LA PROPAGANDE : ARME DE GUERRE ?

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L’Allemagne nazie comme les pays alliés vont utiliser la propagande sous toutes ses formes pour convaincre les populations de s’engager activement à leurs côtés. La propagande devient alors une véritable arme de guerre.

La propagande : une idée simple !

Allemands, Britanniques, Américains, Soviétiques, Français… savent parfaitement qu’il faut diffuser et rediffuser sans cesse les mêmes messages aux populations, des messages courts ne véhiculant qu’une seule idée à la fois. Radio, cinéma, journaux, affiches mais aussi rencontres sportives, comme les jeux Olympiques de 1936, expositions, concerts, constituent autant d’occasions et de supports pour marteler des idées simples et endoctriner le peuple. Les Alliés prônent avant tout la libération du monde de la tyrannie fasciste, tandis que, pour les pays de l’Axe, les idées défendues se résument à l’instauration d’un ordre nouveau dicté par l’Allemagne nazie, en Occident, ou par le Japon, en Orient.

L’Allemagne maîtresse dans l’art de la propagande

Hitler a très vite compris ce que la propagande pouvait apporter à son projet diabolique. Placé sous le contrôle de Goebbels dès le début de la guerre, la radio et les autres moyens de communication s’attachent à célébrer quotidiennement le culte du Führer ainsi que la grandeur et les victoires du Reich. Les grandes manifestations qui se déroulent à Nuremberg en sont la vitrine la plus saisissante. Les autres thèmes repris par la propagande nazie font référence à l’injustice du traité de Versailles, à la menace mondiale que représentent les juifs et à la lutte du Reich contre le communisme soviétique appelé aussi le bolchévisme. Si cette propagande s’adresse aux populations à l’intérieur de l’empire, elle a aussi pour objectif de séduire les peuples des pays occupés et, bien sûr, de les détourner d’éventuels libérateurs britanniques ou américains.

« Ici Londres… Les Français parlent aux Français… »

La radio et son flot incessant d’émissions constituent le principal instrument de diffusion de la propagande. Son seul inconvénient est qu’elle diffuse aussi les messages de l’ennemi. Malgré la mise en place de brouillage des émissions clandestines, les messages finissent par passer et par être entendus. Les Anglais excellent dans la diffusion d’encouragements à combattre pour la liberté et la victoire ; c’est sur les ondes de la BBC que le général de Gaulle lance son appel à la résistance du 18 juin 1940. La radio de Londres propose des programmes en langues étrangères afin de pénétrer dans les différents pays occupés, y compris en Allemagne, et de rallier le plus d’auditeurs possible à la cause des démocraties. En 1945, la BBC diffuse des programmes en vingt-trois langues et on estime à plus de dix millions les auditeurs en langue allemande.

La guerre des affiches

Si l’on peut éteindre sa radio, on peut difficilement éviter de voir les affiches placardées sur les murs des villes. Chaque pays cherche le moyen de capter l’attention de ses habitants et de les convaincre d’agir. Quelques idées simples sont reprises : le drapeau national, signe de ralliement, donne du courage et montre aussi que le pays est soutenu par des nations alliées représentées par les autres drapeaux. L’ennemi est clairement identifié : pour le Reich, on retrouve le juif avec une étoile jaune, le communisme, Churchill ou Roosevelt… Pour les Alliés, la propagande insiste essentiellement sur l’effort à produire afin de libérer le monde de la dictature. Les affiches appellent au travail dans les usines d’armement, à la récupération de tous les matériaux, mais aussi à la discrétion pour ne pas renseigner les espions. En un mot, l’effort de guerre que doit produire chaque citoyen lui est rappelé quotidiennement.

Journaux officiels, journaux clandestins

La presse officielle ou clandestine est, elle aussi, un véritable outil de propagande. Pour un même événement, les premières pages titrent des informations en totale contradiction les unes avec les autres. Pour la presse allemande, le débarquement en Normandie est un quasi-échec, pour les quotidiens alliés, au contraire, c’est un immense succès. S’ajoutent à cela les journaux clandestins qui, pour les premiers, on vu le jour dès juin 1940. A la libération, fleurit une bonne centaine de titres comme Le Franc-Tireur, L’Humanité, Combat… Des journaux comme Le Courier de l’air ont même été parachutés dès 1942 par les Britanniques sur le sol français.

Atlas de la Seconde Guerre mondiale, Isabelle Bournier et Marc Pottier, Casterman, 2006

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