Malte, c’est déjà l’Europe !

par Charles Xuereb


Malte ne fait pas son entrée en Europe le 1er mai 2004. Pour la simple et bonne raison que Malte en fait déjà partie depuis longtemps. Pendant des siècles, cette petite île méditerranéenne a joué un rôle essentiel dans la formation et surtout dans la défense de l’Europe. Avec l’exemple le plus connu, les Chevaliers de l’Ordre de St Jean et les Chevaliers de Malte, qui avaient leurs quartiers sur l’île entre le 16e et le 18e siècle. A cette époque, toutes les ambassades européennes étaient présentes, réseau européen actif contre le pouvoir de l’Empire Turc.

En fait, c’est dans l’Union moderne de l’Europe que Malte fait son apparition le 1er mai 2004. Après un long débat en 2003, Malte a finalement opté pour l’adhésion. Le gouvernement, formé du Parti Nationaliste (centre droit), a réussi à convaincre la plus petite nation du continent (pas plus de 400,000 habitants) à voter pour l’adhésion avec une majorité de 53%. L’opposition du Parti Labouriste (centre gauche) qui a lancé une grande campagne contre l’adhésion pour des raisons économiques et de neutralité politique, a accepté, après le référendum, la volonté de la majorité et a apporté son soutien entier à l’adhésion.

Mais le peuple de Malte continue de réfléchir aux problèmes économiques et sociaux posés par l’adhésion. L’application des nouveaux règlements de l’Union pose des problèmes pour lesquels le pays n’est pas assez préparé. L’augmentation du chômage, la lenteur de l’économie et du commerce, une situation difficile à gérer pour Malte. Trop de temps a peut-être été consacré à la campagne sur l’adhésion en ignorant les difficultés de l’économie nationale. Le déficit est, selon l’Institut des Services Financiers de Malte, « l’obstacle le plus grand à la participation de Malte dans l’Union Économique et Monétaire ».

Selon le Traité de Maastricht, accepté par tous les nouveaux membres de l’Union, Malte pourrait participer à l’UEM seulement après l’obtention d’ « un point réel et nominal de convergence rattaché à l’inflation, taux d’intérêt à long terme, la stabilité des taux du change, le niveau du déficit du budget et de la dette publique.» Pour le moment, les deux derniers objectifs ne sont pas encore atteints.
Par ailleurs, comme le reste du monde, le terrorisme international et la guerre en Irak a eu des conséquences sur le tourisme, une manne financière dont l’archipel maltais dépend structurellement. Avec pour effet de gros problèmes économiques dans le transport aérien maltais et le secteur hôtelier.

Malgré tout, Malte est aujourd’hui fière de célébrer son adhésion. Participer à une Europe élargie est une chance. Mais la crainte d'être avalée par un système plus grand est aussi un risque. Un défi que tout le monde ici à Malte espère surmonter.