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Dimanche 10 Octobre 2010
Dimanche 10 Octobre 2010
Chine : condamnation du prix nobel de la paix

La semaine de Dilem
Les intervenants de la semaine

Christian Rioux
Québec
Christian Rioux tient une chronique au Devoir avec pour terrain d’aventure l’Europe et la francophonie.Il est l'auteur d'un recueil de poèmes, Les Années Temporaires, Ecrits des Sorges, Québec, 2002 et d'un essai, Voyage à l'intérieur des petites nations, Boréal, Montréal, 2000.

Thomas Schreiber
Hongrie
Européen infatigable tout autant hongrois que français. Il fut pendant longtemps éditorialiste à Radio France Internationale et publie toujours ses points de vue dans le Monde diplomatique. Et désormais aussi dans l'édition hongroise que le mensuel vient de lancer, disponible sur le site www.monde-diplomatique.hu5Thomas Schreiber :
"Les actions de la France à l'Est depuis 1920" - ed L'Harmattan ; "Le secrétaire général" - ed Belfond ; "Enver Hodja, le sultan rouge" - ed Lattès ; "La Hongrie ou la transition pacifique" - ed Le Monde/La Découverte.

Ana Navarro Pedro
Portugal
À Paris, Ana Navarro Pedro a travaillé comme envoyée spéciale permanente de Publico, le grand quotidien portugais, pendant 15 ans. Elle travaillait auparavant pour l'hebdomadaire, Expresso.Elle a désormais rejoint la rédaction de l'hebdomadaire Visao, un magazine généraliste - sorte de Newsweek portugais - qui est le deuxième plus lu du pays.
Elle y publie chroniques et reportages sur la société française ou la vie politique du pays.

Zyad Limam
Tunisie
Tunisien d'origine, Zyad Limam est directeur d'Afrique Magazine, mensuel appartenant au groupe Jeune Afrique.À ses heures libres, Zyad Limam tient chroniques et billets d'humeur sur son blog "changement d'air" dont l'adresse estwww.afriquemagazine.com . Vivement recommandé !

Ruolin Zheng
Tunisie
Ruolin Zheng est le correspondant permanent à Paris du quotidien chinois Wen Hui Bao, le plus ancien journal du pays et le plus gros quotidien national basé à Shangaï. Il y traite les sujets qui intéresse les lecteurs chinois, notamment la vie politique française. Il est aussi l'un des très rares journalistes chinois à proposer à ses lecteurs une chronique personnelle intitulée "voir le monde de Paris" dans laquelle il commente des évènements de l'actualité internationale.Arrivé en France en 1990, à la faveur d'une bourse d'études pour perfectionner sa connaissance de la langue française, Ruolin Zheng est entré dans le journal en 1987. Il était auparavant journaliste au Journal de la Jeunesse. Il est l'auteur de deux ouvrages, une biographie d'un chanteur chinois qui est devenu un héros national et un livre sur l'Unesco.
Il a collaboré au magazine panafricain Jeune Afrique. Ruolin Zheng a obtenu différents prix nationaux de la presse chinoise.
L'édito de Julien Brunn

Donc, question rituelle : que vaut, que peut un Nobel de la paix ? Eh bien, ça dépend !!!
L’année dernière, il couronnait un Président en exercice mais il n’était qu’un vœu pieux. Cette année, en distinguant un dissident emprisonné, le Nobel de la paix peut devenir au contraire un redoutable exocet virtuel envoyé sur la cité interdite, ou, pour utiliser une image moins guerrière, un efficace accélérateur de particules démocratiques.
Liu Xiaobo est en particulier l’initiateur de la « charte 08 », sur le modèle de la « charte 77 » en ex Tchécoslovaquie communiste. Le principe en était à la fois simple et mortel pour le pouvoir : qu’il respecte à la lettre, demandait-elle, sa propre constitution. Elle mena son initiateur de l’époque, Vaclav Havel, de la prison à la… Présidence, justement. Or la société chinoise est déjà travaillée et agitée, du bas jusqu’en haut — Premier ministre Wen Ji Bao compris — par la question de la démocratie, donc des droits de l’homme, donc, de la paix.
Mais Pékin, ou plutôt la partie du pouvoir qui y a le pouvoir, prétend au contraire que toute précipitation vers la démocratie pourrait conduire au chaos, donc à l’inverse de la paix. On s’enorgueillit, à Pékin, d’avoir, sans changement de régime, en tout cas sans changement de Parti unique au pouvoir, réussi presque pacifiquement la mue économique de la Chine. Au point d’être en mesure de voler au secours, pas plus tard que la semaine dernière, de la Grèce.
Mais, c’est justement cette prospérité nouvelle qui est le ferment de l’accélération des particules démocratiques que stimule, donc, ce Nobel. Vrai casse-tête chinois.
L’année dernière, il couronnait un Président en exercice mais il n’était qu’un vœu pieux. Cette année, en distinguant un dissident emprisonné, le Nobel de la paix peut devenir au contraire un redoutable exocet virtuel envoyé sur la cité interdite, ou, pour utiliser une image moins guerrière, un efficace accélérateur de particules démocratiques.
Liu Xiaobo est en particulier l’initiateur de la « charte 08 », sur le modèle de la « charte 77 » en ex Tchécoslovaquie communiste. Le principe en était à la fois simple et mortel pour le pouvoir : qu’il respecte à la lettre, demandait-elle, sa propre constitution. Elle mena son initiateur de l’époque, Vaclav Havel, de la prison à la… Présidence, justement. Or la société chinoise est déjà travaillée et agitée, du bas jusqu’en haut — Premier ministre Wen Ji Bao compris — par la question de la démocratie, donc des droits de l’homme, donc, de la paix.
Mais Pékin, ou plutôt la partie du pouvoir qui y a le pouvoir, prétend au contraire que toute précipitation vers la démocratie pourrait conduire au chaos, donc à l’inverse de la paix. On s’enorgueillit, à Pékin, d’avoir, sans changement de régime, en tout cas sans changement de Parti unique au pouvoir, réussi presque pacifiquement la mue économique de la Chine. Au point d’être en mesure de voler au secours, pas plus tard que la semaine dernière, de la Grèce.
Mais, c’est justement cette prospérité nouvelle qui est le ferment de l’accélération des particules démocratiques que stimule, donc, ce Nobel. Vrai casse-tête chinois.
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