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Le blog planétaire - Les Européennes vues d'ailleurs

Le blog planétaire - Les Européennes vues d'ailleurs

Même Europe, mais plus bleue

Même Europe, mais plus bleue
Par Pavel Spiridonov - 08.06.09 - 17h14GMT - De Saint Petersbourg (Russie)
Tous les médias russes, électroniques et traditionnels confondues, parlent des résultats des élections européennes. Et tout le monde remarque deux moments, l'activité de l'électorat des partis de la droite et la radicalisation du parlement européen suite à ces élections.

« Kommersant » cite les propos du président du groupe des socialistes au parlement Martin Schulz, il a dit que la soirée a été particulièrement difficile et triste.

« Novaja Gazeta » parle de l'accès des partis de la droite mais surtout de l'extrême-droite au parlement européen. Notamment au Pays-Bas et au Grand Bretagne où le parti nationaliste qui prône la restauration d'un « visage blanc de la population britannique » a obtenue deux places à Strasbourg.

Konstantin Kosachev dans le magazine en ligne « Expert 2.0 » parle du fait que les conservateurs du Parti populaire européen garderont la majorité dans le parlement, mais devrons désormais travailler côte à côte avec les partis nationalistes et de l'extrême-droite.

Beaucoup de commentateurs ont un point en commun ils disent que les Européens, dans ce moment de crise économique, ont voté pour les partis qui soutiennent la thèse que chaque pays devrait s'occuper de ses problèmes séparément du reste de la communauté européenne et multiplier les mesures de protectionnisme pour sauver la production et les empois locaux. Et si la crise ne s'arrête pas bientôt, aux prochaines élections nous pourrions voir la suite de cette radicalisation du parlement européen.

En Grèce, tout le monde est gagnant

En Grèce, tout le monde est gagnant
par Alexia Kefalas - 08.06.09 - 10h30GMT - D'Athènes (Grèce)
Il y a 3 gagnants en Grèce :

L’abstention, comme dans de nombreux pays européens, qui affiche un record historique (près de 49%). Les Grecs ont préféré la plage (il fait 35 degrés et c’est le week-end de la Pentecôte) aux urnes mais sont surtout lassés des deux grands partis et familles politiques, qui dirigent le pays depuis près de 50ans.

Le PASOK. Le parti socialiste arrive en tête selon les résultats partiels avec près de 36,2% des voix contre 34% pour le parti conservateur au pouvoir « la nouvelle Démocratie ». Le gouvernement, englué dans de nombreux scandales est en perte de vitesse. Depuis les émeutes de décembre, il y a tout juste 6 mois aujourd’hui, rien n’a été fait dans le pays. Les jeunes, les classes populaires n’ont pas été écoutées par le Premier Ministre. Une aubaine pour le leader des socialistes, Georges Papandréou. Il a fait de ces élections européennes un exemple national et demande des élections anticipées pour octobre prochain (au lieu de mars).

L’extrême droite avec le LAOS, le parti de « l’alerte orthodoxe populaire » qui arrive en quatrième position et profitera de 2 sièges au Parlement. Les problèmes d’immigration en Grèce, le manque de politique pour y faire face et les récents violents affrontements entre immigrés musulmans et policiers dans le centre d’Athènes, pourraient expliquer cette poussée de l’extrême droite.

Revue de presse brésilienne : victoire des conservateurs et abstention record

Revue de presse brésilienne : victoire des conservateurs et abstention record
Par Thiago Aguiar de Moraes - 08.06.09 - 09h00GMT - Du Brésil
Au Brésil, les nouvelles de dimanche sur les élections législatives de l'Union Européenne parlent de la victoire des conservateurs du Parti Populaire Européen. L'une d'entre elles, qui a fait la Une dans le cahier international du journal Folha de Sao Paulo, a commenté le grand nombre d'immigrants dans le Parlement Européen, même si dans le cas de la France le montant est considéré faible. D'autres textes évaluèrent une éventuelle ascension au pouvoir des partis d'extrême droite et le haut taux d'abstention, tous deux comme conséquences de l'incrédulité dans la capacité des politiciens de contrôler la crise financière en Europe.

