transcription
Corneille
Moi, je savoure chaque instant, bien avant que s'éteigne la lumière. Alors on vit chaque jour comme le dernier, Et vous feriez pareil si seulement vous saviez…
Corneille
Ça m'a toujours intrigué un pays où on est à quelques heures à peine de New York, Montréal surtout, qui reste quand même, qui garde quand même beaucoup de caractéristiques d'une grande métropole nord-américaine, et où on parle français. Et alors je me suis dit je vais aller au Canada, c'était en 97, je vais aller au Canada, rendre visite à mon oncle et voir comment ça se passe. J'y ai fait une semaine et je suis tombé amoureux de la ville et je suis resté, ça fait 7 ans maintenant.
Bernard Pivot
Et pourquoi finalement, n'avez-vous pas choisi l'anglais pour vous exprimer comme chanteur plutôt que le français ?
Corneille
Je l'ai fait, je l'ai fait…
Bernard Pivot
Ah bon.
Corneille
…Je faisais de la musique déjà au Rwanda, bizarrement, je le faisais en anglais, parce que bon, mes influences musicales faut le dire, venaient des États-Unis, ou en tout cas étaient anglo-saxonnes. Jusqu'au jour où je me suis rendu compte que habiter au Québec et faire de la musique en anglais, il y a presque pas d'avenir là-dedans…
Bernard Pivot
C'est que vous étiez un vrai Québécois.
Corneille
J'étais un vrai Québécois.
Bernard Pivot
... Avec tous les problèmes des Québécois.
Corneille
Exactement, exactement, et je me suis heurté donc à ce problème-là, qui était pas vraiment un problème, mais qui m'a juste ouvert les yeux sur le fait que j'étais francophone, avant d'être anglophone, même si je suis parfaitement bilingue. Et j'ai fait la plus belle découverte de ma vie, c'est que quel que soit le style musical qu'on veut apporter, à la langue française, qu'on doit se laisser guider par la langue française, parce que c'est une langue qui se laisse pas faire. Et je dis toujours que j'ai marié mes influences anglo-saxonnes, dont la musique black américaine, le gospel, le jazz, et la langue française. Dans le couple, c'est la langue française qui portait la culotte, et dans le style musical que je fais, le risque c'est de vouloir faire une adaptation de ce qui se fait en anglais en français et c'est impossible.
Moi, je savoure chaque instant, bien avant que s'éteigne la lumière. Alors on vit chaque jour comme le dernier, Et vous feriez pareil si seulement vous saviez…
Corneille
Ça m'a toujours intrigué un pays où on est à quelques heures à peine de New York, Montréal surtout, qui reste quand même, qui garde quand même beaucoup de caractéristiques d'une grande métropole nord-américaine, et où on parle français. Et alors je me suis dit je vais aller au Canada, c'était en 97, je vais aller au Canada, rendre visite à mon oncle et voir comment ça se passe. J'y ai fait une semaine et je suis tombé amoureux de la ville et je suis resté, ça fait 7 ans maintenant.
Bernard Pivot
Et pourquoi finalement, n'avez-vous pas choisi l'anglais pour vous exprimer comme chanteur plutôt que le français ?
Corneille
Je l'ai fait, je l'ai fait…
Bernard Pivot
Ah bon.
Corneille
…Je faisais de la musique déjà au Rwanda, bizarrement, je le faisais en anglais, parce que bon, mes influences musicales faut le dire, venaient des États-Unis, ou en tout cas étaient anglo-saxonnes. Jusqu'au jour où je me suis rendu compte que habiter au Québec et faire de la musique en anglais, il y a presque pas d'avenir là-dedans…
Bernard Pivot
C'est que vous étiez un vrai Québécois.
Corneille
J'étais un vrai Québécois.
Bernard Pivot
... Avec tous les problèmes des Québécois.
Corneille
Exactement, exactement, et je me suis heurté donc à ce problème-là, qui était pas vraiment un problème, mais qui m'a juste ouvert les yeux sur le fait que j'étais francophone, avant d'être anglophone, même si je suis parfaitement bilingue. Et j'ai fait la plus belle découverte de ma vie, c'est que quel que soit le style musical qu'on veut apporter, à la langue française, qu'on doit se laisser guider par la langue française, parce que c'est une langue qui se laisse pas faire. Et je dis toujours que j'ai marié mes influences anglo-saxonnes, dont la musique black américaine, le gospel, le jazz, et la langue française. Dans le couple, c'est la langue française qui portait la culotte, et dans le style musical que je fais, le risque c'est de vouloir faire une adaptation de ce qui se fait en anglais en français et c'est impossible.





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