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Plumes de campagne

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Plumes de campagne

Plumes de campagne
Les périodes électorales sont propices aux livres politiques : biographies, essais, pamphlets, et même bandes dessinées, il en sort plusieurs par semaine. Isabelle Soler a défriché cette jungle livresque et vous propose une sélection pour mieux comprendre les enjeux et les personnalités au coeur de cette campagne présidentielle française de 2012.
Journaliste à la rédaction de TV5Monde depuis une dizaine d’années, je suis toujours bluffée par l'hystérie de parution littéraire lors des grands événements que sont la rentrée de septembre, ou l'élection présidentielle. Et bien, nous y sommes : 2012 est arrivé avec son lot d'ouvrages en tous genres, toujours aussi nombreux et variés. Comment s'y retrouver, comment choisir ? Si tout est bon à lire pour éclairer enjeux et débats, quelques lignes d’humeur ou d’humour peuvent être bienvenues pour se repérer dans le flot de l’écrit politique !

"La rançon de la gloire" de Marie Treps - Editions Le Seuil, 156 pages - 13, 50 euros.

Il cristallise ces sentiments contradictoires que sont le besoin d'admirer et concomitant, le besoin de rabaisser ceux que nous avons rendu célèbres, leur rendre leur statut de M. Tout le Monde. Le surnom puisque c'est de lui dont on parle, est gage de sympathie mais il peut aussi se faire sobriquet, avec son escorte de dérision. Marie Treps, linguiste et sémiologue, s'est fait une spécialité de ces explorations du langage, de sa créativité et de ses évolutions, de ce qu'elle appelle les « territoires ludiques de la langue française ». Elle se penche ici sur la petite Fabrique des surnoms du monde politique. Après les sportifs ou les artistes, les politiques en sont à leur tour affublés. Raffarien, Montebourde ou Télé-Rama…Comment et par qui leur arrivent ces petits noms, plus ou moins charmants, et qui pour certains leur colleront durablement à la peau ? Remember le cruel Fraise des Bois attribué à François Hollande…. Leur tradition remonterait à l'époque de la Révolution Française, avec Monsieur et Madame Veto, surnoms de Louis XVI et Marie-Antoinette dans la Carmagnole, chant révolutionnaire de 1792.
Après une introduction historique passant largement en revue les très nombreux surnoms des politiques, M. Treps dresse de brefs portraits de personnalités marquantes : Barre dit Babar, Bayroudoudou ou Tonton. Signe du défaut de parité dans ces hautes fonctions, les portraits de femmes politiques sont plus rares : 6 seulement sur les 26 que compte le livre. A l'honneur : MAM, Eva la Rouge, ou encore Ségolène Royal dite Zapatera ou moins aimablement Bécassine. Une façon de réviser leurs parcours et de constater l'impact de ces surnoms. Les nombreux articles de presse illustrant les propos de l'auteur démontrent que ces surnoms souvent décernés par leurs pairs finissent tout bonnement par les désigner à l'opinion publique, en une sorte de patronyme bis. Il faut dire qu'un politique en collectera plus d'un, le temps de sa carrière, et plus longue la carrière sera-t-elle, plus nombreux les sobriquets seront-ils. Qui se souvient ainsi que Jacques Chirac fut surnommé par ses camarades de Sciences-po l'Hélicoptère pour sa façon excessive de mouliner des bras, mais qu'il devint Facho-Chirac ou Al Capone pour ses méthodes musclées à la mort de Pompidou. Que le Grand Charles (de Gaulle) élu en 58 grâce aux suffrages de la France rurale devint l'Elu du seigle et de la Châtaigne. Mais pourquoi donc un an plus tard devint-il la Grande Zohra ? Parce que les partisans de l'Algérie Française brocardent de ce prénom féminin très répandu celui qui les a lâchés et qu'ils représentent affublé de longs cheveux noirs et de boucles d'oreilles sur les affiches. Au-delà d'un relevé anecdotique quoique réjouissant des sobriquets, ce livre est une occasion instructive et amusante de faire une plongée dans l'histoire de France récente, au travers des (més)aventures des grands serviteurs de l'état.

"François Bayrou, le paysan qui rêvait d'être président" de Pierre Taribo - Editions du Moment, 195 pages - 18, 50 euros.