Eva Joly, une Norvégienne au Parlement européen

Eva Joly, une Norvégienne au Parlement européen
Par Calixte Tayoro - 08.06.09 - 08h49GMT - D'Oslo (Norvège)
A la télévision et sur les sites web des quotidiens nationaux, deux résultats retiennent l'attention ici en Norvège. En premier lieu, l'entrée au Parlement européen d'Eva Joly sur la liste Europe Ecologie. Si cette victoire était attendue, elle n'en constitue pas moins une vraie nouveauté.

Eva Joly devient en effet la première Norvégienne à siéger à Strasbourg et Bruxelles. Mais c'est évidemment au titre de la France, dont le scrutin européen a été du coup bien suivi par les médias. Le fait qu'elle soit élue sur une liste écologique ne gâche rien dans ce pays où les questions environnementales sont depuis longtemps au coeur du débat sociétal. Par ailleurs, son combat de toujours contre la corruption en Françafrique a fait l'objet hier d'un long article de trois pages dans le quotidien financier national Dagens Næringsliv. A l'heure où les médias annoncent la mort d'Omar Bongo, l'élection d'Eva Joly au Parlement européen devrait relancer le débat sur la fortune des dictateurs africains et le bon usage de l'aide au développement.

Les résultats en Suède sont également très suivis. La chaîne nationale de télévision NRK se fait l'écho de l'entrée du parti Pirate (Piratpartiet) au parlement européen. Porté par la génération internet, ce parti qui milite ouvertement contre la pénalisation du téléchargement, jouit d'une certaine sympathie en Norvège. Son score (7,5%) pourrait, sait-on jamais, donner des idées à la génération Linux pour les élections législatives norvégiennes, prévues en septembre prochain.


Les soldats Afro-américains, héros oubliés du Débarquement

Les soldats Afro-américains, héros oubliés du Débarquement
Par Matt Sanchez - 07.06.09 - 20H35GMT - De New York (Etats-Unis)
"Nous saignons tous de la même couleur, vert."
Dicton militaire américain souvent cité.


William Dabney était le seul GI noir a faire le pèlerinage de retour aux plages d’Omaha.  Il y a 65 ans, ce jeune soldat originaire de Roanoke, en Virginie n’avait pas encore 18 ans quand il servait avec ses camarades dans le 320e, un bataillon composé entièrement par des Noirs américains.

Mais peu importent les détails de la vie extraordinaire de cet octogénaire, car dorénavant son histoire propre et unique sera mise de côté pour que le soldat Dabney devienne un symbole national, voire international.

En matière de relations entre les races aux États-Unis, le militaire a toujours été en avance sur son homologue civil, même à l’instant du débarquement en Normandie.  

Certes, la discrimination existait dans les rangs des forces armées américaines, mais le vice du racisme, souvent critiqué mais peu examiné, aurait été moins qu’un rapport de victime à bourreaux et plus qu’un jeu politique entre Noirs et Blancs.   

Selon les moeurs du 19ème siècle jusqu’à la Grande Guerre, l’homme noir n’avait pas la contenance d’un homme de guerre.  Ce sentiment raciste fut assez répandu dans l’hémisphère occidental, mais ne s’appliqua pas de façon totalitaire à toutes les races.  Au long de l’histoire américaine, l’amérindien joua un rôle unique en étant tantôt allié et tantôt ennemi des forces militaires américaines.  Malgré ce passé meurtrier et une attitude de supériorité chez l'homme blanc face à « l’homme rouge », la tradition militaire américaine a toujours reconnu le courage, la fougue et l'entrain des guerriers indiens.  Dans chaque guerre, la participation amérindienne dépassera largement la discrète proportion que ceux-ci représenta dans la population Américaine.

