La scène est à Paris.
Dorante, jeune étudiant en droit, arrive tout juste de Poitiers. Son projet : briller à la capitale et ne jamais passer pour un provincial. Depuis la veille à Paris, il est en promenade aux Tuileries quand il aperçoit une dame assez à son goût. Profitant d'un faux pas de la jeune femme, il lui prête sa main et lui offre son cœur dans la foulée. Clarice s'étonne, mais elle est troublée. Pour mieux l'impressionner, l'étudiant s'invente alors un passé de guerrier. C'est le premier d'une longue série de mensonges et de fausses vérités.
A Clarice, à Lucrèce, à ses amis, à son père même, le séduisant menteur sert des fables toujours plus incroyables. Dorante se met en scène, sous l'œil moqueur de son valet Cliton, chaque fois surpris par les inventions de son jeune maître. Les tirades brillantes fusent au rythme des ambitions et des rêves du héros. Dans la mise en scène de Nicolas Briançon, les éclairages et l'anachronisme musical scandent le parcours du mythomane.
Mais l'amour et l'amitié se payent-ils à coup de mensonges ? Cette histoire a-t-elle une morale ? Le mystificateur sera-t-il puni ?... N'ayez crainte : les fourberies de Dorante ne sont que fantaisies. Pendant cinq actes, le beau parleur, interprété avec talent et conviction par Nicolas Vaude, nous fait oublier l'intimidante complexité des alexandrins de Corneille. Qu'il est bon de se laisser duper par ce menteur là !
© Frédérique Treffandier, CAVILAM
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