Il en est sûr : il a un destin. Un destin de président. Mais il est seul à le penser. Le résultat du premier tour le prouve : moins de 10% en 2012 contre 18, 57% en 2007. Pour la 3ème fois, François Bayrou s'était lancé dans la bataille de la présidentielle avec l'inébranlable confiance en lui qu'on lui connaît. Ni les sondages, ni les projections de vote, rien ne semblait susceptible de le démoraliser. Ses références : deux hommes qui ont vécu l'échec, François Mitterrand et Jacques Chirac, rejetés à deux reprises avant d'être enfin élus à la présidence de la République Française. Il campe au centre de l'échiquier politique, sans vrai appareil de parti, seulement une poignée de fidèles et un discours de vérité qui lui vaut l'estime des Français mais pas leurs suffrages. Et ça se confirme : une perte de près de 9 points entre 2007 et 2012. Que fera François Bayrou le 6 mai prochain ? Essayer encore et encore de pousser ses valeurs et son programme, histoire de compter aux législatives à suivre. Car Bayrou est opiniâtre comme le décrit François Taribo dans cette biographie. Tenace comme le sont les Béarnais, et "tignous", têtu, comme on dit dans cette région française au pied des Pyrénées, berceau de la famille. C'est cet ancrage profond, cet arrimage affectif qui lui donnerait sa force et sa conviction. Autodidacte, issu d'une famille d'agriculteurs lettrés et de militaires, le goût de la politique anime à Bordères les réunions dominicales. Son père est maire du village familial. Un de ses oncles, René Journiac, n'est autre que le Monsieur Afrique de l'époque. La rencontre avec le centriste Jean Lecanuet en 76 lui met le pied à l'étrier. Il a 25 ans et devient la plume du Kennedy français. Sa foi, son goût des chevaux, sa conviction européenne mais surtout son incroyable ambition ressortent de ce récit. Sa certitude d'être supérieurement intelligent, ce culte du moi souligné par tous rendent le personnage peu sympathique. On ne peut pourtant douter de la bienveillance de l'auteur. Proche du Modem, Pierre Taribo, biographe et journaliste, avait envisagé de briguer la mairie de Nancy sous les couleurs du Mouvement Démocrate en 2008, avant de renoncer. Outre ce "Paysan qui rêvait d'être président", il a consacré au président du Modem un autre livre : "François Bayrou : la terre, les lettres et l'Élysée" aux Éditions du Moment en 2009. Pour autant, il n'épargne pas cet homme qui a sa sympathie. Comment en effet ne pas pointer son obstination présidentielle, sa foi en lui même d'autant plus absurde que les échecs se multiplient ? Sa tendance Don Quichottesque, sa faculté à s'isoler, à faire cavalier seul. Par orgueil, calcul politique ou probité, Bayrou a réussi à rater tous les rendez-vous qui auraient pu lui donner des billes pour la suite. Aux Européennes de 99 contre Séguin soutenu par Chirac. En 2005, lors du rejet du traité européen quand il demande aux hommes de l l'UDF de ne pas rentrer dans le nouveau gouvernement Chirac, celui où Sarkozy et Villepin feront leurs dents….Il est aidé dans cette voie solitaire par Marielle de Sarnez "qui aurait capturé son cerveau", disent ses détracteurs. Fidèle, organisée, totalement désintéressée au contraire pour Taribo, elle est l'un des moteurs de son ascension depuis la date de leur rencontre il y a 34 ans. Ou de sa chute ? L'un et l'autre veulent faire triompher cette "stratégie de l'ailleurs" qui reste à ce jour une stratégie de l'échec. La France qui rêve d'être gouvernée au centre se méfie des prophètes qui ont raison seuls contre tous….

"Je hais les petites phrases" de Honoré - Edition Les échappés, 111 pages - 19 euros.

