TV5MONDE
Accueil / Information / L'œil de la rédaction / La Coupe du monde en Afrique du Sud vue par le blog planétaire
Imprimer
envoyer à un ami

La Coupe du monde en Afrique du Sud vue par le blog planétaire

L'œil de la rédaction

Afrique_du_sud_mai_2010

La Coupe du monde en Afrique du Sud vue par le blog planétaire

Le football est-ce du sport ? N'est-ce pas de la guerre ? De la paix ? Du spectacle ?

Nos blogueurs se mobilisent du monde entier pour commenter cet événement planétaire organisé pour la première fois sur le continent africain. En Algérie ou en Chine, au Canada ou en Afrique du Sud, au Brésil ou en Roumanie, en Russie ou aux États-Unis, que l'on soit impliqué ou pas, sous toutes les latitudes, nul n'échappe à la frénésie du ballon rond.

Retrouvez leurs contributions ici !
Derniers gadgets - photo avenue225.com

Et voilà - fin du premier mondial africain

par Israël Yoroba Guebo, d'Abidjan, le 13 juillet 2010, 14 h GMT

Le mondial vient de s’achever avec la victoire de l’Espagne qui ,en terre bénie d’Afrique, a sa première étoile. On garde de ce premier mondial en terre africaine une belle fête au son du vuvuzéla. Au-delà du spectacle et du bon football, c’est surtout le côté business que les commerçants attendaient. Les lampions atteints à Johannesburg, on se retire dans l’arrière boutique pour faire le bilan des ventes.
Pour ce qui est du bilan financier, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne. « Nous nous attendions à un chiffre d’affaires un peu plus important mais malgré la qualité de nos produits nous n’avons vraiment pas vendu. Les chiffres sont pratiquement les mêmes que les jours ordinaires » soutient N’gatta Diop, responsable d’un groupe de commerçants sénégalais. En effet sur une commande de 1.500.000 de gadgets divers et de tee-shirts, les 7 commerçants ont juste fait un bénéfice de 500.000, un chiffre inférieur à celui réalisé lors de la CAN.

Dans la rue les petits revendeurs ont plutôt le sourire. « Ça bien marché pour nous ! » souligne Kevin Koffi. « J’ai fait des bénéfices importants car sur 25.000 par commande, je me retrouve après 4 ventes à 115.000 de bénéfice ». La stratégie des vendeurs ambulants consiste à traquer le client ! Se faufilant entre les véhicules sur l’autoroute, ils ont pu vendre un nombre important de produits dérivés aux couleurs des pays en compétition.
photo avenue225.com
Pour avoir plus, il fallait traquer les clients sur le bitume
Chez les restaurateurs et les propriétaires de maquis et bars on ne peut pas vraiment se plaindre. « Les Ivoiriens sont déjà habitués à suivre les matchs en consommant une bière entre amis ! Le match nul face au Portugal a fait triplé mon chiffre d’affaires et le jour de la défaite ça n’a pas trop bougé » souligne Vamoussa dit chef Amouss, propriétaire d’un maquis.

Dans l’univers des espaces publics, seuls ceux qui avaient investi dans l’achat d’un écran ont pu vraiment avoir des clients. Ont-ils pu amortir cet investissement ? Réponse avec Dame Allah Ahou :«  Oui pour moi, mais les autres je ne sais pas » souligne-t-elle dans un éclat de rire. « On peut être satisfait du mondial. Dans l’ensemble il y a juste eu une ou deux bagarres entre supporteurs d’équipes adverses mais rien de grave ». Chez les tours opérateurs c’est le silence radio : on se refuse à tout commentaire car les difficultés ont été énormes. Bon nombre d’Ivoiriens partis au pays de Mandela se plaignent de la publicité mensongère des tours opérateurs. « Rien de ce qui se disait ici n’était vrai sur place » souligne un supporteur énervé.

Petits commerçants ambulants, propriétaires de grandes surfaces et tenanciers de débit de boissons font tous le même constat : l’élimination précoce des éléphants footballeurs a beaucoup joué sur les retombées financières de ce mondial. « Si nos gars étaient allés loin dans la compétition ,je pense que chacun aurait pu avoir un peu plus » soutient Irié Marcelin.

Israël Yoroba Guebo est journaliste et blogueur.

L'Espagne championne du monde de foot !

