200.000 Normands trouvent la mort dans les bombardements alliés destinés à briser les défenses allemandes. La Normandie est dévastée, mais cela fait quatre ans qu’elle attendait sa libération. Une libération qui, dans les premiers jours de juin, est loin d’être terminée.
Les Américains progressent difficilement dans le bocage normand, dédale de haies et de chemins creux, propice aux embuscades allemandes.
Les Britanniques sont bloqués dans la plaine de Caen.
Un mois et demi après le jour J, les combats sont toujours acharnés. Hitler veut absolument contenir les Alliés en Normandie pour protéger les rampes de lancement de ses armes de terreur, les V1, qu’il lance sur Londres, depuis le Nord de la France.
Hitler veut absolument contenir les Alliés en Normandie pour protéger les rampes de lancement de ses armes de terreur, les V1.
Les renforts allemands qui remontent du Sud de la France sont ralentis par la Résistance française, les FFI, les Forces françaises de l’Intérieur, les FTP, les Francs tireurs et partisans, communistes. En représailles, les SS pendent, fusillent, massacrent les maquisards et les civils, comme à Tulle, Marsoulas, Saint-Lys, et surtout à Oradour-sur-Glane près de Limoges. Ils abattent tous les hommes du village, enferment les femmes et les enfants dans l’église et y mettent le feu.
A l’Ouest, à partir du 6 août, les Alliés prennent le dessus. La situation s’aggrave pour la Wehrmacht. 250.000 soldats allemands sont encerclés dans la « Poche de Falaise » puis faits prisonniers. Les Allemands l’appellent « Stalingrad en Normandie ». C’est une victoire des Canadiens et des Polonais.
L’étau allié se resserre avec un deuxième débarquement, en Provence.
D’après la série documentaire "Apocalypse, la deuxième guerre mondiale", une production CC&C
Le massacre de Malmedy
Le groupe SS du colonel Peiper ne fait pas de prisonniers, il les massacre : 155 dans la journée du 17 décembre. Dix neuf américains désarmés à Mommsen le matin. A midi, les hommes de Peiper forcent les cinquante gardes du dépôt d’essence de Büllingen à remplir les réservoirs de leurs chars puis les mitraillent sur place. Enfin, dans l’après-midi, 125 prisonniers américains attendent dans un champ, ici à Baugnez près de Malmédy. Un char SS passe, les voit, s’arrête et tire dans le tas : 86 morts. C‘était dimanche, tout le monde était parti pour la messe, sauf la tenancière du café Madame Bodarwé - Les SS l’ont emmenée, on ne l’a jamais revue – et un fermier resté pour nourrir ses bêtes, Henri Lejoly, le seul témoin :
« Ils ont avancé avec le tank donc et les ont plus ou moins… abattus là, et moi avec Madame Bowardé, ici nous étions à côté de la maison, mais nous avons vu cela donc. C’était tout de même pour nous un drôle de coup d’œil donc. Nous avons bien pu dire et bien, plus ou moins, de voir çà, plus ou moins, malgré que nous étions même allemands, que nous avions même des sentiments allemands, plus ou moins révoltés, qu’est-ce que nous avions à faire ? Qu’est-ce que vous voulez. On a fait... On s’est dit « C’est la guerre ».
Extrait de "La Bataille d’Allemagne 1", série "Les grandes batailles"
Montgomery veut en finir et décide de pulvériser les défenses allemandes. Le 7 juillet, il lâche 467 bombardiers lourds sur Caen avant d’attaquer la ville de front.
Témoin de ce bombardement, le chef de la Résistance à Caen, Léonard Gilles :
« Cette ville était absolument détruite à 87%. Tout le centre, le centre où nous sommes, avait été brûlé, abattu, bombardé plusieurs fois. Pensez ce que la population pouvait être au milieu de tout cela. Ce qui était triste, c’était l’état des blessés. Certains étaient ensevelis sous des mètres et des mètres de moellons. Certains ont agonisé pendant plus de trente jours et nous savons qu’ils sont morts à petit feu. Nous n’avions plus ni eau, ni gaz, ni téléphone, ni ravitaillement, ni chemin de fer. Pour survivre, on allait dans les caves chercher quelques réserves mais le moral était très élevé car la Libération nous attendait.
Notre souffrance, nous savions qu’elle n’était pas vaine et que les troupes des Alliés n’étaient pas loin. Il faut bien vous représenter qu’à ce moment-là, il n’y a plus de possibilité de circulation mais seulement une série de rochers. Les Allemands étaient tapis dans cet immense chaos que constitue une ville bombardée. »
Extrait de "La Bataille de Normandie", série "Les grandes batailles"