En juillet 1936 commence la guerre d’Espagne. Un coup d’Etat est organisé par le camp fasciste ou « franquiste » dirigé par le général Franco, soutenu par l’église catholique, l’aristocratie et une grande partie de la bourgeoisie. Les franquistes tentent de déstabiliser le tout jeune gouvernement, républicain, le Frente popular, soutenu par la classe ouvrière, une partie des paysans et les nationalistes basques et catalans.
600 000 Espagnols sont morts, 500 000 autres partent en exil. Mieux organisés, les franquistes refoulent les républicains vers le Nord mais sont arrêtés devant Madrid, bloqués par un formidable élan populaire et militaire. Soutenus pas l’Allemagne et l’Italie, qui les équipent en matériel militaire, avions et pilotes, les franquistes reprennent l’initiative et, le 28 mars 1939, Madrid capitule. 600 000 Espagnols sont morts, 500 000 autres partent en exil, notamment en France. L’Espagne démocratique cesse d’exister.
Atlas de la Seconde Guerre mondiale, Isabelle Bournier et Marc Pottier, Casterman, 2006
Interbrigadistes : les raison de l'engagement
Georges S., lettre à ses parents et à son fils Maurice, le 29 janvier 1938 :
« Vous me demandez pourquoi je vous ai caché mon départ. Vous savez tout comme moi que la vie que je faisais n'était pas pour durer.
J'avais une mauvaise fréquentation dans les cafés et de plus je voulais faire mon devoir contre le fascisme car nous avons été et même encore sous un régime que nous ne pouvons plus tenir, au père on lui a retiré ses demi-journées de maladie quand il a été à Paris et à Maurice on l'a renvoyé comme un malpropre et même pour notre salaire nous avons du mal à gagner notre pauvre vie. Voilà pourquoi je suis venu en Espagne. Quand nous serons vainqueurs leur tour viendra j'ai vécu comme le père m'a donné la connaissance de son parti et le respecterai toujours jusqu'à la mort pour la liberté et la République. »
Textes extraits de L'Espoir guidait leurs pas, de Rémy Skoutelsky, Paris, Grasset, 1998.
Discours de Franco sur le programme de la Phalange, 1er octobre 1936
« (...) L’Espagne s’organisera à l’intérieur d’une large conception totalitaire, à travers ses institutions naturelles qui assureront sa nationalité, son unité et sa continuité. L’implantation, principe d’autorité le plus sévère qu’implique ce mouvement n’a pas un caractère exclusivement militaire, mais il est l’instauration d’un régime hiérarchique dont l’harmonieux fonctionnement doit abriter le développement de toutes les capacités et des énergies de la Patrie. La personnalité des régions sera respectée dans ses particularités, répondant à la vieille tradition nationale dans ses moments de plus grande gloire, mais sans que cela suppose une diminution ou une détérioration de l’unité nationale la plus absolue. La municipalité espagnole, d’origine historique revêtira toute la puissance dont elle a besoin, pour l’accomplissement de sa mission d’organisme public. Le suffrage inorganique ayant échoué par la faute des caciques nationaux et locaux d’abord, et plus tard de l’oppression tyrannique des syndicats mis au service des intérêts politiques, la volonté nationale se manifestera en son temps à travers des organismes techniques et des corporations qui, enracinés dans les entrailles mêmes du pays, représenteront de façon authentique son idéal et ses besoins. »
Extrait de Ramirez (L.), Franco, François Maspero, 1965