Apocalypse

La serie documentaire

// Vidéo Donner une cohérence musicale

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de la série Apocalypse

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Connu pour son sens de la mélodie et ses atmosphères envoûtantes, Kenji Kawai est considéré comme un des plus grands compositeurs japonais contemporains. On lui doit notamment les bandes originales, hypnotiques et glaçantes, de « Ghost in the Shell », « Avalon » ou encore « Ring ». Pour « Apocalypse », il a composé une musique qui mêle habilement percussions et choeurs, lyrisme et violence, terreur et émotion. Rencontre.

Que représente Apocalypse pour vous ?
Cette série a vraiment été un choc.
Mes parents et mon grand-père m’ont raconté la Seconde Guerre mondiale, on nous l’a enseignée à l’école, mais l’ampleur de cette guerre est telle qu’il m’a toujours été difficile de l’imaginer réellement. J’ai vu des images à la télé. Mais celles d’Apocalypse les dépassent toutes. Elles m’ont fait haïr la guerre de plus belle. Je suis très honoré d’avoir été choisi pour composer la musique d’un tel documentaire.

Comment vos parents ont-ils vécu la guerre ?
Ma famille est originaire de l’arrondissement de Shinagawa à Tokyo, où j’ai moi-même grandi. Mon père était à Nagano pendant la guerre. Comme il était soldat du corps médical, il n’a pas porté le fusil. Il est tombé malade avant la bataille de Saïpan. Un ami a pris sa place et a péri là-bas. Mon père en a toujours retiré une certaine culpabilité. Ma mère, elle, qui vivait à Shinagawa, s’est réfugiée dans la région d’Izu pour éviter les bombardements. Mais Shinagawa a été relativement épargnée par les B-29 et les maisons de mon père et de ma mère existent encore aujourd’hui.

Comment êtes-vous devenu compositeur ? Il n’y a pas eu de raison particulière. J’ai toujours aimé la musique, mais je n’ai jamais pensé en faire mon métier. Initialement, je voulais être ingénieur. Mais comme je n’aimais pas étudier, j’ai renoncé à poursuivre mes études à la fac au bout d’un an et demi. Mes parents étaient très fâchés. Pour les rassurer, je me suis inscrit dans une école pour devenir professeur de musique. Mais je ne faisais que sortir avec les fi lles. Six mois après, j’ai quitté l’école ! Je me suis retrouvé alors dans l’embarras… Plus tard, j’ai gagné le premier prix d’un concours de musique et j’ai reçu mes premières commandes. Pourtant, je ne me voyais toujours pas devenir compositeur… Vous savez, ma vie est simple : tous les jours, avec mon chat, je me rends au studio. J’y compose toute la journée et je rentre chez moi, après minuit, toujours avec mon chat. Je mène cette vie depuis dix ans.

La bande originale d’Apocalypse mêle des sonorités électroniques, acoustiques et des choeurs. Concrètement, comment avez-vous travaillé ?
Dans la mesure du possible, compte tenu des contraintes diverses de planning, j’ai fait en sorte de composer la musique en regardant les images, une fois le fi lm monté. La série est divisée en six parties, mais nous avons enregistré la musique en trois fois. J’ai d’abord travaillé avec un synthétiseur et quelques autres instruments non électroniques. Puis les rythmiques, dont j’avais établi la base par ordinateur, ont été enrichies de vraies percussions. Enfi n, les parties symphoniques ont été enregistrées, comme le souhaitaient Daniel Costelle et Isabelle Clarke, avec un véritable orchestre.

