Présidentielle USA 2012
Campagne sur internet : Obama continue de tisser sa toile
Entretien : les réseaux sociaux, quelle efficacité ?
L’influence du web dans une campagne électorale est grande mais reste toute de même relative selon Franck Rebillard, professeur en information communication à l'université Sorbonne Nouvelle- Paris 3.
TV5monde : Quel rôle tient Internet dans une campagne présidentielle ?
Franck Rebillard : Si on pense aux sites web, aux blogs des candidats ou des organisations politiques, Internet est un moyen de présenter leurs programmes, d’annoncer les différents événements de campagne, les réunions publiques qu’ils organisent, les vidéos qu'ils font pour la promotion de leur idées ou de leurs opinions. On se rapprocherait assez de ce que sont les médias traditionnels comme la presse ou l’audiovisuel.
Mais Internet, c’est aussi un outil de coordination militante. On peut s’en servir pour organiser une campagne auprès de ses militants et de ses sympathisants. C’est vraiment en cela qu’Obama s’était distingué en 2008. Dans la mesure où il avait vraiment fait en sorte que le courrier électronique permette de faire circuler des messages depuis le QG de campagne jusqu’aux différentes sections et aux militants.
Comment son équipe a-t-elle coordonné cette campagne à partir du web ?
Obama s’est aussi servi des réseaux sociaux numériques et puis de myspace qui a un peu disparu du paysage numérique et qu’en France on connait surtout pour son aspect musical. Mais en 2008, aux Etats-Unis, c’était un réseau social numérique généraliste. Et, il y avait aussi des réseaux sociaux que l’on connait moins en France comme blackplanet ou AsianAve qui comme leurs noms l’indiquent sont destinés à des personnes d’une certaine origine. En l’occurrence les afro-américains ou les personnes d’origine asiatique.
Barack Obama et ses équipes avaient utilisé tous ces outils pour distribuer des kits de campagne, des programmes détaillés expliqués de façon pédagogiques pour présenter la campagne de manière la plus didactique possible aux électeurs, annoncer les événements locaux et aussi organiser les actions de démarchage auprès des électeurs. Donc les mails et les réseaux sociaux numériques permettaient aux militants de se répartir le travail pour le porte-à-porte et tout le travail d'appeler les gens et les inciter à aller voter pour Obama.
Franck Rebillard : Si on pense aux sites web, aux blogs des candidats ou des organisations politiques, Internet est un moyen de présenter leurs programmes, d’annoncer les différents événements de campagne, les réunions publiques qu’ils organisent, les vidéos qu'ils font pour la promotion de leur idées ou de leurs opinions. On se rapprocherait assez de ce que sont les médias traditionnels comme la presse ou l’audiovisuel.
Mais Internet, c’est aussi un outil de coordination militante. On peut s’en servir pour organiser une campagne auprès de ses militants et de ses sympathisants. C’est vraiment en cela qu’Obama s’était distingué en 2008. Dans la mesure où il avait vraiment fait en sorte que le courrier électronique permette de faire circuler des messages depuis le QG de campagne jusqu’aux différentes sections et aux militants.
Comment son équipe a-t-elle coordonné cette campagne à partir du web ?
Obama s’est aussi servi des réseaux sociaux numériques et puis de myspace qui a un peu disparu du paysage numérique et qu’en France on connait surtout pour son aspect musical. Mais en 2008, aux Etats-Unis, c’était un réseau social numérique généraliste. Et, il y avait aussi des réseaux sociaux que l’on connait moins en France comme blackplanet ou AsianAve qui comme leurs noms l’indiquent sont destinés à des personnes d’une certaine origine. En l’occurrence les afro-américains ou les personnes d’origine asiatique.
Barack Obama et ses équipes avaient utilisé tous ces outils pour distribuer des kits de campagne, des programmes détaillés expliqués de façon pédagogiques pour présenter la campagne de manière la plus didactique possible aux électeurs, annoncer les événements locaux et aussi organiser les actions de démarchage auprès des électeurs. Donc les mails et les réseaux sociaux numériques permettaient aux militants de se répartir le travail pour le porte-à-porte et tout le travail d'appeler les gens et les inciter à aller voter pour Obama.