Par Kichka, de Jérusalem, 12 juillet 2010, 08h15GMT


Kichka est l'un des caricaturistes en vue d'Israël. Dernier recueil paru en français - "Dessins désarmants" - coédition Berg et TV5Monde

Ghana - la défaite en chantant

Ghanéens à Abidjan, photo Avenue225.com

par Israël Yoroba Guebo, d'Abidjan, le 5 juillet 2010, 06 h GMT

Depuis 48 heures Abidjan est aux couleurs nationales du Ghana et la raison est toute simple : ce pays ami et frère de la Côte d’Ivoire est le dernier représentant africain en coupe du monde. Les drapeaux et gadgets aux couleurs des blacks stars ont le vent en poupe ! Vuvuzéla, tee-shirt, bracelets et perruques venus d’Accra se vendent très bien sur les marchés. Les familles ghanéennes vivants en parfaite harmonie avec les autres communautés ont ouverts les portes de leurs domiciles aux amis.

On a même profité dans la foulé pour chacun choisir un nom ghanéen ! Ainsi pour voir le match du Ghana les Ivoiriens ont pris d’assaut les espaces publics, les maquis et les bars. C’est autour d’une bière entre amis que le coup d’envoie est donné. Dès les premières minutes les blacks stars sont absents sur le terrain : malmenés par Diego Forlán, ils jettent des doutes au sein des supporteurs. « Ah ! Ghana quel est ce jeu ? » lance Obam Williams un supporteur camerounais. « Remuez-vous » hurle Blé Sidonie.

C’est seulement à la 46 mn que Souley Muntari permet aux supporteurs africains de retrouver la voix. Son but libère tout un peuple. A la mi-temps la température des villes ghanéennes est prise au téléphone. « C’est la joie dans les rues de Takoradi, les gens ici hurlent de joie comme si le Ghana avait déjà gagné ! » indique Annie N’Bra étudiante Ivoirienne au Ghana.

Dès la reprise c’est le même Diego Forlán dit kachavacha la sorcière aux cheveux d’or qui rétablit la parité. C’est le retour de la tristesse. Après ce but plus rien ne se passe sur le terrain et il faut se résoudre à vivre les prolongations. « J’espère qu’Assamoi Gyan va scorer comme il l’a fait face aux USA » souligne Bah. Les contres ghanéens et les frappes à mi distance font crier ou bouger les uns et les autres. Puis sur une balle arrêtée suivit d’un cafouillage. Une main. C’est le pénalty à la dernière seconde.

Tout le monde se lève dans le bar : les cardiaques s’éloignent mais Assamoi Gyan le rate ! Offah éclate en sanglot « Assamoi Gyan nous a tué ! ». L’épreuve tant redoutée des tirs aux buts s’impose donc aux deux équipes ! Kwame s’improvise pasteur pour une longue prière en vue que la victoire soit ghanéenne. Mais ce soir Dieu était Uruguayen ! C’est donc la victoire de l’Uruguay et la chute du dernier représentant africain.

Larmes, tristesse, désolation et amertume pour les supporteurs africains et surtout les Ghanéens dont nombreux ont perdu l’appétit. « Ne vous découragez pas votre pays au moins a fait honneur à l’Afrique » lance Blé Sidonie aux jeunes Ghanéens en pleurs avant de conclure « on ne dira plus blacks stars du Ghana mais plutôt Blacks Stars d’Afrique »

Israël Yoroba Guebo est journaliste et blogueur.

Pauvre Maradona !

Par Kichka, de Jérusalem, 4 juillet 2010, 8h45GMT


Kichka est l'un des caricaturistes en vue d'Israël. Dernier recueil paru en français - "Dessins désarmants" - coédition Berg et TV5Monde
Supporter du Togo en prière durant la Coupe d'Afrique des nations

Vu de Russie, qu'est-ce donc que cette foi-là ?

Par Pavel Spiridonov, de Saint-Pétersbourg, 3 juillet 2010, 18 h GMT

Pour quelqu’un comme moi, élevé dans la société majoritairement athée ou au moins là où les expressions de foi ont été plutôt malvenues, la profusion des signes de croix ou des gestes de prières sur les terrains de foot me paraît légèrement étrange.
 
L’évocation de la « main de Dieu » quand les joueurs trichent ou la communion avec leurs fans quand ils gagnent. Le brésilien Luís Fabiano a parlé de l’origine divine de son but et, tout récemment, l’attaquant de l’équipe d’Uruguay Luis Suárez après avoir écarté le ballon avec sa main a déclaré que c’est la « main de Dieu » qui a joué. Comme si leurs exploits ne peuvent pas être attribués à leur entrainement ou à leur volonté de gagner.
 
