transcription
Baptiste Salis
Je m'appelle Baptiste Salis. J'ai vingt ans, je suis mécanicien avion de collection et pilote.
Baptiste Salis, hors champ
Je viens d'une famille qui est dans l'aéronautique depuis que l'aéronautique, elle existe. Mon grand-père a fait ses premiers vols en 1913.
Georges
C'est bon Baptiste ?
Baptiste Salis
J'ouvre la trappe !
George
Ça, c'est bon ! Arrête ! Et maintenant : auto !
Baptiste Salis, hors champ
Mécanicien restaurateur, c'est de l'entretien de la machine. On veille à ce qu'elle reste le plus longtemps possible dans le plus bel état possible, en conservant cette page d'histoire. Nous sommes amenés à refaire de l'entoilage, de la peinture, de la menuiserie.
La première étape pour faire de la toile : on s'assure du bon état de la surface sur laquelle on va appliquer la toile. Une fois que cette surface est préparée, on passe de la colle dessus. Dès que la colle a séché, on applique un fer sur la surface et le matériau se tend, et ensuite nous pouvons y appliquer une peinture une autre fois.
Mon oncle Georges, il est arrivé, on va dire, il y a une dizaine d'années. Il est venu nous apporter son savoir sur ce type de machine, qui est donc des machines américaines. C'est un avion de la Deuxième Guerre mondiale. C'est un chasseur. Les pilotes qui pilotaient à cette époque-là avaient un avion qui était attitré, quasiment. Donc se liait une certaine forme d'amitié avec cet avion, si vous voulez, parce que tous les matins, s'ils revenaient le soir, c'était grâce à cette machine qui leur portait chance. Donc, ils leur ont voué vraiment une personnalité.
Les petites croix noires qui sont sur le flanc de l'appareil, donc ça, c'est le nombre de victoires de l'appareil. Donc, à chaque victoire on rajoutait une petite croix qui correspond à un ennemi abattu.
Georges
Branche les hydrauliques !
Baptiste Salis
Il est branché !
Georges
Batterie : on !
Baptiste Salis
Batterie on. Voilà !
Georges
Et maintenant quatre pales. Démarrage !
Baptiste Salis, hors champ
La dernière chose qu'on fait avant le vol, c'est : on tourne les pales pour voir le moteur s'il n'est pas bloqué, s'il n'y a pas de bruit suspect, si son fonctionnement paraît correct.
C'est un milieu qui est quand même très très convivial. Le but, c'est de communier avec les autres personnes. Donc, pour sortir l'avion, on est toujours deux ou trois. Pour mettre en route, vous avez vu, il faut que j'aie une personne qui me donne un coup de main parce que je peux pas... L'avion n'est pas équipé de démarreur. Donc il faut que j'aie un copain qui me lance l'hélice.
Avant chaque départ, on fait le tour de l'avion pour voir si à la suite du dernier vol des pièces n'ont pas lâché, n'ont pas été déformées. C'est des étapes indispensables pour aller faire son vol. Il faut pas être précipité. Il faut être détendu quand on va voler.
Le Bücker Jungmann, c'est un avion allemand, d'entraînement et de la voltige allemande qui date de 1936, 37. Donc, c'est un avion qui est réputé pour ses commandes qui sont très très agréables. Ce qui est certain, c'est que, une fois qu'on est dans l'avion, que le moteur tourne, qu'on va voler, vous vous sentez plus fatigué, vous vous sentez pas de mal au dos, de mal quelque part, de soucis. On pense plus qu'au moment agréable qu'on va passer. Tout le vol est merveilleux, on communique avec la machine, on sent que il faut qu'elle reprenne de la vitesse, qu'elle a besoin d'avoir un peu plus de tours moteur, qu'elle a envie de respirer de l'air frais. On monte. On commence à voltiger. Vous essayez de pas la brusquer. On pilote en caressant la machine. On n'a pas de marge d'erreur, parce que c'est pas comme sur les vieilles voitures où, effectivement, si le moteur vous lâche ou quelque chose, vous vous arrêtez sur le bord de la route puis à la limite vous appelez une dépanneuse. Là, quand on se pose dans des champs, c'est pas que c'est très grave, mais c'est quand même beaucoup plus ennuyeux.
Baptiste Salis
Il y a de la montée d'adrénaline parce que on a des sensations, quand même, qui sont assez fortes, mais on recherche pas du tout de la peur.
Le seul but de ma vie, quoi, c'est triste peut-être à dire, mais il y a que les avions qui… qui... C'est le centre de ma vie, quoi, je fais que ça. J'habite sur l'aérodrome, je me lève, il y a les avions, je me couche jusqu'au lendemain où il y a de nouveau les avions…
Je m'appelle Baptiste Salis. J'ai vingt ans, je suis mécanicien avion de collection et pilote.
