transcription
| Voix off Il s'appelle Ashok Mittal et c'est l'une des grandes fortunes de l'Inde. Issu d'une famille d'industriels du Penjab, il a commencé sa propre carrière comme commerçant à Delhi et l'a poursuivie comme importateur de marbre. C'est à la bourse de Bombay pourtant qu'il doit sa richesse presque neuve. En profiter n'est pas toujours simple. Parmi les soucis d'Ashok, sa sécurité est menacée, dit-il, par les visiteurs indélicats et qui l'empêchent de se déplacer sans escorte. Ashok souffre aussi du mal de mer : handicap lorsque l'on réside de l'autre côté de la baie à une demi-heure de bateau. Ashok Mittal C'est notre maison de week-end, je viens avec ma famille, parfois mes amis et on passe de bons week-ends. Je n'ai jamais pensé que ça deviendrait aussi beau, je me sens heureux ici. Voix off Et pour se retrouver avec son épouse et ses deux enfants, Ashok n'a pas exactement choisi la simplicité. Bâtie il y a près de 5 ans, sa résidence évoque plus extérieurement les palais de Versailles qu'un jardin secret ou même qu'une demeure princière indienne. Fausse pierre de taille, mais vrai marbre, décoration d'inspiration classique, italienne ou française, difficile pour certaines œuvres d'art de distinguer le vrai du faux. Ashok et son épouse les ont pour la plupart acquises auprès d'antiquaires, nous disent-ils, lors de voyages en Europe. Ashok Mittal Je n'ai jamais pensé que j'aurais cette propriété, cette atmosphère ce genre de meubles, d'objets d'art, tout. Mais Dieu a été bon, mon rêve s'est réalisé. Voix off Comme beaucoup d'éléments de décoration, le vitrail de Saint-François-d'Assise dans les toilettes est purement fortuit. Ashok, comme sa famille considère sa condition avec naturel et l'existence autour de lui d'une pauvreté massive et criante ne lui cause pas de migraine. Ashok Mittal Je sens bien oui que c'est mon devoir envers ma nation, envers les pauvres, de leur faire donner une bonne éducation, de les aider et de leur donner à manger. J'essaie de mon mieux, je fais ce que je peux. La politique ne m'intéresse pas. Voix off Fortune moins voyante, mais plus vénérable malgré les apparences, Gautam Singhania, du haut de ses 37 ans, il incarne la 4e génération d'une dynastie industrielle centenaire, connue sous la marque Raymond. L'un des plus gros producteurs de textile indien, autrement dit du monde. Aujourd'hui, le groupe s'est diversifié et possède entre autres une compagnie aérienne. Gautam Singhania Bien sûr les choses évoluent, le changement est un facteur de stabilité. Si tu ne changes pas avec le temps, tu es fini. Si on regarde comment travaillait mon père, mon arrière arrière-grand-père, puis son père avant, le changement est continuel, la globalisation de plus en plus présente. Voix off Investi lui-même à la tête de son empire il y a trois ans seulement, Gautam n'a pas eu la charge de le bâtir, il assume sans trouble la charge de son héritage. Gautam Singhania La disparité existe partout dans le monde, pourquoi la limiter à l'Inde ? Regardez aux États-Unis ou même en France, il y a une différence entre les riches et les pauvres. Les très riches sont à des années-lumières des très pauvres. Alors bien sûr, chaque citoyen qui a réussi a une responsabilité vis-à-vis de son pays. Nous avons un groupe qui emploie 15 000 personnes et ça, c'est un retour de cette réussite à la société. Vous pouvez dire qu'on fait de l'argent, oui, bien sûr, on fait de l'argent, mais nous sommes sources de bien, et nos marques elles sont présentes dans le monde entier. Voix off Réflexion sociale moins froide dans le cas d'Agid Singh. Formation universitaire en Europe et aux États-Unis, à son retour en Inde il crée avec son frère une petite entreprise, qui devient progressivement le deuxième producteur mondial de capsules pharmaceutiques. Une dizaine d'usines, on le surnomme à Bombay le roi de la capsule. Son histoire, dit-il, est à l'image de la jeune industrialisation de l'Inde. Agid Singh L'Inde a démarré lentement après l'indépendance. Mais dans les années 60, des jeunes gens comme nous sont retournés au pays et ce sont ces gens-là qui sont aujourd'hui à la tête de l'industrie indienne et aident à la construction de la Nation. Voix off Collectionneur éclairé de peintures indiennes, Agid vit dans une résidence discrètement luxueuse du centre de Bombay. Sa réussite ne l'a pas rendu indifférent. Agid Singh C'est naturel de se sentir un peu mal par rapport à la pauvreté qui sévit dans ce pays, mais cette pauvreté est vieille de plusieurs générations. Le gouvernement fait du bon boulot pour gérer cette pauvreté. Imaginez 600 millions de nos pauvres débarquant aux États-Unis et en Allemagne ou en France. Ce que la bourgeoisie indienne doit comprendre, c'est que maintenant c'est plus leur responsabilité que celle des autorités indiennes, de faire que ce soit un pays où il fait bon vivre et que nous puissions tous évoluer et avancer. Voix off Agid fait souvent observer qu'il aurait pu dans sa jeunesse faire l'autre choix : rester en Europe. Une façon de souligner sa foi dans l'Inde, dont la démocratie, à ses yeux, reste aussi la promesse d'un meilleur équilibre social. |





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