01/06/1940

Angleterre : l’esprit de résistance

// Vidéo Les aviateurs anglais

Les pilotes anglais sont des étudiants d’Oxford ou de Cambridge.

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Grandes Batailles : Un pilote abattu

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Les Allemands occupent les Iles anglo-normandes, Jersey et Guernesey. Un premier pas vers l’invasion de la Grande-Bretagne. Hitler attend. Après tout, ces gens sont des cousins germains. Une alliance avec eux est envisageable. L’Europe serait allemande, l’océan, britannique. Mais Churchill n’acceptera jamais.
Les Anglais attendent une invasion allemande. Ils s’y préparent. Les enfants sont placés à l’abri à la campagne tandis que leurs grandes sœurs, leurs mères et leurs mamies s’engagent. Chacune doit défendre sa maison contre les redoutables parachutistes allemands.
Sont aussi volontaires pour la Home Guard, la défense locale, tous les hommes, même les vétérans de la guerre de 14, même ceux de la guerre des Boers d’Afrique du sud de 1902. Une mobilisation des bonnes volontés pendant que l’armée sauvée à Dunkerque se reconstitue.
Tous les hommes, même les vétérans de la guerre de 14, même ceux de la guerre des Boers d’Afrique du sud de 1902, sont volontaires pour la Home Guard. L’Amérique fournit les fusils, les mitrailleuses et les canons antiaériens, et l’entraînement se perfectionne.
Churchill prononce alors son discours resté le plus cher dans le cœur des Anglais : "La Bataille d’Angleterre va commencer. Nous devons rassembler toutes nos forces. Si l’Empire britannique existe encore dans mille ans, les hommes de ce temps diront : Ceux-là ont vécu leur moment le plus glorieux."
L’une des armes principales de Churchill, c’est la RAF, la Royal Air Force. Et un avion remarquable, le Spitfire avec son moteur Rolls-Royce, le meilleur chasseur du monde.
Les Anglais ont aussi une avance dans le domaine de l’électronique. C’est un Anglais qui a inventé le Radar, pour détecter les avions et permettre aux Ops rooms, les centres de contrôle, de diriger les pilotes vers l’ennemi.
Aux pilotes venus de tout l’empire britannique se sont joints ceux qui ont réussi à s’enfuir de leur pays occupé par les Allemands. Ceux dont les gouvernements sont en exil à Londres, comme les Polonais, les Hollandais, les Belges, les Tchèques, de nombreux Américains, dont le pays est pourtant resté neutre, et les premiers Français Libres, avec de Gaulle.

D’après "Apocalypse, la deuxième guerre mondiale", une production CC&C

Colonel Zumbach, pilote volontaire polonais : "Etre abattu"

La RAF accueille tous ceux qui sont venus du Commonwealth ainsi que les volontaires américains et les Européens comme les Hollandais ou les Tchèques et tous ceux qui veulent poursuivre la lutte avec elle. Les polonais sont les plus nombreux. Dès le début, leurs 135 pilotes forment des escadrilles 100% polonaises qui ont la réputation d’être sans pitié pour l’ennemi. Le colonel Zumbach, 18 victoires, a combattu en Pologne et en France, avant de gagner l’Angleterre :


« Les difficultés, les premières difficultés que nous avons rencontrées c’était des difficultés de la langue anglaise étant donné que personne, ou à peu près personne parlait cette langue. Il y avait des leçons d’anglais qui duraient à peu près trois jours à Cambridge où ils nous ont appris deux ou trois mots, tourner à gauche, tourner à droite, montez descendez ou atterrissez.
Notre escadrille à la fin de la bataille d’Angleterre a descendu 126 avions homologués avec perte de 8 pilotes mais tous les pilotes ont sauté - même il y avait des veinards qui ont sauté deux fois. Moi j’ai été abattu deux fois.

- Les grandes batailles : Comment comment est ce que vous avez été abattu ? Vous vous en êtes aperçu ?
- colonel Zumbach : Non, je ne me suis pas tellement aperçu étant donné que je pensais que l’avion qui était derrière moi, que c’est mon coéquipier, j’attaquais trois autres qui étaient plus bas ; à ce moment là je me trouvais déplumé complètement avec le manche à balai dans la main, le reste de l’avion mis à part complètement. Tout ce que j’avais à faire c’était de me détacher du restant de mon siège et ouvrir le parachute.

- LGB : Vous avez d’autres histoires comme ça, qui vous reviennent en mémoire, non ?
- C.Z : Oui, il y avait aussi un pilote qui avait toujours de la difficulté de trouver notre hôte, qui était la base la plus facile à trouver ; il s’égarait à chaque fois, il atterrissait sur deux ou trois aérodromes pour arriver à bon port. On a découvert qu’il portait dans sa botte d’aviateur un énorme fer à cheval qui faisait dévier la boussole de 30 degrés.

- LGB : Vous les Polonais et les Tchèques aussi vous aviez la réputation d’être follement courageux mais aussi très féroces, c’était vrai ?
- C.Z : Les Anglais étaient outrés, mais probablement ils ne comprenaient pas du tout pourquoi nous sommes moins sportifs qu’eux. Ca vient du fait que pour nous c’était probablement la dernière retraite. Une fois ont été chassés de Pologne, deuxième fois de France et maintenant tout le monde se dit que d’ici il n’y a plus d’autre issue que rester sur place et de combattre. »

Extrait de "La Bataille d’Angleterre", série "Les grandes batailles".

Le 13 mai 1940, 3 jours après avoir été désigné comme Premier ministre par le roi, Churchill se présente devant la Chambre des communes pour un discours qui fait office d’investiture et où il prône la poursuite de la guerre. (extrait)


(…) Je veux dire à la Chambre, comme je l’ai dit à chacun de ceux qui ont rejoint ce gouvernement : « Je n’ai à vous offrir que du sang, de la peine, des larmes et de la sueur ». Nous avons devant nous une feuille de route d’une terrible difficulté. Nous avons devant nous de longs mois de combat et de souffrance. Vous vous demandez : quelle va être notre politique ? Je vous répondrai : mener la guerre, sur la mer, sur terre et dans les airs, avec toute la volonté et toute la force que Dieu voudra nous donner ; mener la guerre contre une monstrueuse tyrannie, jamais dépassée dans le sinistre et sombre catalogue des crimes humains. Voilà quelle est notre politique. Vous vous demandez quel est notre but ? Je vous répondrai en un seul mot : notre but c’est la victoire, la victoire à tout prix, la victoire en dépit de la terreur, la victoire quelque longue et difficile la route puisse être ; parce que sans victoire, il n’y aura pas de survie. Gardons cela à l’esprit : pas de survie pour l’Empire britannique, pas de survie pour tout ce que l’Empire britannique a porté et pour tout ce à pourquoi il a combattu, pas de survie pour l’héritage de notre Histoire selon lequel l’humanité progresse pas à pas vers son objectif. Mais je considère ma mission avec sérénité et espoir. Je suis certain que notre cause ne souffrira pas des hommes qui la soutiennent. Je me sens aujourd’hui fondé à réclamer l’aide de tous, en disant : « Venez, avançons ensemble, fort de notre unité ! »

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