Nous pouvons bien évidemment tout mettre sur le compte de la ferveur religieuse des pays latins, mais pour moi, ceci est de l’infantilisme et la fuite de ses responsabilités, car dans ce championnat du monde nous sommes tous les témoins de l’éloignement de foot de ce sport des gentlemen qu’il a été il y a encore quelques décennies. Il est devenu le sport des gros sous où tout les coups sont permis pour gagner, simulations, coup bas, etc. Sauf que dans notre temps de hautes technologies et de diffusions en direct, il est très difficile de cacher toutes ces petites magouilles. À mon avis, c’est le rôle des dirigeants du football mondial de redresser la barre éthique dans ce sport, car si rien n'est fait prochainement, ses fans croiront de moins en moins dans les jugements impartiaux des arbitres ainsi que dans l’honnêteté des organisateurs des tournois.
 
Et moi, j’aimerais toujours avoir la foi dans ce sport qui peut réunir les peuples de tous les continents et qui aujourd'hui joue le même rôle que des Jeux Olympiques dans l’antiquité.

Pavel Spiridonov est chercheur, avec pour thème le rôle d'Internet dans la littérature russe
Un supporteur ghanéen en Côte d'Ivoire - photo avenue225

N’Pôchô - The Black Stars did it! (Les black stars l’ont fait!)

par Israël Yoroba Guebo, d'Abidjan, le 27 juin 2010, 22 h GMT

Peter, Adou, Chou maker, Biggy Jacob et les autres sont des jeunes ressortissants ghanéens vivants en Côte d’ Ivoire depuis des années. Certains d’entre eux sont même nés ici, ils ne se sentent certes pas à 100% ghanéens mais plutôt africains ! Ils ont abandonnés leur lucratif commerce de chaussures et de vêtements pour suivre la rencontre entre leur pays et les États Unis d’Amérique. « Aujourd’hui Asamoah, Ayewu, Inkoom, Kingson et les autres ne jouent pas pour le Ghana mais ils jouent pour l’Afrique » soutient heureux Peter Akwom avant de conclure « on voulait coûte que coûte voir une équipe africaine au second tour ; je voyais la Côte d’Ivoire et aucune autre équipe africaine mais si le Ghana a réussi l’exploit nous devons tous soutenir les blacks stars ! ».

Assis dans une concession du vieux quartier ghanéen de Treichville les supporteurs des blacks stars n’ont pas attendu longtemps avant de pousser les premiers cris de joie. Dès la cinquième minute c’est Boateng qui fait hurler le beau monde attroupé dans le salon.
On profite de la mi-temps pour appeler les uns Kumassi, les autres Accra ou Takoradi pour avoir l’ambiance du pays. Dès la reprise on sent une fébrilité chez les Blacks stars cette situation conduit au but des USA. L’égalisation sur pénalty des Américains jette un coup de froid sur les supporteurs mais chacun croit aux chances du Ghana. « Je sais que le Ghana va gagner ! Il reste un but ! On va gagner ! » souligne Biggy Jacob.

Sur une longue ouverture d'Ayew, Gyan prend le dessus sur Bocanegra et résiste au retour de De Merit pour tromper Howard d'une lourde frappe à bout portant. C’est la joie au sein du petit club de supporteurs. On manque dans le feu de l’action de renverser la bouteille de liqueur sur la table. Après ce but, plus personne ne tient sur place. Certains sortent pour éviter de voir un possible but des Américains. D’autres termineront la rencontre arrêtés ! Au coup de sifflet final c’est la joie. On se congratule et on formule dans la foulée des vœux pour que les blacks stars aillent plus loin dans cette compétition.

Israël Yoroba Guebo est journaliste et blogueur.
*N’Pôchô : expression passe partout des fantis du Ghana qui signifie "ici mon ami".

Maintenant nous sommes tous Ghanéens !

Par Liesl Louw, de Johannesburg, le 26 juin 2010, 11 h GMT

Quelle Coupe du Monde sans les Bafana Bafana ? Les organisateurs, conscients des mauvaises performances de l’équipe sud-africaine bien avant la Coupe du Monde 2010, s’inquiétaient d’une baisse d’enthousiasme et des places vides dans les stades si les Bafana ne se qualifiaient pas pour le deuxième tour de la compétition.
La victoire de 2-1 contre la France n’était certes pas suffisante pour cette qualification.
Malgré cela, il semble que l’enthousiasme des Sud-africains est toujours au beau fixe.

Les résultats des matches éclipsent toujours toutes les autres actualités dans les journaux et le pays vit toujours au rythme de la Coupe de Monde.
L’espoir, semble-t-il repose maintenant sur le Ghana.
La preuve : le vendeur de rue dans mon quartier se balade maintenant avec les drapeaux vert, jaune et rouge, avec l’étoile au milieu des Black Stars du Ghana.

