Découvrez la Folie, le bidonville des Algériens de Nanterre

© "Demain, demain" de Laurent Maffre chez Actes Sud / Arte editions
09.05.2012 TV5MONDE : L'album débute avec l'arrivée de la femme et des enfants de Kader, ouvrier algérien vivant au bidonville de la Folie. Pourquoi n'avez-vous pas commencé avec leur arrivée à Orly, qui est placée plus tard dans la BD ?
Laurent Maffre : Ce qui m'amusait en débutant dans les terrains vagues de Nanterre, c'était que le lecteur se sente comme les personnages, perdu.
Dans la scène de l'aéroport d'Orly, la famille vient d'arriver. Elle a un tas de représentations sur ce qu'elle croit être la France. Par exemple, les enfants croient encore qu'ils vont habiter dans des immeubles haussmaniens en plein coeur de Paris.
Si on veut comprendre leur désillusion et leur déception, si on veut comprendre ce que ça leur fait de passer d'Orly au périphérique, puis de traverser Paris jusqu'aux terrains vagues de Nanterre, il faut que le lecteur connaisse déjà un peu le sujet.
Du coup, si j'ai choisi de placer cette scène de l'aéroport 70 pages plus loin dans la BD, c'est qu'à ce moment-là, le lecteur a compris que le père travestissait la réalité parisienne à sa femme et ses enfants et qu'en Algérie ils vivaient dans de bonnes conditions. Il me semble qu'ainsi la scène est plus forte.
Laurent Maffre
Professeur d'arts appliqués à Paris, Laurent Maffre se fait connaître en publiant dans la revue Short, semestriel consacrée aux nouvelles en BD.
En 2006, il se lance dans le format album en mettant en images l'oeuvre d'Albert Londres sur le bagne de Cayenne, L' homme qui s'évada. Quasi inconnu jusque-là, Laurent Maffre, en obtenant une nomination à Angoulême pour le meilleur album en 2007, transforme son coup d'essai en coup de maître.
Il publie aujourd'hui Demain, demain (Actes Sud BD / Arte éditions) sur le quotidien d'une famille d'Algériens habitant le bidonville de la Folie à Nanterre entre 1962 et 1966.















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