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retour24h à Athènes / Médias : la presse écrite n'a pas écrit son dernier mot

transcription

Voix off
Au coin de la rue, le kiosque, et autour du kiosque, toujours une certaine animation. L'image de la presse écrite grecque, solide et omniprésente est à la fois fondée et un peu courte. Athènes seule, compte aujourd'hui une trentaine de quotidiens. C'est évidemment considérable et une singularité en Europe. Deux nuances pourtant viennent un peu gâcher le tableau. D'abord, il s'agit en majorité de journaux à scandales. Surtout, leur tirage, tous ensemble, est de l'ordre de 200 000 exemplaires par jour, c'est fort peu. Plus que la puissance de l'écrit, c'est sa diversité qui frappe et son implantation.
Yannis Kartalis, Directeur de la rédaction de To Vima
Le Grec a toujours une opinion personnelle sur toutes les affaires et surtout sur les affaires politiques du pays. Chacun exprime son opinion. Nous avons, si vous voulez, cette culture du « kafenion », du café où vous avez les gens, surtout dans les villages maintenant, pas dans les grandes villes, où ils sont en train de discuter. Donc, chacun achète son journal afin de pouvoir voir son opinion écrite, n'est-ce pas, d'une manière écrite et imprimée afin de prouver à l'autre que voilà, c'est mon opinion, elle est exprimée dans le journal. Je pense que ça vient de là.
Voix off
Parmi les titres sérieux, To Vima. Une institution un peu comparable au Monde français. Tirage modeste, environ 30 0000 exemplaires, mais beaucoup plus le dimanche, comme tous ses confrères. Sensibilité de gauche modérée, ton général assez austère pour son édition quotidienne, un peu plus enlevé pour les suppléments magazine. Leur succès est d'ailleurs, l'une des surprises de ces derniers mois. Signe des temps et d'une évolution du lecteur/consommateur/citoyen.
Thanassis Lalas, Directeur du magazine
C'est vrai que la presse grecque s'adapte en proposant de nouveaux produits. Nous avons constaté que l'opinion publique s'intéressait davantage aux questions de société ou à différents sujets que nous n'avions pas l'habitude de traiter. Aujourd'hui, de plus en plus de lecteurs tournent un peu le dos à nos thèmes de prédilection, comme la politique.
Voix off
Symétrique de To Vima, plus que son opposé, Kathimerini, pourrait lui se comparer au Figaro français. Propriété d'un armateur célèbre qui n'intervient guère dans le contenu, il est associé au Herald Tribune pour une édition en anglais. Autrefois royaliste, sa sensibilité demeure à droite, mais il a évolué lui aussi. Il est aujourd'hui plus modéré, et surtout plus indépendant d'esprit, à l'image d'ailleurs de la presse grecque.
Babis Papadimitriou, Rédacteur en chef de Kathimerini
Il y a eu pendant très longtemps une relation assez directe entre la presse et la classe politique. Et je crois que ceci maintenant, il va vers, vers la fin, c'est une histoire qui a une fin, et je crois que les grands journaux maintenant, ils sont beaucoup plus indépendants des partis politiques, qu'ils ne l'étaient il y a dix ou vingt ans, et ceci est quelque chose qui est très bien.
Voix off
Autre facteur de bouleversement, le développement spectaculaire et rapide des télévisions privées depuis une dizaine d'années. La plupart ont misé sur l'information, fédératrice et moins coûteuse que la fiction. Le résultat est ambigu.
Yannis Pretenderis, Rédacteur en chef de To Vima
Il y a une saturation de l'information de la part de la télévision. Je crois, cette opération a une répercussion négative sur la presse, d'autant plus que la presse n'a pas pu jusqu'à maintenant redéfinir une personnalité à côté de la télévision depuis, de la télévision commerciale. La presse ne s'est pas redécouverte après l'invention de la télévision. Ça, c'est, je crois, c'est un problème conceptuel, qui est le problème à mon sens, essentiel de la presse grecque...
Yannis Kartalis, Directeur de la rédaction de To Vima
C'est une pensée que nous avons tous les jours : comment remplir, et comment faire face à la, aux nouvelles, d'une manière qui ne soit pas présentée par la télévision ? Et c'est un débat continuel dans les journaux, où nous n'avons pas malheureusement encore une réponse fixe, n'est-ce pas ? Nous essayons chaque fois de trouver des méthodes afin de présenter le journal d'une manière plus attrayante et afin de présenter aux lecteurs les nouvelles qu'ils peuvent pas avoir, ou les analyses aussi qu'ils peuvent pas avoir par l'intermédiaire de la télévision.
Voix off
Concurrence classique et questionnement banal sans doute, mais c'est vrai qu'il se pose plus vivement en Grèce. D'abord parce que le développement des télévisions privées a été ici plus brutal qu'ailleurs, ensuite parce que la presse écrite grecque est peu concentrée : beaucoup de titres reposent sur un lectorat fidèle, sans doute, mais restreint. Son foisonnement est une chance rare bien sûr, mais il induit aussi une fragilité particulière.

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