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Langue morte. Bossuet

Littérature

Langue morte. Bossuet

Jean-Michel Delacomptée

Mais qui était donc Bossuet ? « Théologien éloquent aux préjugés rigides », le célèbre évêque de Meaux prônait au xviie siècle une rigueur morale dans la droite ligne du très sévère concile de Trente.

Mais, « tempéré sous les dogmes » et « sucré parmi les brutes », comme le dépeint Jean-Michel Delacomptée, Bossuet pouvait aussi se montrer conciliant. Avec Leibniz, mandaté par la cour de Hanovre, il chercha ainsi à dégager un accord visant à réunir les Églises catholique et réformée. Tout en niant, dans le même temps, les persécutions religieuses frappant les protestants, persécutions dont il n’a pu ignorer la violence au sein même de son diocèse. Horrifié par la guerre, ce fils de magistrat ne s’élevait pas contre la torture. Et lui qui prêchait oubli de soi et humilité n’a pas non plus oublié d’ordonner le jour de sa mort pas moins de cinq cents messes en sa mémoire. Bossuet laisse songeur, mais son éloquence puissante et sans artifices inutiles séduit le philosophe. « Langue morte » : l’auteur ne légitime pas les combats de Bossuet, d’un autre âge, mais il admire la « profusion verbale » déployée à leur service, « sans fards ni complaisances ».

David Kleczewski

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