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La route des larmes des Amérindiennes du Canada

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La route des larmes des Amérindiennes du Canada
Les femmes autochtones du Canada sont-elles une sous-catégorie au sein de la population canadienne ? Une sorte de quantité négligeable qu’il ne faut pas protéger et dont il est inutile de s’inquiéter ? Après un rapport de l’organisation Human Rights Watch, rendu publique le 13 février 2013, c'est au tour de la Gendarmerie royale du Canada de reconnaître avoir découvert 1186 cas de filles ou de femmes autochtones assassinées ou disparues au Canada au cours des 30 dernières années, ce qui constitue la plus grande estimation à ce jour. Selon ce document publié le 1er mai 2014, sur les 1186 victimes, 1126 ont été assassinées et 160 sont portées disparues. Cette année encore, le 23 février 2014, des centaines de personnes ont marché à Vancouver pour ne pas oublier ces femmes tuées ou portées disparues.

Aveux et chape de plomb

06.05.2014 - Durée : 2'Reportage de nos partenaires Radio CanadaMalgré les chiffres effrayants de ces victimes invisibles, malgré les appels citoyens, une enquête n'a toujours pas été diligentée pour faire la lumière sur ces assassinats et ces disparition, au grand dam des associations autochtones et de leurs soutiens, comme si ces personnes ne méritaient pas l'attention des pouvoirs publiques. 
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En février 2013, déjà, le rapport incriminant de Human Rights Watch

20.02.2013Par Catherine FrançoisLe rapport de 89 pages d’HRW a fait grand bruit au Canada parce qu’il incrimine cette grande institution qu’est la Gendarmerie royale du Canada, la force policière qui couvre l’immense territoire canadien. Selon Human Rights Watch, des policiers de la GRC affectés dans le nord de la Colombie-Britannique, la province qui borde l’Océan Pacifique dans l’ouest du pays, auraient fait preuve de violence, mauvais traitement et même d’agression sexuelle sur des femmes autochtones de la région.

L’organisme a recueilli l’été dernier les témoignages de 50  femmes et jeunes filles vivant dans une dizaines de communautés autochtones qui bordent une route baptisée la « route des larmes » parce que c’est autour de ce ruban d’asphalte que des dizaines de femmes autochtones auraient disparu au cours des dernières années. Les femmes rencontrées par l’organisme de défense des droits de la personne allèguent avoir été victimes de violence, de mauvais traitements et même de viol dans un cas par des policiers de la GRC rencontrés alors qu’elles voulaient porter plainte ou trouver de la protection.

La fameuse route des larmes en Colombie britannique
HRW dit que ces femmes interrogées étaient littéralement terrorisées et qu’elles ont accepté de parler à condition que leurs témoignages restent anonymes. HRW réclame la mise en place d’une commission d’enquête nationale pour faire la lumière sur ces allégations, appuyé en cela par l’Association des femmes autochtones du Canada et les partis de l’opposition canadienne. Les dirigeants de la GRC promettent de leur côté de mener une enquête mais plusieurs ici se demandent comment cette enquête pourrait être vraiment indépendante dans les circonstances. Quant au premier ministre canadien Stephen Harper, interpelé sur le dossier, il a demandé à HRW de partager les informations recueillies dans ces témoignages – l’organisme n’a pas donné suite jusqu’à maintenant - et il a désigné un organisme afin de recueillir les plaintes du public contre la GRC de faire enquête.

Des disparitions et des meurtres non élucidés par centaines

Ces révélations troublantes révélées par le rapport d’Human Rights Watch s’ajoutent à ces quelque 600 disparitions et meurtres de femmes autochtones qui se sont produits depuis 30 ans au Canada et restent des mystères entiers – selon plusieurs organismes, il faudrait parler de milliers de cas en fait car beaucoup de ces disparitions ne sont même pas signalées.
Affiche de mise en garde à l'attention des femmes, sur la route des larmes
La majorité de ces femmes vivaient dans l’Ouest canadien mais aussi au Québec et en Ontario. Beaucoup estiment que les corps policiers n’ont pas vraiment mené d’enquêtes sur ces disparitions parce qu’il s’agit de femmes autochtones et on dénonce l’indifférence générale dans laquelle ces femmes disparaissent ou se font assassiner. Amnesty international a déjà publié deux rapports sur ce dossier, en 2004 et en 2009.

Amnesty s’inquiète notamment du fait que ces femmes amérindiennes sont souvent la proie de prédateurs sexuels qui savent que leur disparition ne soulèvera pas grande poussière et qu’ils pourront agir quasiment en toute impunité. Une porte laissée grande ouverte, en quelque sorte, à des abus de toutes sortes… Plusieurs organismes réclament donc la tenue d’une commission d’enquête nationale pour faire la lumière sur ces meurtres et ces disparitions.

Une situation intolérable et inacceptable

Une demande qui est restée lettre morte pour l’instant du côté des  autorités canadiennes. Le rapport d’HRW qui vient ajouter une larme de plus dans cet océan de drames sera-t-il justement la goutte qui fera déborder le vase ? Le gouvernement canadien peut-il traiter ainsi ces femmes autochtones comme si elles étaient des citoyennes de seconde zone ?
La violence (familiale en particulier) contre les femmes dans les réserves amérindiennes est un fait connu et quand ces femmes ont justement le courage d’appeler à l’aide les autorités, n’est-il pas du devoir des autorités d’y répondre comme pour n’importe qui d’autre ? Ces femmes autochtones qui disent avoir subi ces mauvais traitements de la part de policiers de la GRC à qui elles réclamaient justement de l’aide, vers qui peuvent-elles maintenant se tourner pour obtenir une protection ? Sont-elles condamnées à subir sans fin violence, mauvais traitements viols et autres agressions pour le simple fait qu’elles sont autochtones ? Et à quand la tenue d’une vaste enquête nationale sur ces meurtres et ces disparitions ? Autant de questions que beaucoup se posent avec inquiétude ici, au Canada…
Zoom:
Blessures d'une jeune fille de 17 ans, menottée par un membre de la GRC en Colombie britannique en 2011 - Photo extraite du rapport, © 2012 Meghan Road/Human Rights Watch

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