Du 8 septembre 1941 au 27 janvier 1944, la ville de Leningrad (aujourd’hui Saint-Pétersbourg) subit un siège long de 29 mois, soit plus de 900 jours, après que l’armée allemande ait tenté d’attaquer la ville dans le cadre de l’Opération Nordlicht (Aurore boréale).
L’armée allemande attaque Leningrad
Fin juin 1941, 725 000 hommes, 13 000 canons, 1 500 chars telles sont les forces allemandes dirigées sur Leningrad pour prendre la ville avec le soutien de 760 avions. Adolf Hitler, dans sa directive n°21 « opération Barbarossa », avait décidé de la destruction totale la ville qu’il définissait comme un haut lieu de l’intelligentsia bolchevique et juive. Le 8 septembre, l’ancienne capitale impériale est encerclée par les armées du maréchal von Leeb. Isolée du reste de l’URSS, la ville résiste. Un siège de 29 mois commence.
900 jours de siège
Devant les échecs répétés de leurs assauts, les Allemands cherchent à s’emparer de la ville par des bombardements et la mise en place d’un blocus. 2,5 millions de personnes sont prises au piège. Faute de carburant, les usines et les transports s’arrêtent, la famine fait son apparition. La viande étant réservée aux soldats, la population se contente de pain, puis de pain additionné de malt de brasserie.
Fin 1941, la ration quotidienne de pain est réduite à 110 g par personne. Le dur hiver 1941-1942 aggrave encore la situation.
La viande étant réservée aux soldats, la population se contente de pain, puis de pain additionné de malt de brasserie.
La population de Leningrad fait preuve d’un grand courage. Une liaison routière connue sous le nom de « route de la vie » est établie. Elle traverse le lac Ladoga gelé et permet d’approvisionner les habitants de la ville. C’est par cette voie unique de circulation que plus de 500 000 personnes parviendront à fuir Leningrad. Le blocus aura causé la mort d’environ 1 250 000 citoyens.
Les Soviétiques contre-attaquent
Le siège dure et Leningrad devient peu à peu une ville fantôme. Fin 1943, l’armée russe reçoit du nouveau matériel militaire : armes, chars T-34, camions surmontés de lance-roquettes surnommés « orgues de Staline » par les Allemands… une contre-offensive soviétique est lancée le 14 janvier 1944 entraînant la fin du siège, le 27 janvier 1944.
Texte : Mémorial de Caen
Témoignage : un infirmier des hôpitaux de Leningrad
Au service d'admission des hôpitaux de Léningrad, rares sont les infirmiers encore assez forts pour arriver à décharger les véhicules de leur misérable chargement humain. Un étudiant en médecine nous donne à ce propos un témoignage poignant :
"Transporter deux cents soldats mourants de la rue à l'étage a pris sept heures. L'hôpital lui-même ressemble à quelque épouvantable chambre de torture médiévale. La plupart du temps, la température des salles est inférieure à O°C. On couche les malades tout habillés.
On empile des couvertures et des matelas sur eux. La nuit, l'eau gèle dans les brocs. La faim donne la diarrhée aux patients, mais la plupart n'ont même pas la force d'utiliser les bassins.
Les draps sont raides de crasse : il n'y a pas d'eau pour les laver. Il n'existe qu'un seul médicament : le bromure de sodium, que les médecins utilisent comme une panacée en le prescrivant sous des noms aussi divers que fantaisistes...
Les baignoires et les bassins débordent d'excréments et d'ordures, qui gèlent immédiatement. C'est à peine si les membres du service de santé tiennent encore sur leurs jambes, tant ils sont minés par la faim, le froid et la fatigue. "
"Le Führer a décidé de réduire à néant la ville de Pétersbourg.
Après la défaite de la Russie soviétique, il n'y a plus aucun intérêt en l'existence de cette grande localité."
Directive de l'Etat-major allemand en septembre 1941