transcription
Marcelle Guillet
Je suis Marcelle Guillet, parurière florale. J'exerce ma profession depuis plus de trente ans dans la même maison, qui était la maison de mon père.
Marcelle Guillet, hors champ
Le métier de parurier floral, c'est partir d'un tissu, l'ennoblir, pour après, en faire une fleur. Que ce soit une fleur pour la mode, comme pour la décoration. Pour donner l'aspect le plus naturel, je crois qu'il faut observer d'abord la fleur dans son univers naturel. Alors, quelquefois, c'est dans la nature, quelquefois c'est chez le fleuriste. Et là, j'observe, je regarde et j'ai toujours l'impression que mon regard touche déjà le pétale pour trouver le tissu. Si je dois aller vers la réalité, je vais choisir plus facilement une soie, une percale, parce que c'est le plus proche de la nature. Quelquefois du velours, car n'oublions pas que quelquefois, quand on regarde une rose ou un iris, on a l'impression de ce velouté merveilleux d'un velours de soie. Par contre, si je vais aller vers de la mode, je vais peut-être aller vers de la dentelle, rebrodée, ou de l'organza ou… pour donner l'aspect qu'on souhaite.
Marcelle Guillet
Elle est soyeuse, on dirait une soie presque bleue, quand je mélange ma soie dans la rose, elle est parfaite.
Marcelle Guillet, hors champ
Lorsque mes pétales sont découpés, bien évidemment on va pas les garder en blanc. On va essayer de les rendre vivants, et pour les rendre vivants, on va les colorer. Donc, je vais faire deux retouches, trois retouches. Car quand on observe la nature, on se rend bien compte qu'un pétale n'est jamais uni en couleur.
Pour après réaliser le modèle, la fleur, quelle qu'elle soit, que ce soit un dahlia, que ce soit un dahlia chrysanthème je pense, ou que ce soit une rose, il y a un travail très important de mise en forme, donc de savoir-faire. Et on va travailler à la boule et à la pince et au doigt. Donc, vous voyez, en mouvements sur une fleur, il peut y avoir jusqu'à cinq ou six gestes complètement différents.
Quatre vingt dix pour cent du travail est fait à la main. La main c'est quelque chose d'essentiel. Lorsque je recrute une collaboratrice ou que je la forme, je lui dis : « Dans vos mains, je vais trouver ce que vous faites de mieux ».
Marcelle Guillet
Je travaille à la fois comme mes prédécesseurs, mon père ou mon grand-père dans le domaine de la décoration, c'est-à-dire le cinéma, le théâtre, l'intérieur de la maison. Et puis on a élargi la production pour la couture, l'accessoire de mode.
Marcelle Guillet, hors champ
Lorsque les fleurs n'ornent pas l'intérieur, pour une grande partie, elles ornent le vêtement. Cela peut relever un vêtement, qui restera très simple, et la fleur permettra de mettre en valeur à la fois le vêtement et la femme.
Je travaille la fleur de mode avec évidemment beaucoup de créateurs. Parmi ceux-là, vous compterez Monsieur Ungaro, Mme Rykiel, la maison Rochas, Torrente, etc. Et bien d'autres. C'est merveilleux, parce que chacun, c'est différent et si c'est différent cela veut dire que on progresse. Et on crée toujours… Et créer c'est merveilleux…
Marcelle Guillet
Le savoir-faire que nous avons en France est reconnu dans le monde entier. Mais il faut reconnaître qu'aujourd'hui, c'est un métier rare, un métier qu'il faut absolument pérenniser et en tout cas, personnellement, je forme au maximum et je fais tout pour que le métier derrière moi continue.
Alors écoute-moi, tu vas me faire deux tours. Dans l'identique, tu as bien vu qu'elle est très charnue, elle est extrêmement garnie. Donc, tu me la continues dans le même principe et puis tu vas passer tout de suite à la taille au-dessus. O.K. ? Allez, vas-y, je te laisse faire !
La transmission pour moi, c'est important parce que je trouve que c'est un tellement beau métier et je crois que la jeunesse a besoin de s'exprimer aussi car on s'exprime dans nos métiers manuels. On se réalise. Je n'ai rien contre les métiers du tertiaire, certes, il y en a besoin. Mais ce n'est quand même pas la même chose et tout le monde ne peut pas être dans le tertiaire. Et être dans le rêve et donner du rêve à chacun, c'est quelque chose d'extraordinaire.
Le plus beau compliment que l'on a pu me faire ? C'est une créatrice qui m'a dit : « Vos fleurs vivent à travers vous et vous vivez à travers elles. » Et je crois que là, elle avait le mot le plus juste.
