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Meriam, tunisienne, musulmane et FEMEN

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Meriam, tunisienne, musulmane et FEMEN
Depuis leurs dernières actions, à Notre Dame de Paris ou au Vatican, et leurs récents propos, en particulier contre l'islam, les Femen, font polémique. Ces féministes, ukrainiennes à l'origine, qui agissent la poitrine dénudée sont accusées de racisme ou d'être trop blasphématoires. Pourtant, Meriam vient de les rejoindre. Cette jeune femme, tunisienne et musulmane est révoltée par les injustices que les femmes subissent en Tunisie. Elle a donc décidé d’agir en rejoignant ce nouveau mouvement féministe, en France où elle vit depuis cinq ans, mariée avec un Français.

Seulement entre la culture européenne des Femen et la culture arabe, les différences de mentalité ne manquent pas. En Tunisie même, pas facile de militer dans ce type de mouvement : le 21 mars 2013, des pirates informatiques de la mouvance islamiste prenaient le contrôle de l'une des pages Facebook Femen-Tunisie après la diffusion sur internet de photos de deux jeunes Tunisiennes seins nus. Symptôme de ce climat de défiance, le silence soudain de Amina Tyler, 19 ans, première en Tunisie à militer à la façon des Femen, en posant seins nus sur des photos, a suscité une vague de rumeurs et de réactions. Son absence semblait inquiétante, après les menaces de mort qu'elle avait reçues. Mais la jeune femme se tient juste en retrait. Meriam comme les autres s'est laissée emportée par cette inquiétude, même si elle ne veut se laisser rattraper ni par la peur, ni par les critiques, pourtant parfois stimulantes. Rencontre avec une nouvelle Femen musulmane.
Zoom:
Après l'entrainement intense qu'elle vient de vivre, Meriam pose devant le logo des Femen et marque ainsi son engagement.
24.03.2013Par Soraya SoussiComme toute nouvelle Femen, Meriam doit assister aux entrainements. Le premier jour , elle a des difficultés à trouver le « Lavoir Moderne », centre culturel situé au nord de Paris, devenu le quartier général des Femen en France. Le quartier est animé. Les cultures, arabe et africaine, se croisent. C’est dans une rue plus calme que Meriam trouve enfin le Q.G. des Femen. Une journaliste, présente pour filmer l’entrainement, lui ouvre la porte. Dans le hall du « Lavoir », on entend déjà les cris sourds de ses futures compagnes d’armes. Apparemment, Meriam est en retard à son premier « cours ».

Meriam est une belle femme, et timide. Elle paraît impressionnée par ces nouvelles guerrières du féminisme. L’entrainement est donné en anglais par l’Ukrainienne Inna Chevtchenko, leader des Femen en France. Inna a approuvé sa présidente Anna Hutsol, lorsqu'elle disait que la société ukrainienne avait été incapable « d’éradiquer la mentalité arabe envers les femmes ». Ce qui leur avait valu d'être qualifiées d'islamophobes.

La jeune Tunisienne ne maîtrise pas parfaitement le français, ni l’anglais. Encore moins l’ukrainien. Difficile de crier certains slogans en anglais alors qu’on est en train de courir en cercle. Mais, Meriam ne se décourage pas pour autant durant les exercices. De la volonté, elle en a. Elle est d’ailleurs profondément animée par un désir de dénonciation et de changement dans son pays d’origine.

"J'ai vécu trop de harcèlements dans la rue en Tunisie"

Durée : 41"
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Meriam s'entretient avec Inna Chevschenko, leader ukrainienne des Femen à Paris et une traductrice Femen
C’est après avoir quitté la Tunisie, voilà cinq ans pour suivre son époux français, que Meriam entend parler des Femen. Elle commence à s’intéresser à ces jeunes femmes qui bravent tous les dangers pour dénoncer les atteintes aux libertés des femmes. L’idée de manifester les seins nus, d’utiliser son corps comme arme, lui plaît. Les Femen choquent, marquent les esprits. A voir leur entrainement, c’est une véritable armée qui se prépare au combat. Justement ! Si les Femen scandalisent une partie de la société occidentale, il y a des risques qu’elles ne soient pas accueillies à bras ouverts dans les pays arabes. La famille de Meriam ne sait pas encore qu’elle s’est engagée auprès des Femen : « Je n’ai pas peur de les décevoir mais je ne veux pas qu’ils soient embêtés par les voisins, l’entourage… Ce serait une catastrophe s’ils savaient ! »

En mars 2012, l’ « opération anti-burqa » au pied de la Tour Eiffel a été l’objet de vives critiques. Le dictat des Femen imposé aux femmes musulmanes en lançant le slogan « Plutôt à poil qu’en burqa » pourrait, effectivement, attiser plus de violence que d’adhésion au message si l’action était répétée dans un pays arabe.

"Il ne faut pas laisser la peur s'installer"

Durée : 35"
Face à des forces extrémistes, est-il cohérent de faire appel à un autre extrémisme (le "sextrémisme" que défendent les Femen) ? L’échec n’est-il pas joué d’avance ? Comment défendre concrètement les libertés des femmes, partout dans le monde, quand les cultures sont différentes, sans leur imposer idéologie et schémas européens ? Meriam est radicale : "il faudrait aller plus loin que le 'sextrémisme'. Je ne sais pas vraiment comment mais frapper encore plus fort pour bousculer ces mentalités figées !"


Comment faire passer un message pacifiste quand on se heurte violemment aux autres cultures, sans possibilité de dialogue ? Un mouvement extrémiste, qu’elle que soit  son projet, ne va-t-il pas à l’encontre de la démocratie ? Autant de questions que pose ce nouveau mouvement féministe. Et auxquelles répond Meriam, sans exprimer aucun doute sur sa démarche : "les salafistes extrémistes) sont trop dangereux en Tunisie. Il n'y a de toute façon pas moyen de discuter avec les extrémistes! Mais je pense aussi que même ceux qui se disent "musulmans modérés" sont juste hypocrites. Ils se disent ouverts d'esprit mais ils auraient la même réaction que les extrémistes devant les Femen si elles venaient en Tunisie, seins nus. Ils les prendraient pour des prostituées!"

Meriam ne veut pas se laisser rattraper par la peur : " Je connais les risques d'être une Femen ! Je savais qu'en m'engageant, j'aurai des problèmes ! Pour l'instant, je ne reçois que des insultes et des menaces... Vous savez ça ne change pas vraiment de celles qu'on me lançait lorsque j'étais à Kasserine ou à Monastir." Et elle rêve à de nouveaux projets : créer, d'ici septembre 2013, une association pour donner des cours de danse orientale.
La jeune Tunisienne rejoint les Femen lors de la soirée projection du documentaire "Nos seins, nos armes". Elle est entourée de l'une des fondatrices ukrainiennes des Femen et de Carloline Fourest, journaliste française et réalisatrice du documentaire "Non seins, nos armes".

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