transcription
Véronique Stedman
Je m'appelle Véronique Sorano-Stedman, je suis restauratrice de peinture. C'est un métier qui est issu de l'amour de la peinture déjà.
Véronique Stedman, hors champ
Ma première vocation était la peinture et très vite c'est la peinture des autres qui m'a intéressée plus que la mienne. Le métier de restaurateur c'est un peu un métier de chirurgien, de médecin. On parle de pathologie pour les peintures.
En premier lieu, il y a donc un diagnostic visuel des œuvres et à partir de ce moment-là, on sollicite les scientifiques, on fait des prélèvements et puis on examine les couches. On a des renseignements sur le nombre de couches. On peut aussi avoir des renseignements chimiques parce que une partie de notre travail est de la chimie. C'est à dire une partie consiste à solubiliser des matériaux, donc à avoir une connaissance de la composition de ces matériaux.
Tout geste de restaurateur, que ce soit au niveau du nettoyage, de la retouche, c'est quand même un geste qui émane d'une réflexion critique. Ce n'est pas une action mécanique et répétitive. C'est plutôt vraiment la pensée, le regard qui guident le dosage de l'intervention.
Ici on est dans la Galerie des Glaces, et donc on est devant un grand ensemble de peintures. C'est surtout de la peinture la Galerie des Glaces. On est dans un travail de groupe, sur un chantier, et c'est important que le résultat soit un résultat uniforme, qu'on ne sente pas que telle personne a travaillé plutôt que telle autre. Donc, quand on dirige en particulier un travail, on est sensé pouvoir donner des indications, faire, partiellement, le travail et en même temps suivre, expliquer, transmettre. C'est très important d'arriver à une unité visuelle.
C'est un petit peu particulier notre métier. On doit vraiment à la fois intégrer ce qui s'est fait dans le passé. Mais on doit toujours rester en état de formation permanente…
Véronique Stedman
Tu vois bien qu'il y a une couche qui passe sur toutes les écailles.
Une autre restauratrice
Oui, parce que là, c'est une écaille originale. Et là, apparemment non.
Véronique Stedman
Oui là voilà ! Tu vois, donc c'est ça qui te fournit un peu l'indice qu'en fait c'est pas … C'est encore une couche d'intervention.
Une autre restauratrice
Par exemple partout là, alors, il y a encore une couche d'intervention ?
Véronique Stedman
Oui, absolument.
Véronique Stedman
Quand on veut suivre le travail d'un restaurateur, ce n'est pas toujours évident de comprendre ce qu'il est en train de faire et d'apprécier le résultat final parce que il y a des phases ingrates. Donc, notre travail par exemple de nettoyage, si il se borne à enlever une crasse, très sombre, et à retrouver en dessous des couleurs éclatantes, effectivement il est immédiatement perceptible. Si, comme c'est le plus souvent le cas, on se retrouve devant une surface originale très abîmée, très endommagée, il n'y a guère que le restaurateur qui peut anticiper et comprendre ce que l'on va pouvoir tirer de cet état endommagé.
Véronique Stedman
Ça, c'est le degré avec vernis et repeint. Ça, c'est sans le vernis et une partie des repeints sont partis. Et là, nous avons le niveau original.
Véronique Stedman, hors champ
Y'a des petites surprises amusantes comme ça en cours de nettoyage où on arrive effectivement à retrouver parfois des traces des prédécesseurs, des étapes de leur intervention, un peu comme on peut retrouver parfois chez un malade qui a été opéré une compresse oubliée à l'intérieur. Enfin, là aujourd'hui, on a fait une petite découverte de cet ordre-là. Y'avait effectivement sous des couches de repeint un morceau de papier journal. Mais c'est amusant parce que ça nous renvoie à ce travail des prédécesseurs. Peut-être ça nous aidera à dater d'ailleurs, l'intervention.
Le restaurateur est très souvent quelqu'un qui travaille sur plusieurs choses à la fois. Je travaille au Louvre, je travaille sur place dans les musées de province et je suis soumise à toutes les contraintes d'urgences d'expositions. Y'a aussi un côté restauration rapide quand y'a des toiles qui tombent, se déchirent avec une exposition. Il faut être capable d'accourir et tout de suite de pratiquer les premiers soins. Donc, si vous voulez, c'est un métier qui suppose je pense beaucoup beaucoup de dynamisme et de capacité de s'adapter.
Véronique Stedman
On doit être devant l'oeuvre d'art comme si elle était naturellement arrivée à cet état de conservation, à l'âge qu'elle a et sans avoir le sentiment que on a vraiment reverni, repeint, remis à neuf, si vous voulez.
