Avoir le coup de foudre : avoir une passion violente et soudaine
Attestée à la fin du XVIIIème siècle, l'expression est reprise par Stendhal ("De l'amour") : "Comme le coup de foudre vient d'une secrète lassitude de ce que le catéchisme appelle la vertu, et de l'ennui que donne l'uniformité de la perfection. Je croirais assez qu'il doit tomber sur ce qu'on appelle dans le monde de mauvais sujets. Je doute fort que l'air Caton ait jamais occasionné de coup de foudre. Ce qui les rend si rares, c'est que si le cœur qui aime ainsi d'avance a le plus petit sentiment de sa situation il n'y a plus de coup de foudre."
De nos jours, l'expression s'emploie avec le verbe avoir et s'applique aussi à des objets inanimés (avoir le coup de foudre pour une maison, un endroit…) Au XVIIème siècle, elle désignait tout événement inattendu (surtout désagréable) engendrant la stupeur. Employé seul, coup pouvait déjà à la fin du XVIIème (1680, Richelet) s'appliquer au domaine affectif, et avait alors le sens actuel de coup de foudre. La notion de "percussion spectaculaire" rendue par coup de est ici transposée, intériorisée sur le plan émotionnel (comme dans coup au cœur). Foudre y ajoute l'idée de grande rapidité et récupère une partie des valeurs métaphoriques associées au feu (foudre [feu du ciel] = passion amoureuse).
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