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Campagne sur internet : Obama continue de tisser sa toile

Présidentielle USA 2012

Campagne sur internet : Obama continue de tisser sa toile
Un président bien connecté est-il assuré de l'emporter ? Une évidence, Barack Obama s’impose comme le plus novateur sur la toile, mais quel intérêt ? Quel impact ? En quoi les candidats français s'inspirent-ils de leur collègue américain ? 
Dossier.
05.04.2012Par Léa BaronAlors que les primaires républicaines battent son plein aux Etats-Unis, le candidat démocrate, occupe aussi le terrain mais… numérique. Son équipe de communication pratique le webmarketing forcené. Sa campagne sur la toile de 2008 avait fait recette. Son omniprésence sur le web rencontre toujours le même sujet en 2012. « L’élection d’Obama est le bon exemple pour justifier une campagne sur les réseaux sociaux. Cela  s’est  fait en goutte d’eau avec la mobilisation des prescripteurs qui vont diffuser l’information », explique Romain Mutos, responsable développement de l’agence de communication Proxité. Son compte Facebook est suivi par près de 26 millions de personnes et son profil Twitter par près de 14 millions d’internautes. Des chiffres qui pourraient faire pâlir les politiques français.
Plus de 10 millions d’adresses e-mails ont été récoltées en 2008 par l’équipe de campagne d’Obama grâce aux inscriptions des internautes sur les réseaux sociaux et sur son site internet. Les alertes par courriels et par SMS ont permis de mobiliser des militants alors ambassadeurs de leur candidat sur le terrain.  « C’est impossible de faire campagne sans les réseaux sociaux parce qu’on est aujourd’hui à l’ère du 2.0. Ce sont les électeurs qui font aussi un petit peu campagne », souligne Romain Mutos.
Zoom:
Omniprésence de Barack Obama sur internet.

Forte de l’expérience réussie de 2008 avec les réseaux sociaux ou sites internet, l’équipe de campagne 2.0 remet le couvert en 2012 et fait feu de tout réseau social. (Voir la photo interactive de Barack Obama sur la colonne de droite). Leur dernier coup numérique en date : Pinterest. Ce réseau social de photos a conquis 13 millions d’internautes en deux ans et son attractivité ne cesse de croître ces dernières semaines. Son équipe y poste des photos de Barack Obama ou de sa campagne. Des clichés de lui sont postés également sur son compte Flickr ou instagram. Il publie sa liste de musique de campagne sur Spotify ou fait appel à la créativité des internautes sur son blog Tumblr. Des plateformes de partage à la mode. Barack Obama sait jouer des réseaux sociaux pour séduire son électorat. En février dernier, il souhaite une bonne Saint-Valentin à son épouse par tweet interposé.
Zoom:
Succès garanti, tweetos et médias s’en emparent. En Président et candidat connecté, Barack Obama s’adresse par Skype le 3 janvier dernier aux militants démocrates de l’Iowa. Les chiffres de suiveurs ou fans de Barack Obama donnent le tournis et peuvent faire pâlir d’envie les autres hommes et femmes politiques.
La campagne web chez les Français.

Même si les équipes françaises de campagne se sont déplacées aux Etats-Unis pour prendre quelques leçons des Américains, les résultats ne sont pas toujours brillants. Les leçons web du président américain ont été retenues. Les équipes de campagne tentent de mieux maîtriser l’information. Mais cela n’empêche pas quelques couacs notamment avec Nadine Morano (Ministre française de l'apprentissage et de la formation professionnelle) et ses tweets très impulsifs.
Succès ou non, le but est le même des deux côtés de l’Atlantique : faire interagir le public, l’impliquer dans la campagne.  « Ça permet d’associer les électeurs et l’internaute de manière un peu plus restrictive pour qu’ils puissent être informés, réagir en temps réel, être un petit peu privilégiés dans cette campagne », explique Romain Mutos de Proxité.
Internet et les derniers réseaux sociaux à la mode sont le plus régulièrement visités par les jeunes enclins plus souvent à l’absentéisme. « Avec la toile on vise une population qui cherche son information sur d’autres vecteurs de communication. Généralement, on dit que ce sont les 15-25 ans. Mais pour l’élection ça va être l’électeur, les 18-30 ans. Les 45- 65 ans sont plus attirés, plus sensibles par des moyens de communications un peu plus institutionnels et plus traditionnels comme le support papier : le tract, la lettre, les affiches », souligne Romain Mutos. Si une campagne électorale sur internet apparaît aujourd'hui inévitable, son impact sur l'électorat reste difficile à quantifier. Rien ne remplacera l'action militante sur le terrain selon le professeur Franck Rebillard dont l'interview est à lire ci-dessous. 


Entretien : les réseaux sociaux, quelle efficacité ?

