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8 mars : Journée internationale des femmes

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Agnieszka Graff - Professeur et féministe militante à Varsovie, Pologne

Agnieszka Graff - Professeur et féministe militante à Varsovie, Pologne

Agnieszka Graff est quelqu'un qui s'engage et qui agit. Question de génération selon elle ; question de personnalité aussi. Cette jeune femme, professeur de littérature américaine à l'université de Varsovie, est l'une des grandes figures du mouvement féministe qui a émergé en Pologne à la fin des années 1990. A des années lumière de l'image de la « harpie » que certains médias veulent parfois donner d'elle, elle raconte avec humour son parcours. La lutte est loin d'être terminée, mais elle est prête à se battre aussi longtemps que nécessaire.
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Agnieszka est née à Varsovie en 1970. Son père est aussi natif de la capitale, sa mère, elle, est née à Cracovie mais elle a grandi à Varsovie. La jeune femme ne manque pas de souligner l'importance que revêt le fait d'être né, ou non, dans la ville. L'importance aussi du quartier dans lequel on vit, en terme de classe. Saska Kempa est à la mode. Pour certains, c'est le quartier gay de Varsovie. Une chose est sûre : il y règne une ambiance « village » peu commune dans une grande ville. Les voisins se connaissent et s'entraident volontiers. C'est aussi un des souvenirs qu'elle garde de sa jeunesse. […]
 
En 1988, elle part poursuivre ses études aux Etats-Unis puis en Grande-Bretagne. [..] En rentrant en Pologne en 1995 qu'elle devient « féministe, par défaut » selon sa propre expression. Comme si aucun autre choix n'était possible. « Etre une féministe radicale en Pologne, c'est être une femme ordinaire ailleurs » : la formule est de son compagnon, un journaliste d'origine française. La voilà donc placée devant le besoin de faire quelque chose.

Elle raconte : « A l'Est, les droits des femmes n'ont cessé de régresser depuis 1989, alors que partout ailleurs ils ont progressé depuis mai 68. La société polonaise contemporaine a créé un mythe, selon lequel la période communiste a été un matriarcat. Peu importe de savoir si c'est vrai ou pas : c'est ce que l'on croit. L'idée repose notamment sur le fait que sous le communisme, les droits des femmes étaient pris au sérieux. C'est évidemment faux : à cette époque, personne ne pouvait imaginer voir ses droits pris au sérieux et être respectés ! Ce qui est vrai, en revanche, c'est que les femmes de l'Est ont acquis un certain nombre de droits avant celles de l'Ouest : elles travaillaient, elles avaient la possibilité d'avorter… La chute du régime en 1989 a marqué une rupture : la Pologne devait redevenir un pays "normal". Nous avons alors assisté à une réappropriation du pouvoir et de l'histoire par les hommes. Les femmes ont purement et simplement disparu du paysage public. »
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