Comment avez-vous abordé les six heures de composition d’Apocalypse ?
Apocalypse n’est pas le premier documentaire sur lequel je travaille, mais il s’agit de l’oeuvre la plus longue de ma carrière. Ma principale préoccupation était de lui donner une cohérence musicale tout en étant attentif à ce que j’allais transmettre aux spectateurs, à ce qu’ils ressentiraient. J’ai fait attention à ne pas composer une musique trop émotionnelle. Une mise en scène musicale trop chargée ne se prête pas, à mon sens, à un documentaire. Il faut que la musique respecte le commentaire. Il faut éviter qu’elle soit trop retentissante. J’ai donc opté, en accord avec les auteurs, pour une musique moins accentuée, qui se déroule dans un calme plat avec un son plutôt lourd. Mais il n’est pas question non plus de mettre n’importe quelle musique pour accompagner les images. La bande originale doit nous aider à comprendre ce qu’une séquence donnée entend exprimer.

Comment définissez-vous le thème musical d’Apocalypse ?
Difficile de le résumer en un mot dans la mesure où il y a divers morceaux pour diverses scènes, diverses ambiances. Globalement, disons que, comme on voit beaucoup de misère, on entendra plus de mélodies inspirées par le désespoir et la terreur. Mais, en regardant les sourires et les visages des civils ou de certains soldats, j’ai aussi ressenti de l’espoir. Sans souligner explicitement cette présence, j’ai parfois glissé quelques éléments qui suggèrent l’espérance, au nom de ces sourires-là…


Musiques Originales de Kenji Kawai disponibles en téléchargement sur Itunes. Cliquez ici !

En six épisodes de 52 minutes, Apocalypse raconte la Seconde Guerre mondiale à travers le regard de ceux qui l’ont vécue : autant les soldats sur les champs de bataille ou les civils en fuite que les grands chefs.

Stratégie militaire et témoignages du quotidien se mêlent dans cette série documentaire exceptionnelle, constituée exclusivement d’images d’archives et construite comme une grande fresque cinématographique.

50 % d’images inédites en couleur et en haute définition, un son entièrement retravaillé en 5.1 et la voix de Mathieu Kassovitz : Apocalypse est une plongée vertigineuse au coeur du plus dévastateur des conflits mondiaux.

Un choc sans précédent, pour que les générations se souviennent de l’apocalypse…

De Jean-Louis Guillaud, Henri de Turenne, Isabelle Clarke et Daniel Costelle

Réalisée par Isabelle Clarke

Commentaire écrit par Daniel Costelle et dit par Mathieu Kassovitz

Producteur délégué Louis Vaudeville

Une coproduction CC&C - ECPAD

Avec la participation de France 2, National Geographic Channels International, NDR Norddeutscher Rundfunk, WDR, MDR, SWR, NHK, TV5Monde, RTBF, TSR, Planète Et du Centre National de la Cinématographie (CNC)

Avec le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah et du Programme MEDIA de l’Union Européenne

Distribution internationale et vidéo France Télévisions Distribution

Musique originale Kenji Kawai

Montage son Gilbert Courtois

Mixage 5.1 Philippe Vaidie

Couleur François Montpellier

Unité des documentaires France 2

Patricia Boutinard Rouelle, Dana Hastier et Clémence Coppey

// Les épisodes

Episode 1 : L’Agression (1933 - 1939)

Mardi 8 septembre à 20h35

Episode 2 : L’écrasement (1939 - 1940)

Mardi 8 septembre à 21h30

Episode 3 : Le Choc (1940 - 1941)

Mardi 15 septembre à 20h35

Episode 4 : L’Embrasement (1941 - 1942)

Mardi 15 septembre à 21h30

Episode 5 : L’Etau (1942 - 1943)

Mardi 22 septembre à 20h35

Episode 6 : L’Enfer (1944 - -1945)

Mardi 22 septembre à 21h30

// Making of

Isabelle Clarke et Daniel Costelle

Notre ambition est là : montrer la guerre pour servir la paix

Des archives inédites

Dans ce métier, j’ai fini par accepter l’inattendu comme règle.

Raconter avec le son

Rencontre avec un passionné du son et d’aéronautique

Donner une cohérence musicale

Rencontre avec Kenji Kawai

Restituer la couleur

François Montpellier, le magicien de la couleur

Mathieu Kassovitz

S’autoriser une certaine émotion

Au service de l’histoire

Henri de Turenne et Jean-Louis Guillaud