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Les chroniques de Florian Giraud

Les chroniques de Florian Giraud

18eme Etape : Bagnères de Luchon - Peyragudes : Que le meilleur ne gagne pas.

Le fan de Grande Boucle brûle toujours d'impatience à l'approche des étapes de montagne car d'expérience, il sait que le Tour se joue à ce moment-là, mise à part l'année dernière, où Evans avait fait la différence dans le dernier contre la montre ou encore au début des années 90 quand Indurain assommait la course via cette même épreuve. Depuis le premier chrono de Besançon, tout est figé en tête de course, à l'exception de Cadel Evans qui n'a pu suivre la cadence et qui se retrouve à plus de 8 minutes de Wiggins avant la dernière étape de montagne. Nibali et les autres se voient donc offrir une ultime chance d'attaquer Wiggins. Pour cela on leur propose 5 cols dont 3 grosses difficultés : le col de Manté, le Port de Balés et de nouveau le col de Peyresourde mais par l'autre versant afin de rallier Peyragudes.

De nombreux coureurs s'extirpent d'entrée du peloton   

Un grand classique Les leaders ont pris l'habitude de laisser partir des hommes qui ne peuvent pas les inquiéter au classement et qui ont une forte envie de se montrer. Ça leur permet d'avoir au moins leur quart d'heure de gloire mais aussi, à leur sponsor, d'avoir la meilleure des visibilités. Une vingtaine de coureurs avec parmi eux l'espagnol Alejandro Valverde (Team Movistar). Ce groupe passe le col de Manté avec quelques secondes d'avance et Nibali choisit d'attaquer dans la descente. Faire cela si loin de l'arrivée est risqué, mais sa place sur le podium étant quasi assurée, il n'a plus rien à perdre. C'est tout à son honneur sauf que l'Espagnol lui dit de couper son effort et il s'exécute. C'est à n'y rien comprendre. Nibali attend donc le Groupe Maillot Jaune. Suite à cet épisode, la course devient ennuyeuse puis grotesque. Retour sur les faits marquants du jour avant de laisser place à la controverse.Voeckler assure son maillot à poisVu ses efforts exceptionnels consentis la veille, il ne fallait pas s'attendre à des miracles de la part de Thomas Voeckler. Néanmoins, il se devait de marquer à la culotte Kessiakoff pour conserver sa tunique à pois rouge. Il faut savoir que le classement du meilleur grimpeur s'établit en fonction d'un système de points. Mieux vous êtes classés au sommet et plus vous marquez de points. La quantité de points marqués est croissante avec la difficulté des cols. L'équation est donc simple. Si Francis (surnom de Voeckler) passe tous les cols de la journée devant Kessaikoff, il garde son maillot jusqu'à Paris. C'est chose faite puisque Kessiakoff est maîtrisé au sprint par le Français à chacun des sommets du jour. 

Une jeunesse française montante et des papys qui font de la résistance 

Hier j'ai salué l'étonnante performance de Jens Voigt, le doyen du peloton. Il a également été question de la chute de Christopher Horner qui termine 9ème de l'étape du jour à un peu plus d'une minute de la tête. Il faut savoir que l'Américain est le deuxième homme le plus âgé de la course (41 ans en septembre). Dans le même temps que Horner, on aperçoit l'Allemand Andréas Kloden, ex-coéquipier de Jan Ullrich. Pendant que les papys tentent de brillamment survivre, la jeunesse montre ses dents et Peter Sagan en est le chef de file. En France on tient aussi notre relève avec Thibault Pinot (22 ans) qui achève l'étape à la quatrième place juste devant Pierre Rolland. Vu ses qualités, il se présente comme un futur vainqueur potentiel du Tour. Mais comme l'a déclaré son directeur sportif Marc Madiot hier, pour cela il faut avoir les bonnes jambes, tomber sur le parcours idéal et disposer de la bonne équipe au bon moment. 

La bonne équipe au bon moment... ça dépend pour qui 

Pendant que Valverde parvient à résister au retour des meilleurs pour aller franchir la ligne en solitaire, le duo Wiggins - Froome a une nouvelle fois fait beaucoup parler. Il s'est montré autoritaire pour épuiser Nibali dans le dernier col et prendre encore une petite vingtaine de secondes d'avance sur lui. Une fois ce danger écarté, Froome en remet une couche et Wiggins est dans l'incapacité de sauter dans sa roue. Son équipier se doit donc de l'attendre par deux fois. Suite à une scène similaire dans le col de La Toussuire nous avons douté de quelque chose qui nous a donc été confirmé hier : Froome est plus fort que Wiggins et aurait dû remporter ce Tour de France. Malheureusement l'esprit d'équipe, et surtout les consignes des directeurs sportifs, prennent le pas sur l'esprit du sport qui veut, entre autres, que le meilleur gagne. Wiggins a donc disposé de la meilleure équipe et de la position de leader au bon moment. Peut-on être certain que cela arrive un jour à Froome ? Je l'espère mais rien ne nous le garantit. 

 Florian Giraud

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Florian Giraud est un trentenaire passionné de sport et qui voue, comme tout bon "sudiste", un culte et une passion à la sieste mais aussi au Tour de France ! 
Il a profité de la première semaine et des étapes de plaine, bercé par l'hélico et Jean-Paul Ollivier, pour se reposer et revenir en forme pour commenter les étapes de montagne qui vont sans doute dévoiler le nom du vainqueur de l'épreuve...
 
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