Je suis Marcelle Guillet, parurière florale. J'exerce ma profession depuis plus de trente ans dans la même maison, qui était la maison de mon père.
Marcelle Guillet, hors champ
Le métier de parurier floral, c'est partir d'un tissu, l'ennoblir, pour après, en faire une fleur. Que ce soit une fleur pour la mode, comme pour la décoration. Pour donner l'aspect le plus naturel, je crois qu'il faut observer d'abord la fleur dans son univers naturel. Alors, quelquefois, c'est dans la nature, quelquefois c'est chez le fleuriste. Et là, j'observe, je regarde et j'ai toujours l'impression que mon regard touche déjà le pétale pour trouver le tissu. Si je dois aller vers la réalité, je vais choisir plus facilement une soie, une percale, parce que c'est le plus proche de la nature. Quelquefois du velours, car n'oublions pas que quelquefois, quand on regarde une rose ou un iris, on a l'impression de ce velouté merveilleux d'un velours de soie. Par contre, si je vais aller vers de la mode, je vais peut-être aller vers de la dentelle, rebrodée, ou de l'organza ou… pour donner l'aspect qu'on souhaite.
Marcelle Guillet
Elle est soyeuse, on dirait une soie presque bleue, quand je mélange ma soie dans la rose, elle est parfaite.
Marcelle Guillet, hors champ
Lorsque mes pétales sont découpés, bien évidemment on va pas les garder en blanc. On va essayer de les rendre vivants, et pour les rendre vivants, on va les colorer. Donc, je vais faire deux retouches, trois retouches. Car quand on observe la nature, on se rend bien compte qu'un pétale n'est jamais uni en couleur.
Pour après réaliser le modèle, la fleur, quelle qu'elle soit, que ce soit un dahlia, que ce soit un dahlia chrysanthème je pense, ou que ce soit une rose, il y a un travail très important de mise en forme, donc de savoir-faire. Et on va travailler à la boule et à la pince et au doigt. Donc, vous voyez, en mouvements sur une fleur, il peut y avoir jusqu'à cinq ou six gestes complètement différents.
Quatre vingt dix pour cent du travail est fait à la main. La main c'est quelque chose d'essentiel. Lorsque je recrute une collaboratrice ou que je la forme, je lui dis : « Dans vos mains, je vais trouver ce que vous faites de mieux ».
Marcelle Guillet
Je travaille à la fois comme mes prédécesseurs, mon père ou mon grand-père dans le domaine de la décoration, c'est-à-dire le cinéma, le théâtre, l'intérieur de la maison. Et puis on a élargi la production pour la couture, l'accessoire de mode.
Marcelle Guillet, hors champ
Lorsque les fleurs n'ornent pas l'intérieur, pour une grande partie, elles ornent le vêtement. Cela peut relever un vêtement, qui restera très simple, et la fleur permettra de mettre en valeur à la fois le vêtement et la femme.
Je travaille la fleur de mode avec évidemment beaucoup de créateurs. Parmi ceux-là, vous compterez Monsieur Ungaro, Mme Rykiel, la maison Rochas, Torrente, etc. Et bien d'autres. C'est merveilleux, parce que chacun, c'est différent et si c'est différent cela veut dire que on progresse. Et on crée toujours… Et créer c'est merveilleux…
Marcelle Guillet
Le savoir-faire que nous avons en France est reconnu dans le monde entier. Mais il faut reconnaître qu'aujourd'hui, c'est un métier rare, un métier qu'il faut absolument pérenniser et en tout cas, personnellement, je forme au maximum et je fais tout pour que le métier derrière moi continue.
Alors écoute-moi, tu vas me faire deux tours. Dans l'identique, tu as bien vu qu'elle est très charnue, elle est extrêmement garnie. Donc, tu me la continues dans le même principe et puis tu vas passer tout de suite à la taille au-dessus. O.K. ? Allez, vas-y, je te laisse faire !
La transmission pour moi, c'est important parce que je trouve que c'est un tellement beau métier et je crois que la jeunesse a besoin de s'exprimer aussi car on s'exprime dans nos métiers manuels. On se réalise. Je n'ai rien contre les métiers du tertiaire, certes, il y en a besoin. Mais ce n'est quand même pas la même chose et tout le monde ne peut pas être dans le tertiaire. Et être dans le rêve et donner du rêve à chacun, c'est quelque chose d'extraordinaire.
Le plus beau compliment que l'on a pu me faire ? C'est une créatrice qui m'a dit : « Vos fleurs vivent à travers vous et vous vivez à travers elles. » Et je crois que là, elle avait le mot le plus juste.





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