Je m'appelle Véronique Sorano-Stedman, je suis restauratrice de peinture. C'est un métier qui est issu de l'amour de la peinture déjà.
Véronique Stedman, hors champ
Ma première vocation était la peinture et très vite c'est la peinture des autres qui m'a intéressée plus que la mienne. Le métier de restaurateur c'est un peu un métier de chirurgien, de médecin. On parle de pathologie pour les peintures.
En premier lieu, il y a donc un diagnostic visuel des œuvres et à partir de ce moment-là, on sollicite les scientifiques, on fait des prélèvements et puis on examine les couches. On a des renseignements sur le nombre de couches. On peut aussi avoir des renseignements chimiques parce que une partie de notre travail est de la chimie. C'est à dire une partie consiste à solubiliser des matériaux, donc à avoir une connaissance de la composition de ces matériaux.
Tout geste de restaurateur, que ce soit au niveau du nettoyage, de la retouche, c'est quand même un geste qui émane d'une réflexion critique. Ce n'est pas une action mécanique et répétitive. C'est plutôt vraiment la pensée, le regard qui guident le dosage de l'intervention.
Ici on est dans la Galerie des Glaces, et donc on est devant un grand ensemble de peintures. C'est surtout de la peinture la Galerie des Glaces. On est dans un travail de groupe, sur un chantier, et c'est important que le résultat soit un résultat uniforme, qu'on ne sente pas que telle personne a travaillé plutôt que telle autre. Donc, quand on dirige en particulier un travail, on est sensé pouvoir donner des indications, faire, partiellement, le travail et en même temps suivre, expliquer, transmettre. C'est très important d'arriver à une unité visuelle.
C'est un petit peu particulier notre métier. On doit vraiment à la fois intégrer ce qui s'est fait dans le passé. Mais on doit toujours rester en état de formation permanente…
Véronique Stedman
Tu vois bien qu'il y a une couche qui passe sur toutes les écailles.
Une autre restauratrice
Oui, parce que là, c'est une écaille originale. Et là, apparemment non.
Véronique Stedman
Oui là voilà ! Tu vois, donc c'est ça qui te fournit un peu l'indice qu'en fait c'est pas … C'est encore une couche d'intervention.
Une autre restauratrice
Par exemple partout là, alors, il y a encore une couche d'intervention ?
Véronique Stedman
Oui, absolument.
Véronique Stedman
Quand on veut suivre le travail d'un restaurateur, ce n'est pas toujours évident de comprendre ce qu'il est en train de faire et d'apprécier le résultat final parce que il y a des phases ingrates. Donc, notre travail par exemple de nettoyage, si il se borne à enlever une crasse, très sombre, et à retrouver en dessous des couleurs éclatantes, effectivement il est immédiatement perceptible. Si, comme c'est le plus souvent le cas, on se retrouve devant une surface originale très abîmée, très endommagée, il n'y a guère que le restaurateur qui peut anticiper et comprendre ce que l'on va pouvoir tirer de cet état endommagé.
Véronique Stedman
Ça, c'est le degré avec vernis et repeint. Ça, c'est sans le vernis et une partie des repeints sont partis. Et là, nous avons le niveau original.
Véronique Stedman, hors champ
Y'a des petites surprises amusantes comme ça en cours de nettoyage où on arrive effectivement à retrouver parfois des traces des prédécesseurs, des étapes de leur intervention, un peu comme on peut retrouver parfois chez un malade qui a été opéré une compresse oubliée à l'intérieur. Enfin, là aujourd'hui, on a fait une petite découverte de cet ordre-là. Y'avait effectivement sous des couches de repeint un morceau de papier journal. Mais c'est amusant parce que ça nous renvoie à ce travail des prédécesseurs. Peut-être ça nous aidera à dater d'ailleurs, l'intervention.
Le restaurateur est très souvent quelqu'un qui travaille sur plusieurs choses à la fois. Je travaille au Louvre, je travaille sur place dans les musées de province et je suis soumise à toutes les contraintes d'urgences d'expositions. Y'a aussi un côté restauration rapide quand y'a des toiles qui tombent, se déchirent avec une exposition. Il faut être capable d'accourir et tout de suite de pratiquer les premiers soins. Donc, si vous voulez, c'est un métier qui suppose je pense beaucoup beaucoup de dynamisme et de capacité de s'adapter.
Véronique Stedman
On doit être devant l'oeuvre d'art comme si elle était naturellement arrivée à cet état de conservation, à l'âge qu'elle a et sans avoir le sentiment que on a vraiment reverni, repeint, remis à neuf, si vous voulez.





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