La ségrégation n’était pas uniquement dirigée vers les Noirs américains.  Les Américains d’origine japonaise furent consignés à quelques unités spéciales et séparées.  Cependant, à la différence des noirs, les Japonais furent jugés acceptables pour leur engagement sur les fronts.  Algérie, Italie, France, l’Allemagne le  442e de Hawaïi, à majorité Nippo américaine, fut l’unité d’infanterie la plus décorée de toute l’histoire de l’US Army.   

Sur les champs de bataille, ces « Japanese Americans » payèrent un lourd tribut pour sauver une unité texane composée par des blancs et des hispano-américains.  Au cours de la Deuxième Guerre Mondiale, la performance des unités Nippo américaines était hors du commun, même si leurs familles souvent se trouvèrent incarcérées dans des camps de prisonniers sur le territoire américain.

Des soldats bavards, peu sûrs d'eux-même, racontent des "war stories" (récits de guerre) où ils exagèrent leurs exploits  afin d’agrandir leur importance personnelle, c'est une tendance curieuse que ces soldats fastidieux partagent avec plusieurs membres des médias qui, avec une tournure de phrases, manigancent les faits pour provoquer une réaction calculée.  Voici le cas d’un article de L’Express qui a très vite fait le tour de l’Internet.  Une citation proclame que la reconnaissance de M. William Dabney serait « la première officielle du rôle des Afro-Américains dans la Deuxième Guerre mondiale.» Cette énorme erreur factuelle aurait été facilement démentie, pourtant la citation a été reprise tel quel dans plusieurs article, même ce blog.  

Il ne faut pas banaliser l’héroïsme de M Dabney, le Débarquement sur les plages de Normandie tourna instantanément en champs de mort même pour les soldats d’appui de l’infanterie.  Comme Dabney le raconte dans L’Express, "Nous nous sommes enterrés dans le sable pour sauver notre peau," se souvient-il. "Autour de nous, sur la plage, il n'y avait que des cadavres".  Ils sont restés terrés "pendant deux jours environ" avant que des bulldozers et des chars dégagent le terrain pour permettre l'avancée des troupes américaines, explique-t-il.  

M Dabney mérite, certainement, une reconnaissance pour sa participation.  Selon L’Express « Trois soldats du 320e Bataillon sont enterrés au cimetière militaire américain de Colleville-sur-Mer (Calvados, ouest) »  Tristement, Dabney sera reconnu pour sa symbolique dans une narration sous-jacente et l’exploitation de celle-là se fera au détriment de tous les autres soldats dont la couleur n'aura pas suffit pour sauver leur peau.

Légende photo:  Symbolique: ils se ressemblent tous mais un d'entre eux naquit Amérindien du peuple Pima, pourtant ils étaient tous Marines



L'heure des premiers résultats

L heure des premiers résultats
Par Pavel Spiridonov - 07.06.09 - 18H42GMT - de Saint Petersbourg (Russie)
Les premiers résultats arrivent. Pour être tout à fait honnête, en Russie nous ne connaissons pas grand-chose sur les partis politiques qui se battent encore en ce moment pour les places au Parlement européen. Je vais me concentrer surtout sur les résultats des votations municipales ou sur des référendums constitutionnels. Des affaires beaucoup plus terre à terre, et qui sont finalement proches de chacun d'entre nous indépendamment de l'endroit où on habite.

Comme nous l'avons déjà entendu partout, la nouvelle la plus importante, pourtant pas inattendue, c’est que la grande gagnante dans ces élections est l’abstention. En Lituanie seulement 12% des électeurs se sont déplacés aux urnes. On remarque aussi que les régions les plus actives, c’est les régions ou habite la minorité polonaise avec un taux de participation de près de 19%.

Dans Riga, la capitale de Lettonie, le leader des élections municipales est le parti « Centre Soglasija » qui représente les électeurs russophones, avec 25% des voix.

Au Danemark, selon les résultats à la sortie des urnes, le référendum sur l’égalité des droits d’accès au trône pour les femmes et les hommes n’a pas passé la barre des 40% nécessaires pour inscrire dans la constitution l’égalité des chances d’être le roi ou la reine de Danemark.