Baptiste Salis, hors champ
Je viens d'une famille qui est dans l'aéronautique depuis que l'aéronautique, elle existe. Mon grand-père a fait ses premiers vols en 1913.
Georges
C'est bon Baptiste ?
Baptiste Salis
J'ouvre la trappe !
George
Ça, c'est bon ! Arrête ! Et maintenant : auto !
Baptiste Salis, hors champ
Mécanicien restaurateur, c'est de l'entretien de la machine. On veille à ce qu'elle reste le plus longtemps possible dans le plus bel état possible, en conservant cette page d'histoire. Nous sommes amenés à refaire de l'entoilage, de la peinture, de la menuiserie.
La première étape pour faire de la toile : on s'assure du bon état de la surface sur laquelle on va appliquer la toile. Une fois que cette surface est préparée, on passe de la colle dessus. Dès que la colle a séché, on applique un fer sur la surface et le matériau se tend, et ensuite nous pouvons y appliquer une peinture une autre fois.
Mon oncle Georges, il est arrivé, on va dire, il y a une dizaine d'années. Il est venu nous apporter son savoir sur ce type de machine, qui est donc des machines américaines. C'est un avion de la Deuxième Guerre mondiale. C'est un chasseur. Les pilotes qui pilotaient à cette époque-là avaient un avion qui était attitré, quasiment. Donc se liait une certaine forme d'amitié avec cet avion, si vous voulez, parce que tous les matins, s'ils revenaient le soir, c'était grâce à cette machine qui leur portait chance. Donc, ils leur ont voué vraiment une personnalité.
Les petites croix noires qui sont sur le flanc de l'appareil, donc ça, c'est le nombre de victoires de l'appareil. Donc, à chaque victoire on rajoutait une petite croix qui correspond à un ennemi abattu.
Georges
Branche les hydrauliques !
Baptiste Salis
Il est branché !
Georges
Batterie : on !
Baptiste Salis
Batterie on. Voilà !
Georges
Et maintenant quatre pales. Démarrage !
Baptiste Salis, hors champ
La dernière chose qu'on fait avant le vol, c'est : on tourne les pales pour voir le moteur s'il n'est pas bloqué, s'il n'y a pas de bruit suspect, si son fonctionnement paraît correct.
C'est un milieu qui est quand même très très convivial. Le but, c'est de communier avec les autres personnes. Donc, pour sortir l'avion, on est toujours deux ou trois. Pour mettre en route, vous avez vu, il faut que j'aie une personne qui me donne un coup de main parce que je peux pas... L'avion n'est pas équipé de démarreur. Donc il faut que j'aie un copain qui me lance l'hélice.
Avant chaque départ, on fait le tour de l'avion pour voir si à la suite du dernier vol des pièces n'ont pas lâché, n'ont pas été déformées. C'est des étapes indispensables pour aller faire son vol. Il faut pas être précipité. Il faut être détendu quand on va voler.
Le Bücker Jungmann, c'est un avion allemand, d'entraînement et de la voltige allemande qui date de 1936, 37. Donc, c'est un avion qui est réputé pour ses commandes qui sont très très agréables. Ce qui est certain, c'est que, une fois qu'on est dans l'avion, que le moteur tourne, qu'on va voler, vous vous sentez plus fatigué, vous vous sentez pas de mal au dos, de mal quelque part, de soucis. On pense plus qu'au moment agréable qu'on va passer. Tout le vol est merveilleux, on communique avec la machine, on sent que il faut qu'elle reprenne de la vitesse, qu'elle a besoin d'avoir un peu plus de tours moteur, qu'elle a envie de respirer de l'air frais. On monte. On commence à voltiger. Vous essayez de pas la brusquer. On pilote en caressant la machine. On n'a pas de marge d'erreur, parce que c'est pas comme sur les vieilles voitures où, effectivement, si le moteur vous lâche ou quelque chose, vous vous arrêtez sur le bord de la route puis à la limite vous appelez une dépanneuse. Là, quand on se pose dans des champs, c'est pas que c'est très grave, mais c'est quand même beaucoup plus ennuyeux.
Baptiste Salis
Il y a de la montée d'adrénaline parce que on a des sensations, quand même, qui sont assez fortes, mais on recherche pas du tout de la peur.
Le seul but de ma vie, quoi, c'est triste peut-être à dire, mais il y a que les avions qui… qui... C'est le centre de ma vie, quoi, je fais que ça. J'habite sur l'aérodrome, je me lève, il y a les avions, je me couche jusqu'au lendemain où il y a de nouveau les avions…





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