L’influence du web dans une campagne électorale est grande mais reste toute de même relative selon Franck Rebillard, professeur en information communication à l'université Sorbonne Nouvelle- Paris 3.
TV5monde : Quel rôle tient Internet dans une campagne présidentielle ?

Franck Rebillard : Si on pense aux sites web, aux blogs des candidats ou des organisations politiques, Internet est un moyen de présenter leurs programmes, d’annoncer les différents événements de campagne, les réunions publiques qu’ils organisent, les vidéos qu'ils font pour la promotion de leur idées ou de leurs opinions. On se rapprocherait assez de ce que sont les médias traditionnels comme la presse ou l’audiovisuel.
Mais Internet, c’est aussi un outil de coordination militante. On peut s’en servir pour organiser une campagne auprès de ses militants et de ses sympathisants. C’est vraiment en cela qu’Obama s’était distingué en 2008. Dans la mesure où il avait vraiment fait en sorte que le courrier électronique permette de faire circuler des messages depuis le QG de campagne jusqu’aux différentes sections et aux militants.

Comment son équipe a-t-elle coordonné cette campagne à partir du web ?

Obama s’est aussi servi des réseaux sociaux numériques et puis de myspace qui a un peu disparu du paysage numérique et qu’en France on connait surtout pour son aspect musical. Mais en 2008, aux Etats-Unis, c’était un réseau social numérique généraliste. Et, il y avait aussi des réseaux sociaux que l’on connait moins en France comme blackplanet ou AsianAve qui comme leurs noms l’indiquent sont destinés à des personnes d’une certaine origine. En l’occurrence les afro-américains ou les personnes d’origine asiatique.

Barack Obama et ses équipes avaient utilisé tous ces outils pour distribuer des kits de campagne, des programmes détaillés expliqués de façon pédagogiques pour présenter la campagne de manière la plus didactique possible aux électeurs, annoncer les événements locaux et aussi organiser les actions de démarchage auprès des électeurs. Donc les mails et les réseaux sociaux numériques permettaient aux militants de se répartir le travail pour le porte-à-porte et tout le travail d'appeler les gens et les inciter à aller voter pour Obama.
Est-ce que les réseaux sociaux ne permettent pas aussi de susciter l’intérêt de personnes habituellement absentéistes comme les jeunes entre 18 et 35 ans ?

Les « jeunes » en général utilisent les réseaux sociaux numériques dans un but essentiellement de distraction. Ils n’auront pas forcément l’envie, le besoin d’avoir des messages politiques qui sont envoyés sur ces réseaux sociaux. A la limite, un biais possible, une manière de les approcher ce sera des vidéos humoristiques, un moyen d’utiliser la viralité du web.


Alors pourquoi cela fonctionne mieux aux Etats-Unis ?

Aux Etats-Unis, Internet est en place depuis plus longtemps. Il y a une sorte de socialisation par rapport à Internet qui est plus forte qu’en France. Un habitant des Etats-Unis trouvera normal de se connecter plus régulièrement plusieurs fois par jour. En France c’est moins le cas. Et du côté des personnalités politiques, c’est la même chose.

 
Quelle est meilleure réussite pour la campagne sur le web en France, selon vous ?

Ce que je trouvais de plus original, c’est ce qui a été lancé en 2007 par Ségolène Royal  qui avait mis en place désir d’avenir, un réseau d’information et de mobilisation autour de sa campagne en donnant la parole aux citoyens. Ils pouvaient déposer des propositions récupérées dans des cahiers pour faire une sorte de synthèse.

 
Quel est finalement le moyen de communication le plus efficace dans une campagne ?

Il ne faut pas séparer totalement l’aspect en ligne et hors ligne. Les gens vont recevoir des outils de campagne mais ils vont passer encore plus de temps à sortir de chez eux et aller frapper à la porte des gens. Dans les choix finaux des électeurs, certes il y a l’information véhiculée par la télévision, la presse, la radio et aujourd’hui le web. Mais ce qui comptera tout autant voir beaucoup plus ce sont les relations interpersonnelles que l’on peut avoir avec son entourage, les discussions politiques avec des collègues, des amis... c’est beaucoup plus décisif par rapport au choix d’aller voter ou non.

ÉTATS-UNIS

Chef de l'Etat : Président Barack Obama
Capitale : Washington D.C.
Superficie : 9 826 675 km2²
Population : 307 212 123 habitants
Gentilé : Américain, Américaine

Passer la souris sur l'image.

Pour aller plus loin : la campagne française sur internet

Les candidats à l'élection présidentielle française ont renforcé leur présence sur internet avec notamment des plateformes d'échange type réseau social mais sans grand succès. Le Parti socialiste a ainsi créé la coopol tandis que l'UMP avait lancé le site "Les créateurs de possibles" fermé depuis. Le parti de Nicolas Sarkozy a récemment lancé une application iPhone.

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