L’opposition socialiste en Grèce a quelques pourcent d’avance sur le parti de centre-droite au pouvoir. En Irlande il est très probable que le référendum sur le traité de Lisbonne aboutira au « Oui ». Mais les résultats officiels nous pourrons les entendre seulement tard dans la nuit, avec les résultats définitifs vers le milieu de la semaine.

Et pour finir une information venue de Bulgarie. Les journalistes bulgares sont passés outre l’interdiction de publier les résultats de sortie des urnes. Ils ont publié un faux bulletin météo avec l’information que dans le QG du parti socialiste la température était de +22°C et que dans le QG de l’opposition il faisait +25°C. Pour évoquer la forte abstention ils ont utilisé la force du vent de 20 m/s.

Le nouveau Parlement permettra-t-il de renforcer la gestion politique de l’Europe ?

Le nouveau Parlement permettra-t-il de renforcer la gestion politique de l’Europe ?
Par Fleurival Ladenson - 07.06.09 - 17H48GMT - De Haïti
« Les élections de dimanche permettront sans nul doute de renforcer la gestion politique européenne de plusieurs dossiers de portée globale. Avec le renouvellement souhaité dans cette machine parlementaire, il faut s´attendre à des retombées positives pour le leadership européen. » C’est en tout cas le point de vue de Edwin Paraison, ancien consul d’Haïti à Barahona, en République dominicaine.

Il croit que l’avènement au pouvoir de Barack Obama a donné aux États-Unis l’opportunité de refaire une image internationale profondément affectée par l'ancienne administration. De l’avis de l’ambassadeur Paraison, le président américain a gagné le respect et l’admiration d’un nombre important de leaders politiques européens. Cependant, les intérêts politiques et économiques divergents de l’Amérique et l’Europe sous l’oeil vigilant du parlement continental, sauront créer, sinon un équilibre permanent, mais des espaces de réaffirmation évidente du poids de ce bloc régional dans la gestion du monde.


“I have a dream“

“I have a dream“
Par Ghania Mouffok - 07.06.09 - 14H40GMT - d'Alger (Algérie)
Ce matin, rien. Je parcours la presse quotidienne à la recherche de commentaires sur la commémoration du débarquement en Normandie et je ne trouve rien, pas un mot, même pas pour les traditionnels rappels à l’Europe, oublieuse de l’Afrique résistante au nazisme.

La Une des journaux est au foot. « Les verts affrontent l’Egypte dans un match capital à 20 heures 30 à Blida. « Faites-nous rêver ! » supplie le quotidien Liberté en direction de l’équipe nationale qui joue sa qualification à la coupe du monde de football. « Faites-nous rêver ! », « Maintenant ou jamais ! » en rajoute El Watan comme si notre avenir en dépendait. « C’est combien, un salaire décent », s’interroge toujours à la Une, Liberté sans point d’interrogation comme si la question ne méritait pas réponse. On apprend aussi que « le FLN est incontournable » et que « Belkhadem se positionne en maître du jeu ». Pathétique.

Alors que les contours du monde se redessinent, que les frontières de la terreur se négocient de la Corée à l’Iran, de l’Europe à Israël, nous espérons, ce soir, rêver d’une victoire sur l’Egypte, une victoire de petits hommes sur une grande planète qui nous rejette à la périphérie, comme une petite province oubliée et qui s’oublie elle-même en de dérisoires débats sans liberté. La liberté.

Enfin libre de l’enfer de Guantanamo, Lakhdar Boumediène  a choisi la France plutôt que de regagner son pays l’Algérie, et il était l’invité inattendu de l’amitié échangée, en conférence de presse, en marge des célébrations du débarquement allié de juin 44, entre Obama et Sarkozy. Quand l’Amérique ferme Guantanamo, a dit en substance le président français, eh bien la France a été là pour l’aider à se débarrasser de ces prisonniers encombrants. La preuve par le vide, c’est le rôle de cet algérien rentré dans l’histoire par l’absence de son propre pays. 