Une petite phrase comme ça, hors contexte, toute seule, ça peut paraître ridicule, stupide ou même grotesque. Ou encore insignifiante, à l'échelle d'un quinquennat. Il y en a tant, impossible de les retenir toutes. Mais compilées, elles deviennent accablantes et se retournent cruellement contre ceux qui les ont prononcées. Surtout quand elles deviennent une spécialité de leurs auteurs ! C'est l'exercice auquel s'est livré le dessinateur Honoré, collaborateur à Charlie Hebdo. On ne dit plus "petite phrase" mais Raffarinade, quand on cite Jean-Pierre Raffarin, ancien premier ministre de Jacques Chirac, qui a l'honneur d'écrire à son insu l'avant-propos de ce recueil. Une façon de gagner ses lettres de non-noblesse en quelque sorte. D'autres désormais peuvent prétendre à la même personnalisation de leurs dires : Frédéric Lefebvre, actuel secrétaire d'état au commerce ou Christine Lagarde, ex-ministre de l'économie et directrice du FMI. Problème : comment nommera t-on leurs saillies ? Tout le monde ne peut raffariner….Honoré a fait un travail de brodeuse opiniâtre et caustique : il a mis de côté jour après jour ces petites mèches allumées par les uns ou les autres et le résultat final n'élève pas le niveau de notre classe politique, de droite comme de gauche. Chaque citation est illustrée de cette plume noire au trait épais reconnaissable entre mille, chaque croquis révélant selon le caricaturiste les sous-entendus les plus inavouables. Le tout ponctué d'un commentaire assassin de son cru. "Oui, le PS ressemble à l'ex-RDA" dit Arnaud Montebourg en 2009, "et là, je me retiens, ajoute l'auteur". Parfois, cherchons l'erreur. C'est ainsi que Benoit XVI trouve sa place dans cette compilation, sur le thème du préservatif qui "aggraverait le problème". La palme revient quand même au grand ordonnateur du quinquennat, Nicolas Sarkozy, à qui ce pamphlet en image est implicitement dédié puisque selon l'expression consacrée, sans lui, rien de tout cela n'aurait été possible. 

"Mélenchon, le plébéien" de Lilian Alemagna et Stéphane Alliès - Editions Robert Laffont, 371 pages - 20 euros.

C'est le candidat qui monte, qui monte. Jusqu'à devenir le 3ème homme de cette présidentielle. Se revendiquant d'un socialisme historique, contre la dérive sociale-démocratie (qu'il abhorre) incarnée par Hollande, Jean-Luc Mélenchon fait mouche. Populiste ou plébéien ? Peu importe : il veut rendre sa voix au peuple et ça marche. Qu'on l'adore ou qu'on le déteste, les intentions de vote autour de 15% en font un pivot essentiel du 2ème tour. Faire sa biographie, c'était pour les deux auteurs interroger quarante années de socialisme, l'aile gauche du PS tout particulièrement. De la presse quotidienne du Jura au Sénat où il siégea 20 ans, de Besançon à Massy, voici l'histoire de Jean-Luc Mélenchon, un obscur militant aujourd'hui dans la lumière. Drôle de type, ce Mémé (son premier surnom) qui fit de la politique pour être aimé. Déraciné du Maroc lors des indépendances, exilé du côté d'Yvetot puis à Besançon, il s'ouvre aux lettres classiques avant de se révéler en leader politique dans son petit lycée de province en 68. Après les Lambertistes (le courant trotskyste du Parti Communiste), il rejoint les rangs des mitterrandolâtres. La suite, plus contemporaine, est connue. La défaite de Jospin en 2002, l'explosion du PS en courants, le "Non" à la constitution européenne. Jusqu'à la rupture, consommée en 2008, qui le voit s'affranchir du parti socialiste. Le livre est passionnant, car pari tenu, il fait effectivement le récit des années de refonte du parti à la rose, avec ses erreurs, ses échecs et ses figures. Et ses luttes internes, ce que le parti a su faire mieux que n'importe quel autre. Passées les jeunes années mélenchoniennes, lorsque notre "héros" s'inscrit dans l'univers politique national, on retrouve avec intérêt tous ceux qui ont participé aux années Glorieuses de la Gauche. A sa déconfiture aussi. Du coup, ce portrait d'un individu éclaire la refonte d'un parti dans son ensemble, donnant les clés des grands évènements : la désobéissance des militants aux consignes du parti lors du référendum européen ou la candidature Royal en 2007 que Mélenchon soutient du bout des lèvres et assassine en une phrase : "L'élection était imperdable".  Après c'est la rupture. La gauche de la gauche tape sur la table et fait scission. Pas question de valider l'orientation centre-gauche qui se dessine. L'aventure du troisième homme peut alors commencer avec la reconstruction de la gauche radicale. On doit cette enquête fouillée, racontée avec verve, à deux journalistes politiques, Lilian Alemagna qui suit le parti socialiste pour Libération depuis 2009 et Stéphane Alliés qui traite l'actualité des partis de gauche pour le site Mediapart. Ils ont mis 8 mois pour boucler leur oeuvre. Pas de doute, ça en valait la chandelle.