L’hebdomadaire The Mail&Guardian demande aussi dans son édition de ce vendredi 25 juin aux Sud-africains de se rappeler du rôle que le reste de l’Afrique a joué dans le choix de la Fifa d’accorder cette Coupe du Monde à l’Afrique du Sud.
« On n’a pas eu cette Coupe du Monde parce que nous sommes un économie émergente d’une taille moyenne, plein de problèmes, ou qu’on s’est laissés coloniser par la Fifa. On l’a eu parce que nous sommes le seul pays africain qui pouvait le faire avec le minimum de crédibilité, » dit le journal.

En ce qui me concerne, je pense que la Coupe du Monde a déjà porté ses fruits, surtout pour remonter le morale des Africains. Pendant quelques semaines on parle de l’Afrique positivement : oubliés pendant un petit instant les pirates de la Somalie, la famine au Niger et la guerre dans l'Est de la RDC.
Bien que les problèmes de l’Afrique soient très graves et très réels, on avait besoin de rêver.
Et bien sur, nous les journalistes sont plus conscients que d’autres de l’effet presque pervers d’un seul évènement sur l’image de toute un pays ou tout un continent. La façon dont nous sommes vus à l’étranger pèse tellement lourd le regard que nous portons sur nous-mêmes…

J’ai été très sensible à l’approche des journalistes étrangers en visite en Afrique du Sud pendant la Coupe du Monde. Il y avait de très bons reportages, et d’autres moins bons. Il y avait surtout beaucoup de Soweto.
« La seule image qu’on voit à la télévision ici c’est les enfants dans les rues poussiéreuses de Soweto » se plaint une amie vivant à Londres aujourd’hui au téléphone.
On est fier de l’histoire de la lutte anti-apartheid qui symbolise cette partie de Johannesburg. Mais l’Afrique du Sud est beaucoup plus que ca.

Liesl Louw-Vaudran est rédactrice en chef de African.org, revue de l'Institut d'Études de Sécurité en Afrique du Sud

La tristesse des Albanais : après la France c’est l’Italie qui s’en va

par Ilir Yzeiri, de Tirana, le 26 juin 2010, 7 h GMT

La France et l’Italie sont deux pays avec lesquels les Albanais ont des relations un peut particulière. L’Albanie a vécu une des dictatures les plus dures. Mais notre dictateur Enver Hoxha était aussi un francophone et un francophile. Une des caractéristiques significative de dictature a été l’isolement total. Mais en Albanie il y avait un paradoxe. L’unique pays ou les post universitaires albanais pouvaient étudier comme boursiers d’État était La France, le pays où notre dictateur a passe quelques années de sa vie universitaire à Montpellier.

Dans notre imaginaire collectif, la France était projetée comme le centre du monde littéraire, politique, culturel etc. Nous sommes un des rares pays des Balkans dont les programmes scolaires sont à peut près comme les programmes scolaires de la France en ce qui concerne l’apprentissage de l’histoire européenne. En 1998, quand la France a gagné le Mondial, en Albanie le soutien et les supporters des bleus ont grossi. Les grands joueurs comme Platini et Zidane sont très populaires chez nous.

D'un autre côté, c’est l’Italie notre voisine, qui est le reflet d’un monde à rattraper. Durant les 50 années de la dictature, l’Italie et ses chaînes de tv Rai ont été pour nous le monde des rêves. C’est à cause de ça, que les Albanais s'y sont réfugiés en masse juste après la chute de la dictature, dans les années 90. C’était la deuxième fois que les Albanais s’enfuyaient de leurs pays,  la presse de ce temps avait appelé ce moment l’exode biblique. Le dernier exode de ce type s'était déroulé 500 ans auparavant, après la mort de notre héros national Skanderbeg, quand les Ottomans avaient envahi notre pays et rasé tout.

La plupart des Albanais soutiennent l’Italie. La première ligue italienne est l'un des événements les plus vus et les Albanais se divisent selon ses équipes. Tout ça a fait qu’hier la brutale chute des Italiens s'est très fort ressentie ici. Pour me consoler un peu, mon amis Enis m' a dit : "C’était aussi la faute de l’arbitre qui nous a annulé deux buts."

Il disait « nous » comme si l’Italie était son pays.
 
Ilir Yzeiri, journaliste et professeur à l’université de Tirana
Accueil / Information / L'œil de la rédaction / La Coupe du monde en Afrique du Sud vue par le blog planétaire
Imprimer
envoyer à un ami

également sur TV5monde.com

(re)voir TV5MONDE

tv5mondeplus

WEBTV

tv5mondeplusafrique tivi5mondeplus

VOD

cinema.tv5monde documentaire.tv5monde

Rechercher