Salam aleïkoum a dit à la cantonade Barack Obama à la planète des musulmans depuis le Caire, Oum dounia, la mère du monde. L’Amérique désormais parle arabe, et c’est tant mieux. Mais quelle est la langue des arabes aujourd’hui ? Ont-ils encore une langue pour parler ? Dominés, endettés, corrompus, les gouvernements du monde arabe ont parlé jusqu’alors la langue de l’Amérique, lutte contre le terrorisme, libéralisme, vendant au rabais tous les efforts des indépendances, guettant leur retour dans « le concert des nations ».

Avec Obama, c’est incontestable, l’Amérique change de langue et cet homme porte le changement  avec une classe indépassable, mais il porte également toute la puissance encore indétrônée de l’Amérique. Comment ne pas remarquer l’assurance avec laquelle il mène sans aucun effort les cérémonies du débarquement, toujours en tête, premier levé, premier assis, de sa foulée décidée, il invite le monde à le suivre, il ringardise bien des débats. Comment en effet ne pas l’applaudir quand répondant à une question sur le hidjab, toujours en conférence de presse, il répond qu’en Amérique les gens sont libres de s’habiller comme ils l’entendent, la seule chose qui leur est demandée est d’être patriotes.

La presse guettait les divergences entre l’Amérique et l’Europe. Comment ne pas se souvenir, alors, de ces jeunes françaises voilées rejetées aux portes des lycées de la république quand Sarkozy s’embrouille dans sa volonté de convergence avec son ami Obama. Obama mène la danse et invite le monde à le suivre, mais pour aller où ? Obama et avec lui les américains ont compris. Ils ont compris que l’Amérique avait perdu la guerre, en Afghanistan, en  Irak, en Palestine, au Liban. Ils ont perdu la guerre de se soumettre la planète du pétrole parce qu’il est bien là, le drame arabo-musulman, il est au coeur de sa terre transformée depuis en champs de ruines de Kaboul à Bagdad. Mais si l’Amérique enlisée a perdu pendant que ses boys mourraient aux côtés d’Irakiens, dans un même gâchis, les spéculateurs dans leurs bulles pillaient la planète jusqu’à la perdre dans une crise sans précédent.

Mais si l’Amérique a perdu, alors qui est le vainqueur ? Les vainqueurs, ce sont peut-être tous ces morts qui encombrent nos mémoires et qui rappellent aux tyrans du monde arabe que jamais leur tyrannie n’a empêché les résistances populaires, de Bagdad à Gaza. Pendant qu’ils parlaient la langue de l’Amérique, les résistances inventaient une autre langue, langue violente, ambigüe, langue de survivants puisant dans celle des ancêtres leurs linceuls de morts. Mais leur victoire n’est pas notre liberté. Obama, élu, veut sauver l’Amérique. Dans nos provinces oubliées, qui veut nous sauver ? Où sont nos gouvernants qui nous diront à leur tour, assalam aleïkoum, que la paix soit sur vous ? Faites-nous rêver. Nous pourrons rêver lorsque nos rêves ne seront pas réduits aux barrières d’un stade de foot.  "I have a dream" comme disait l’ancêtre d’Obama.   

Les israéliens ont peur de la montée des extrémismes en Europe

Les israéliens ont peur de la montée des extrémismes en Europe
Par Lior Papirblat - 07.06.09 - 12H45GMT - de Tel Aviv (Israël)
Les sondages publiés ces dernières semaines en Europe, montrent un soutien accru pour les partis extrêmes - de gauche et de droite - mais probablement ça ne sera pas suffisant pour saper la stabilité des 736 sièges de l'Assemblée. Toutefois, le Parlement européen est l'institution qui représente le mieux l'état d'esprit européen, de sorte que l'inquiétude en Israël est marquante.

La principale préoccupation découle des petits partis qui souhaitent faire leur entrée au parlement, comme le parti anti-sioniste de l'acteur français Dieudonné M'bala M'bala. "Les Juifs en France sont citoyens français. Pourquoi est-ce qu'ils auraient deux pays?", a déclaré récemment le porte-parole du parti, Marc Robert sur le site israélien ynet.

