grunitzky sans effusion de sang, interdit les partis politiques et suspend la Constitution.

1969 – Un parti unique, le RPT est fondé, et Etienne Gnassingbé « Eyadéma » est élu à sa tête le 29 novembre.

1979 -    Etienne Gnassingbé « Eyadéma » se présente comme candidat unique à l’élection présidentielle et est élu Président de la République avec 99,97% des voix. Une nouvelle Constitution est adoptée et les députés sont élus pour une Assemblée nationale qui n’a qu’un rôle consultatif.

1990 – Le vent du changement démocratique venu de l’Est traverse le Togo.

1991-
Après plusieurs mois d’une répression brutale et violente, la « Conférence Nationale » s, le 8 juillet et  dure jusqu’au 28 août : un régime de transition d’une durée de 1 an est institué et les pouvoirs du Président Etienne Gnassingbé « Eyadéma » sont limités.

1992 - Etienne Gnassingbé « Eyadéma » recourt à la paralysie institutionnelle et à la violence politique meurtrière pour déstabiliser la transition démocratique et récupère certaines prérogatives majeures:
Le président Gnassingbé Eyadéma décédé en 2005 après 38 ans de règne - Wikicommons
1993 -  le Président Etienne Gnassingbé « Eyadéma » annonce la fin de la transition démocratique, provoquant une série de manifestations. Le 25 janvier, alors que les ministres de la Coopération français et allemand sont  en visite à Lomé, l’armée ouvre le feu sur des manifestants pacifiques de l’opposition, tuant des dizaines de personnes.

1996 – Le 27 mars, un diplomate allemand, Thomas Rupprecht, est abattu sur la voie publique par les forces de sécurité togolaises.

1998 – Le 21 juin, l’élection présidentielle est marquée par des fraudes massives. Alors que le décompte des voix indique la victoire du leader de l’UFC Gilchrist Olympio, principal adversaire au Président sortant, les autorités suspendent le processus électoral. L’armée confisque les urnes, le ministre de l’Intérieur proclame Etienne Gnassingbé « Eyadéma » vainqueur avec 52% des voix. La mission d’observation de l’UE condamne la conduite du processus électoral et est contrainte de quitter le pays sous la menace des autorités togolaises. L’UE confirma la suspension de sa coopération. Selon Amnesty International, des centaines d’opposants sont arrêtés et exécutés de manière sommaire par les forces armées.

2005 - Le 5 février, le Président Etienne Gnassingbé « Eyadéma » décéde, à l’âge de 69 ans. La hiérarchie militaire se dépêche de désigner hâtivement Faure Gnassingbé, un des fils du défunt dirigeant, pour occuper le fauteuil présidentiel vacant. La France et les trois voisins immédiats du Togo (Ghana, Bénin et Burkina-Faso) s’abstinrent de condamner ce coup d’Etat. Le 7 février, le Président français Jacques Chirac rendit hommage au dictateur Etienne Gnassingbé alias « Eyadéma » en déplorant la perte d’un « ami de la France » et « ami personnel ».

• En mars et avril, la coalition des partis de l’Opposition démocratique demandent en vain aux organisations africaines médiatrices (Union africaine –UA– et Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest –CEDEAO) d’intervenir pour éviter les graves irrégularités dans la préparation du scrutin présidentiel. Le 22 avril, c.-à-d. deux jours avant le vote, le ministre de l’Intérieur François Boko, pourtant un fidèle du feu Président Etienne Gnassingbé Eyadéma, lance un appel de dernière minute pour la suspension du « processus électoral suicidaire ». Mais, le Président de la CEDEAO maintient la position de l’organisation sous-régionale et qualifie d’ « irresponsable » le ministre. Ce dernier est limogé et contraint de chercher refuge à l’Ambassade d’Allemagne.

• Le 24 avril 2005, l’élection présidentielle est marquée par des actes de violence et des fraudes massives.

• Le 26 avril, Faure Gnassingbé est déclaré vainqueur avec 60% des voix. Le lendemain du scrutin, le candidat de l’opposition, Emmanuel Bob-Akitani, s’autoproclame Président élu. La France et la CEDEAO jugent le vote « globalement satisfaisant ». Les États-Unis émettent des réserves sur les résultats officiels, tandis que le Canada et le Parlement européen dénoncent les graves irrégularités qui ont entaché le processus électoral.

• Le 13 mai 2005, la Ligue Togolaise des Droits de l’Homme (LTDH) fait état d’un bilan de 811 morts et 4.508 blessés, durant la répression militaire qui a suivi l’élection présidentielle.

Le président Faure Gnassingbé dirige le pays depuis 2005 - Wikicommons
- Le 26 septembre 2005, les Nations unies rendent public les conclusions de leur enquête : les violences qui ont accompagné l'élection présidentielle d'avril au Togo ont fait « entre 400 et 500 morts » et « la responsabilité principale » de ces violences incombe à « l’ensemble de l’appareil répressif et sécuritaire de l’Etat ».

-  Les élections législatives se tiennent le 14 octobre 2007. Le parti au pouvoir remporte la majorité des sièges au Parlement.
Le 29 Novembre 2007, malgré les protestations de l’opposition, l’Union Européenne a reprend ses relations avec le Togo, légitimant de fait pouvoir.

2009 - Le 30 Décembre, le chef de l’État Faure Gnassingbé convoque le corps électoral par décret ministériel pour l’organisation de l’élection présidentielle du 28 Février 2010.
 
2010 - A l’issu de protestations et de nombreuses demandes de report du scrutin par l’opposition, le chef de l’État accepte de repousser les élections au 04 Mars 2010.

- Le 02 Février 2010 : La Cour constitutionnelle rejette la candidature de Kofi Yamgnane, ancien ministre sous le gouvernement de François Mitterrand.
 
- Le 07 mars 2010 : Faure Gnassingbé se succède à lui-même après le scrutin présidentiel du 4 mars

Source : TV5Monde
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