Est-ce que les réseaux sociaux ne permettent pas aussi de susciter l’intérêt de personnes habituellement absentéistes comme les jeunes entre 18 et 35 ans ?
Les « jeunes » en général utilisent les réseaux sociaux numériques dans un but essentiellement de distraction. Ils n’auront pas forcément l’envie, le besoin d’avoir des messages politiques qui sont envoyés sur ces réseaux sociaux. A la limite, un biais possible, une manière de les approcher ce sera des vidéos humoristiques, un moyen d’utiliser la viralité du web.
Alors pourquoi cela fonctionne mieux aux Etats-Unis ?
Aux Etats-Unis, Internet est en place depuis plus longtemps. Il y a une sorte de socialisation par rapport à Internet qui est plus forte qu’en France. Un habitant des Etats-Unis trouvera normal de se connecter plus régulièrement plusieurs fois par jour. En France c’est moins le cas. Et du côté des personnalités politiques, c’est la même chose.
Quelle est meilleure réussite pour la campagne sur le web en France, selon vous ?
Ce que je trouvais de plus original, c’est ce qui a été lancé en 2007 par Ségolène Royal qui avait mis en place désir d’avenir, un réseau d’information et de mobilisation autour de sa campagne en donnant la parole aux citoyens. Ils pouvaient déposer des propositions récupérées dans des cahiers pour faire une sorte de synthèse.
Quel est finalement le moyen de communication le plus efficace dans une campagne ?
Il ne faut pas séparer totalement l’aspect en ligne et hors ligne. Les gens vont recevoir des outils de campagne mais ils vont passer encore plus de temps à sortir de chez eux et aller frapper à la porte des gens. Dans les choix finaux des électeurs, certes il y a l’information véhiculée par la télévision, la presse, la radio et aujourd’hui le web. Mais ce qui comptera tout autant voir beaucoup plus ce sont les relations interpersonnelles que l’on peut avoir avec son entourage, les discussions politiques avec des collègues, des amis... c’est beaucoup plus décisif par rapport au choix d’aller voter ou non.
Les « jeunes » en général utilisent les réseaux sociaux numériques dans un but essentiellement de distraction. Ils n’auront pas forcément l’envie, le besoin d’avoir des messages politiques qui sont envoyés sur ces réseaux sociaux. A la limite, un biais possible, une manière de les approcher ce sera des vidéos humoristiques, un moyen d’utiliser la viralité du web.
Alors pourquoi cela fonctionne mieux aux Etats-Unis ?
Aux Etats-Unis, Internet est en place depuis plus longtemps. Il y a une sorte de socialisation par rapport à Internet qui est plus forte qu’en France. Un habitant des Etats-Unis trouvera normal de se connecter plus régulièrement plusieurs fois par jour. En France c’est moins le cas. Et du côté des personnalités politiques, c’est la même chose.
Quelle est meilleure réussite pour la campagne sur le web en France, selon vous ?
Ce que je trouvais de plus original, c’est ce qui a été lancé en 2007 par Ségolène Royal qui avait mis en place désir d’avenir, un réseau d’information et de mobilisation autour de sa campagne en donnant la parole aux citoyens. Ils pouvaient déposer des propositions récupérées dans des cahiers pour faire une sorte de synthèse.
Quel est finalement le moyen de communication le plus efficace dans une campagne ?
Il ne faut pas séparer totalement l’aspect en ligne et hors ligne. Les gens vont recevoir des outils de campagne mais ils vont passer encore plus de temps à sortir de chez eux et aller frapper à la porte des gens. Dans les choix finaux des électeurs, certes il y a l’information véhiculée par la télévision, la presse, la radio et aujourd’hui le web. Mais ce qui comptera tout autant voir beaucoup plus ce sont les relations interpersonnelles que l’on peut avoir avec son entourage, les discussions politiques avec des collègues, des amis... c’est beaucoup plus décisif par rapport au choix d’aller voter ou non.

ÉTATS-UNIS
Chef de l'Etat : Président Barack ObamaCapitale : Washington D.C.
Superficie : 9 826 675 km2²
Population : 307 212 123 habitants
Gentilé : Américain, Américaine
Passer la souris sur l'image.

Pour aller plus loin : la campagne française sur internet
Les candidats à l'élection présidentielle française ont renforcé leur présence sur internet avec notamment des plateformes d'échange type réseau social mais sans grand succès. Le Parti socialiste a ainsi créé la coopol tandis que l'UMP avait lancé le site "Les créateurs de possibles" fermé depuis. Le parti de Nicolas Sarkozy a récemment lancé une application iPhone.
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