"La métamorphose de Sarkozy" de Bruno Dive - Editions Jacob-Duvernet, 256 pages - 18, 90 euros.

Il voulait changer de style, ne pas être un président comme les autres.  Nicolas Sarkozy se voulait un président de rupture, un président-manager. Las…C'est son manque de style tout court que retiennent les Français. Du début de son septennat bling-bling avec Cecilia à son remariage avec Carla, l'égérie de la gauche, le président affirme qu'il a changé. Sans convaincre. En cinq ans, Sarkozy dit être devenu moins dur, moins brutal et égoïste. Ce sont surtout les changements de têtes ou de pied que ses administrés retiennent. Exit Rachida Dati ou Rama Yade. Au revoir les ministres d'ouverture ou les amis de toujours. C'est souvent dans son camp que les mots sont les plus cruels. Ainsi les propos de Patrick Devedjian qui lui a succédé au Conseil Général des Hauts-de-Seine avant d'être écarté des gouvernements Fillon : "Sarkozy, c'est quelqu'un qui se lasse de ses jouets". Ou ceux d'un de ses conseillers : "C'est un adolescent attardé, un mec qui boit du Coca et emmène sa nana à Disneyland". C'est l'histoire de cette métamorphose avortée que raconte Bruno Dive, éditorialiste au journal "Sud Ouest" et auteur de plusieurs ouvrages sur la présidence. Après "Le dernier Chirac" et "Air Sarko" (chronique des cinq tours du monde en 280 jours d'un président pressé), le voilà qui s'attelle à l'analyse politique et psychanalytique du chef de l'état. Ses femmes, son père biologique et celui de substitution (Balladur qu'il appelle pour la fête des Pères), son rapport compliqué à la culture (Carla a "cultivé"cet enfant de la TV), son goût assumé de l'argent (son rêve n'est-il pas de devenir comme Blair et Clinton conférencier international de luxe ?), sa taille (voir sa rivalité avec Obama)…. Si l'écriture manque d'un peu d'inspiration, l'information est là, en un portrait documenté, indiscret mais fiable, chaque témoignage étant daté et sourcé. Reste deux questions, auxquelles ni Bruno Dive ni l'électeur n'ont les réponses : peut-on vraiment changer à 57 ans ? Et si oui, Sarkozy obtiendra t-il un deuxième mandat pour nous le prouver ?

Spécial Elections 2012 - Hors-série Alternatives Economiques Poche, 128 pages - 9,50 euros.

Une fois n'est pas coutume, ce n'est pas un livre qui est présenté dans cette chronique mais un hors-série de la presse écrite économique. D'abord parce que les éditions Poche d'Alternative Economique sont toujours de très bonnes synthèses (voir par exemple celle sur la finance, remarquablement claire sur un sujet qui ne l'est pas !) et d'autre part, parce qu'un lecteur qui voudrait faire le tour des enjeux de ce rendez-vous électoral en quelques thèmes incontournables y trouverait son bonheur. Un lecteur sympathisant des idées alternatives de préférence, le coeur du magazine battant résolument pour l'altermondialisme et la critique du libéralisme. Mais chacun, quelles que soient ses convictions, pourra y trouver matière à réflexion : bilan du quinquennat Sarkozy, analyse des programmes des autres candidats, leurs forces et faiblesses mais aussi les propositions de la société civile, syndicats, think tanks ou associations. Faut-il arbitrer entre dette publique et croissance ? Quel modèle de société choisir ? Un modèle basé sur la croissance verte est-il soutenable ? Jeunesse, éducation, justice, peu de thèmes échappent à la moulinette de l'analyse. En 3 pages maximum, le panel d'experts : économistes, chercheurs du CNRS et magistrats proposent un autre regard sur les gimmicks dans l'air du temps et les promesses de campagne. Où l'on apprend que l'immigration, fléau pour l'extrême-droite sur lequel rebondit opportunément la droite classique, est resté stable sur la durée du quinquennat. Que les pays frontaliers accueillent plus du double d'immigrés que la France. Que la réforme des retraites, mise en avant par Nicolas Sarkozy, reste inaboutie malgré l'élévation de l'âge du départ et que son financement n'est pas réglé au-delà de 2018, un horizon certes bien lointain à l'échelle du temps politique ! A quelques jours du 1er tour, le citoyen a plus que jamais besoin d'expertises sortant de l'anathème partisan, dans une campagne commencée précocement avec la primaire socialiste et qui lasse faute de débats de fond. Il est instructif de voir le protectionnisme disséqué par Pierre-Noël Giraud, professeur à l'école des Mines comme une option qui mérite d'être réfléchie au delà du simplisme. Les propositions alternatives étudiées dans ce "Spécial Elections" ne sont pas  des solutions miracles mais des pistes de réflexion que le profane pourra utiliser pour se forger ses convictions et éclairer les programmes des candidats en lice.

