La crise, nous dit-on, est universelle. Mais les voix que l'on donne à entendre s'expriment pour la plupart des Etats-Unis ou d'Europe occidentale. Un rapide tour du monde, certes subjectif, permettrait cependant de mesurer les effets contrastés de l'écroulement de Wall Street, et un certain raidissement nationaliste un peu partout. Commençons par le Canada, où la lecture du Devoir, nous apprend que le pire est à venir, non plus sur la planète financière quelque peu virtuelle, mais sur l'économie réelle. Malgré un système bancaire beaucoup plus solide qu'aux États-Unis, lequotidien juge que « la distorsion entre l'économie dite réelle et la crise financière (…) ne pourra persister ».
Pendant que l'Amérique propose que l'Europe se concerte, l'Afrique reste mystérieusement silencieuse. Après la crise économique qu'ont connue les pays de la zone franc au lendemain de la dévaluation du franc cfa, après la récente crise alimentaire dont ne se sont pas toujours remises les populations, les économies du continent résisteront-elles à cette crise financière ? Rien n'est moins sûr...
« La crise financière ne fait pas encore sentir ses effets sur l'économie réelle »
Par Gérard Bérubé Édition du mercredi 01 octobre 2008
La vigueur de l'activité économique au Canada a surpris en juillet. La hausse observée du PIB, la plus importante depuis mars 2004, ne reflète toutefois pas cette crise financière qui a gagné en intensité depuis quelques semaines. D'ailleurs, pour Jeff Rubin, économiste en chef de Marchés mondiaux CIBC, le fait que cette crise ne se soit pas encore répercutée sur l'économie dite réelle explique l'opposition du Congrès américain au plan de sauvetage de 700 milliards. Or les effets de ces turbulences sauront rattraper l'économie canadienne, et l'Américain moyen, préviennent les analystes.
Par Jean-Claude Péclet Edition du 30 septembre 2008
Parmi les dominos bancaires tombés ce week-end, l'allemand Hypo Real Estate n'est pas le plus gros, mais il a valeur de symbole: l'Etat et un consortium bancaire ont dû reprendre ses engagements douteux. Qu'en pense Peer Steinbrück, ci-devant ministre des Finances allemand qui s'estimait peu concerné par la crise «américaine» du crédit et jouait les moralisateurs il y a quelques jours encore?
Le monde de la finance subit depuis quelques semaines des secousses dangereuses. La surprenante débâcle de plusieurs banques américaines a ébranlé la confiance des places internationales entraînant une grande instabilité des cours. L'onde de choc a déjà plombé les bourses d'Asie, d'Europe et même de certains pays du Golfe. Et lundi, les tensions ont redoublé avec le rejet du plan du secrétaire américain au Trésor, Henry Paulson, qui visait à débloquer 700 milliards de dollars pour racheter les actifs contaminés par la crise de l'immobilier. Des analystes et opérateurs locaux expriment leurs inquiétudes et leurs attentes.
Dans leurs rêves les plus fous, ils n'auraient jamais cru cela possible. George Bush, leur antihéros américain, tentant d'injecter des centaines de milliards d'argent public... Les gouvernements européens nationalisant des institutions bancaires... Nicolas Sarkozy, qu'ils croyaient acquis aux apôtres du laisser-faire, assénant : "L'idée que les marchés ont toujours raison est une idée folle." Comme cela sonne doux à leurs oreilles ! Si l'économie mondiale n'était en crise, ils en bondiraient de joie, les keynésiens.
Les « Subprime » sont des prêts immobiliers qui ont été accordés à des foyers à risque, en situation financière précaire. Ces prêts ont permis à toute une catégorie d'Américains d'accéder à la propriété.