Parallèlement, les mots de la candidate du parti d'extrême droite de la Hongrie - le parti radical "JOBBIK" - ont soulevé une tempête. Krisztina Morvai a écrit le message suivant sur les Juifs hongrois sur un forum en ligne : "Je serais très heureuse si les personnes qui se disent fiers d'être Juifs hongrois jouent pendant leurs loisirs avec leur tout petit  sexe circoncis, au lieu de me salir". On a peur en Israël que de telles paroles que l'on entend dans la rue par les extrémistes, soient reprises par le Parlement sur un document officiel, si les extrémistes sont choisis.

Le Parlement européen est l'une des institutions de l'Union européenne qui n'est pas trop pour Israël. Entre autres, le Parlement a pour usage de ne pas améliorer les relations entre l'Union européenne et  Israël, même si les dirigeants européens n'ont pas pris cette décision.

Comme les peuples de l'Europe, le Parlement européen est pour la solution : deux États pour deux peuples. Le gouvernement de M. Netanyahou doit comprendre que s'il souhaite approfondir les liens entre Israël et  l'Europe, il doit prendre une autre direction, différente de celle qu'il prend aujourd'hui.
 

Lior Papirblat est le chef d'édition du site internet d’informations ynet.

Une amie des albanais et un ami du Premier Ministre

Une amie des albanais et un ami du Premier Ministre
Par Ilir Yzeiri - 07.06.09 - 08H17GMT - de Tirana (Albanie)
La visite d'Obama en France et la commémoration du débarquement en Normandie sont suivis par les média albanais plutôt pour démontrer une sorte de sympathie envers le président américain, très aimé en Albanie. De l'autre côté, les discussions sur le prochain Parlement européen ont manqué.

Les Albanais sont sûrs que les dernières années du siècle passé et le début de ce siècle pourraient s'intituler le temps des Albanais tant l'Histoire a été avec eux. L'indépendance du Kosovo, l'adhésion de l'Albanie à l'OTAN ont résolu enfin le problème fondamental des Albanais, celui de l'identité nationale.

Mais un des poètes albanais, le plus illustre de la période de la Renaissance, le prêtre Gjergj Fishta, 100 ans auparavant, juste après l'Indépendance de l'Albanie en 1912, a écrit: "Maintenant que l'Albanie c'est fait, il faut que les Albanais se fassent", dans le sens où les Albanais ont du mal à se gouverner. C'est peut-être la même chose maintenant que le pays et les albanais ont fait beaucoup d'efforts pour obtenir la démocratie et ses avantages.

Nous sommes en pleine campagne électorale. Les institutions européennes ont déclaré que le gouvernement albanais doit faire le plus possible pour que ces élections soient libres. Mais, en même temps deux événements se sont déroulés : les nominations de Mme Glover à la tête de l'ODIHR (NDLR: Office for Democratic Institutions and Human Rights) et de Msr Grossruck à la tête de l'OSCE (NDLR: Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe). Cette dernière organisation surveillera les élections. L'opinion et les médias albanais se sont souvenus que ces deux personnes ont une histoire avec les élections albanaises.

Avant la crise catastrophique de 1997 où le pays s'est embourbé dans une guerre civile, en Albanie se sont déroulées les élections de 1996. Ces élections ont été manipulées par le président de l'époque, Sali Berisha. A l'époque à la tête de l'ODIHR se trouvait notamment Mme Glover. Elle a critiqué durement les élections et a déclaré qu'elles ne devaient pas être reconnues. De l'autre part, à la tête de l'OSCE se trouvait Mr Grossruck. Lui avait déclaré que ces élections avaient été libres.

Comme vous le voyez deux standards et deux mesures. C'est la même chose pour ces élections aussi. Voila comment l'Europe apparaît chez les albanais, comme les juges de football, une partie qui aime le premier ministre et une partie qui aime les albanais, qui veut des élections libres et correctes. Qui gagnera : l'ODIHR ou l'OSCE ?     

Kiosque spécial Européennes

Kiosque spécial Européennes
Des journalistes de la presse internationale commentent les résultats des élections européennes.