"Pour ou contre" de Sophie Lamoureux - Gallimard Jeunesse, 95 pages - Prix : 14, 95 euros.

C'est LE grand livre de l'argumentation à l'usage des ados, collégiens et lycéens. Et pas seulement sur la politique mais également sur les grandes questions de société, que les Français se désolent de ne pas voir plus au centre de la campagne. En neuf chapitres traitant de dossiers brûlants comme l'éthique, l'immigration, la laïcité, ou encore les institutions et l'environnement… comment défendre son opinion en développant un argumentaire solide et en confrontant les point de vue "Pour" et "Contre". Exemples : L'euthanasie est-elle un progrès ou une régression et pourquoi ? Faut-il supprimer le juge d'instruction trop puissant ou indépendant ? La taxation des transactions financières : morale ou démagogique ? Dates-clés, chiffres essentiels et comparaisons avec l'étranger accompagnent les questions traitées. Les quarante débats proposés sont traités sur une double page et illustrés par un fait ou un fait-divers. C'est dense, bourré de références et idéal en cette période pré-électorale qui peine à présenter des points de vue étayés par du factuel. Pour sortir de la dimension émotionnelle de la réflexion, "Pour ou Contre" se présente comme un ouvrage de référence pour les jeunes. Et les moins jeunes, qui y trouveront une profitable matière à réflexion en compagnie de leurs enfants et petits-enfants. 

"La politique à petits pas" - Editions Actes Sud Junior - 75 pages, 12, 50 euros.

Si vous êtes parents, il ne vous a pas échappé que ces futurs citoyens que sont nos enfants sont curieux de la vie politique… Il faut dire qu'il faudrait être sourd et aveugle pour échapper à la communication politique à quelques jours du premier tour ! TV, journaux, radios mais aussi échanges dans les cours de récré : les opinions s'expriment aussi chez les moins de 18 ans, et à la maison, les questions fusent. Pour les aider à voir plus clair, et appuyer les parents qui en auraient besoin dans leurs démarches didactiques, une petite sélection de livres consacrés à ces élections et aux questions de société débattues dans la campagne.

Actes Sud Junior a une riche sélection  sur plusieurs collections dont "A petits pas", consacrées à la citoyenneté. "La politique à petits pas" ou "La République à petits pas" en moins de 100 pages permettent d'expliquer les fondamentaux . Les deux ouvrages très illustrés sont complémentaires.
"La politique à petits pas" - Editions Actes Sud Junior - 75 pages, 12, 50 euros.
Ce fascicule aborde la question sous les angles historique et international. Au commencement, fut le verbe. Avant les Grecs, les hommes ne pensaient pas à la politique, ils obéissaient : à Dieu, au pharaon ou à l'empereur. Dans l'agora, les grecs ont libéré la parole et donc la liberté d'opinion. Ce premier chapitre pose ainsi l'origine de la pensée politique et poursuit sur le contrat social, les différents régimes, la place du religieux dans le politique, l'Europe…
Les bases posées, la deuxième partie aborde directement l'organisation de la vie politique française, avec les partis, leur organisation, les différentes tendances, les élections… C'est clair, présenté de façon ludique avec quelques anecdotes. En France, par exemple, jusqu'à la création du Parti Radical en 1901, on votait pour un homme influent de sa région, un gros propriétaire terrien par exemple. La rubrique "Késaco" permet d'éclaircir un point précis : que veut dire Populiste ? Qu'est-ce qu'une idéologie ? Un amendement ? En quatre pages, le Quizz de fin permet de consolider les connaissances en révisant les grands thèmes développés. 

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