Cannes 2011 : Polisse
"Polisse" de Maïwenn

Informations sur le film
Un film de Maïwenn
Avec Karin Viard, Joey Starr, Marina Foïs, Nicolas Duvauchelle, Karole Rocher, Emmanuelle Bercot, Frédéric Pierrot, Arnaud Henriet, Naidra Ayadi, Jérémie Elkaïm, et Maïwenn
Pays : France
Genre : Drame psychologique
Durée : 2h07 mn
Présenté en Sélection Officielle au Festival de Cannes 2011
Notre critique
« Polisse », de Waïwenn : notre véritable coup de cœur !
Encore une fois, Maïwenn a frappé fort avec ce film tourné façon reportage. Les personnages, interprétés par une brochette d’acteurs tous plus justes les uns que les autres - Karine Viard, Marina Foïs, Joey Starr, Nicolas Duvauchel et j’en passe – nous laissent sans voix.
Déjà avec « le Bal des actrices », la réalisatrice avait trouvé un ton, une façon de tourner et de diriger ses acteurs très libre, loin des conventions. On sent chez elle une volonté de frapper juste, de toucher le réel du doigt, de cerner les émotions de ses personnages, de retranscrire sans artifice la réalité d’une situation. Et c’est ce petit supplément d’âme qui petit à petit construit la « touche » Maïwenn.
Dans « Polisse », elle filme le quotidien d’une brigade des mœurs, la BPM (Brigade de protection des mineurs) comme ils disent. Préparez-vous, les sujets abordés sont durs. Dès la première scène, après avoir écouté, naïfs, une comptine enfantine, on est plongé dans l’ambiance en assistant à l’audition d’un grand-père pédophile en présence de sa petite-fille…
Les affaires sont inspirées de faits réels, les propos sont crus, le quotidien grave. On y croit.
A côté de ça, la vie continue, elle doit continuer. Maïwenn montre alors les pauses déjeuner, les discussions ordinaires entre collègues, les pics, les fous rire incongrus, irrépressibles, à des moments inopportuns…
Dans ces moments humains, tout simplement, on se laisse emporter et l'on ne peut s’empêcher de rire avec eux et de pleurer aussi, quand l’horreur est insoutenable.
Humanité, c’est le mot phare de ce film. Maïwenn ne juge pas ses personnages, elle les comprend. Elle les reconnaît. Elle les materne. Et ça fonctionne. Un vrai coup de cœur !
Clothilde Grandpeix



















