15/09/1935

L’antisémitisme, doctrine officielle de l’Etat nazi

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Les juifs sont constamment désignés à la vindicte publique, leur magasins sont boycottés, leur statut de citoyen dénié.

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  • Agrandire
  • Rétrecir

Prônant l’inégalité des races, le nazisme affirme que les Allemands sont les représentants d’une élite, la race aryenne, composée d’hommes grands, blonds aux yeux bleus. Les êtres jugés inférieurs -les juifs, les tziganes, mais aussi les asociaux risquant de transmettre génétiquement des maladies physiques et mentales - doivent être éliminés. Les êtres jugés inférieurs -les juifs, les tziganes - doivent être éliminés. Les juifs sont victimes d’une ségrégation particulièrement violente dès 1933. Le régime nazi impose le boycott de leurs magasins et leur interdit d’exercer toute fonction publique. En 1935, les lois de Nuremberg les déclarent déchus de la nationalité allemande, et leur persécution physique commence en 1938 avec la "Nuit de Cristal".

Atlas de la Seconde Guerre mondiale, Isabelle Bournier et Marc Pottier, Casterman, 2006

Témoignage d'une jeune fille juive à propos de la "Nuit de Cristal"
Golly D., 16 ans pendant la Nuit de Cristal, à Brême, en Allemagne

« Nous nous étions couchés tôt. Moi et ma famille, nous dormions tous les quatre quand nous avons entendu frapper à la porte d'entrée. Frapper violemment. Mon père a dévalé l'escalier, il a ouvert la porte devant laquelle se tenaient deux nazis en uniforme brun. « Dis à ta famille de s'habiller rapidement, vous venez avec nous. Dépêchez-vous ! » Nous n'avions pas le choix. Nous nous sommes habillés en vitesse, et les deux soldats nous ont conduits dans une salle d'une caserne du centre-ville. En entrant, nous avons réalisé que tous les Juifs de la ville avaient été raflés et emmenés dans cette salle. Personne ne savait pourquoi. Personne ne savait ce qui allait se passer. Ils nous ont laissés sur nos chaises pendant des heures, des heures d'affilée, jusqu'à ce que finalement ils séparent les femmes des hommes et qu'ils emmènent les hommes. Nous ne savions pas où ils allaient, Ils ont emmené mon père et mon frère.
Au matin, ma mère et moi, et toutes les femmes avons été autorisées à rentrer chez nous. C'est là que nous avons découvert ce qui s'était passé pendant la nuit, pendant que nous étions enfermées dans la salle. Les Chemises brunes avaient brisé toutes les vitrines des commerces juifs, forcé les maisons et les appartements juifs, cassant tout ce qu'ils pouvaient. L'affaire de mon père fut dévastée cette nuit-là. Et évidemment notre synagogue fut incendiée.
Le jour d'après, sans me douter de rien, je suis retournée à l'école, c'était le lendemain de la Kristallnacht. (J')ai monté l'escalier pour rejoindre ma classe et j'ai croisé par hasard mon professeur principal, M. Koch, qui s'est approché et m'a dit, l'air vraiment attristé : « Mlle Golly, je suis profondément désolé, mais les Juifs ne doivent plus venir en cours. » Je n'avais pas d'autre choix que de m'en aller. Je suis rentrée à la maison la tête baissée, tous mes projets d'avenir venaient de voler en éclats.
Le lendemain, on a sonné à la porte, une de mes camarades de classe se tenait sur le seuil. Je peux vous dire qu'à l'époque ces contacts avec des Juifs étaient tabous - plus que tabous. Cette pure Aryenne, ma camarade, issue d'une des familles les plus puissantes de la ville - son père était le plus célèbre avocat de Brême - est venue... chez nous, elle a monté l'escalier, elle n'avait qu'un seul message à nous délivrer. Au nom de sa famille, elle tenait à exprimer à quel point ils se sentaient gênés et honteux à propos de ce qui s'était passé la nuit précédente, la Kristallnacht, la nuit d'avant. Je n'ai jamais oublié ce geste, d'ailleurs nous sommes toujours en contact. Nous nous écrivons encore. Nous nous revoyons chaque fois que je retourne chez moi à Brême. »

cité dans Témoigner, Paroles de la Shoah, Flammarion, 2000

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