Le 14 juin 1940 à l’aube, les Allemands entrent dans Paris. La croix gammée, symbole du nazisme, flotte sur Paris.
Le tout premier acte de l’Occupation, c’est la ruée sur les archives des ministères abandonnés. Listes d’espions, de Juifs, de Francs-maçons, sont immédiatement récupérées et l’original du traité de Versailles qui avait, en 1919, humilié l’Allemagne est aussitôt envoyé à Hitler.
L’Exode s’arrête sur place. Les ponts de la Loire sont coupés. Il n’y a plus qu’un espoir : que les combats cessent.
D’après "Apocalypse, la deuxième guerre mondiale", une production CC&C
Henri Crotti : Le jour où j'ai vu les Allemands entrer dans Paris
"Le 13 juin 1940, la veille de l’entrée des Allemands dans Paris, tous les Italiens qui avaient émis le souhait de s’engager dans l’armée française sont réunis au champ de course de Saint Cloud.
Un soldat, de l’âge de mon grand-père, en uniforme de la guerre 14, nous tient un discours solennel : « Vous êtes des engagés volontaires, mais l’Italie vient d’entrer en guerre contre la France. Maintenez-vous votre engagement ? »
J’écoute médusé, cette mascarade. Cela fait déjà bien longtemps que je combats le fascisme avec des amis du parti communiste. Nous lancions des appels répétés pour avertir l’opinion que l’Italie fasciste allait nous tomber dessus et que nous voulions nous battre pour la France.
Le vieux soldat continue son discours en jetant des regards inquiets vers le ciel à chaque passage des avions allemands : « Considérez-vous dorénavant comme des Français. Vous êtes sous la protection de la France qui vous prend sous son aile. »
Nous repartons, atterrés par ce que nous venons d’entendre. Le soir même, je vois passer un side-car allemand par la porte de la villette.
Le lendemain, je suis avec un copain près de la gare du nord, à l’angle de la rue Lafayette. Il n’y a pas âme qui vive dans les rues, et tous les volets sont fermés.
Nous sommes tout d’abord saisis par le bruit du déplacement des troupes allemandes qui résonne dans les rues désertes.
Nous les voyons arriver, imposants, jeunes, le teint halé par le soleil du mois de juin. Il se dégage de ce défilé une impression terrible de force.
Il fait beau ce jour là, et nous ne pouvons retenir nos larmes."
posté le 27-03-2008
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