Séparation…
Flora
Andrew m'a demandé de considérer que nous pourrions nous épouser. J'y songe, j'y songe j'ai envie de dire comme Ondine : « je serai ton souffle, je serai ce que tu rêves, ce que tu pleures ». Être ce qu'il rêve et ce qu'il pleure, je voudrais l'épouser tout de suite mais il est 5 heures 20 du matin, demain il sera là. Pourvu qu'il me veuille encore !
Benoîte
Tout fout le camp, Flora aime.
Flora
C'est arrivé. Je sais que je vous love et j'ai soudain paix suprême « Laissez-moi m'approcher de vous ». Il a une peau douce, et quelque chose de gracieux dans le geste. Il prend votre menton dans sa main. Et puis sa bouche se pose sur vous, papillon léger, et puis papillon vivace.
Benoîte
Alors quand on t'embrasse « papillon léger, papillon vivace ». C'est tout ce que tu trouves à dire. J'ai perdu tout espoir.
Flora
Mon bourreau familier. Après tout je me fiche de notre duo maintenant. Toi aussi tu m'as quittée un jour, grande lâche ; Et bien à mon tour je décolle.
Benoîte
Eh bien. Si tu l'aimes dis-le. Quand on aime on n'a pas honte.
Flora
Oui, je l'aime. Oui, je t'oublie ma sœur. Oui adieu Nous, bonjour Lui. Et d'abord je ne veux plus écrire de journal. J'aime et je me fous de moi même.
Benoîte
Et la vamp, tu m'entends.
Toc, toc
N'oublie pas que les hommes mettent du désordre dans les salles de bains, pire que moi. N'oublie pas qu'ils vous embrassent sans tickets, et qu'il faudra entre deux extases, te faire chair.
Flora
Rideau fin de Flora, la rêveuse solitaire. J'aime vous dis-je.
Benoîte
Finalement c'est toi qui sera mariée et moi une jeune-fille recommencée.
Je sais chérie que je t'ai perdue. Mais tu t'apercevras qu'il n'y a rien de tel que deux femmes pour parler de l'amour des hommes.
J'ai déjà un grief contre cet homme en question, ton Andrew : ce n'est pas à moi qu'il est venu demander ta main.
Et pourtant, c'est moi qui l'avais cette main, depuis vingt ans, dans la mienne.
2commentaires