Quelles sont vos inspirations pour écrire la rubrique du Canard enchaîné ?
"Je me base sur l'actualité de la semaine, donc c'est très politique, et c'est ce qu'on peut appeler le contrepet libertaire. Je suis un peu comme le fou du roi, le roi de la journée des fous telle qu'elle était au Moyen-âge, où un jour par an, on avait le droit de tout dire du moment que c'était drôle. Moi j'ai beaucoup de chance c'est une fois par semaine ! C'est une sorte de catharsis, une sorte de manifestation, de contestation, on égratigne sans blesser… Quand je vois les gens lire le Canard enchaîné dans le métro, et qu'ils se marrent, et que je m'aperçois qu'ils sont entrain de lire La Comtesse, je me dis bon… Pour l'inspiration, c'est donc l'actualité, la prochaine Comtesse pour après demain sera sur la planète, Copenhague, Berlu, Sarko, Obama, Roman Polanski qui vient d'être libéré sous caution… Je fais un couplet sur le vaste chalet qui se transforme en chaste valet, les autres, je ne vous les dirai pas, elles sont un peu plus hardes ! Je rejoins un peu les gens de l'OULIPO, l'ouvrage de littérature potentiel fondé par Queneau et Perec et dont Luc Etienne faisait partie où ils disent que la contrainte est facteur de créativité. Quand on se donne une contrainte on trouve des choses, j'en ai fait l'expérience une fois à table : on me dit "allez tu nous sors une contrepèterie ?" Si je scanne à vide, je n'en trouve pas, donc mentalement, je me cale sur un point précis par exemple ce qui vient d'être dit, et là, j'en trouve une tout de suite ! J'avais été invité à France inter et Stéphane Guillon, avec qui on a lié amitié à ce moment là, me dit que les hommes politiques doivent être une source d'inspiration. Je lui dit "oui, surtout le premier d'entre eux, Sarkozy, c'est une mine de perles !" C'était en direct et en public, les gens m'ont fait une standing ovation. Dans "L'album de la Comtesse", il y a trois petits pavés, celui du milieu est réservé aux lecteurs. J'en reçois beaucoup par internet, beaucoup de gens qui m'écrivent, ce n'est pas un courrier de ministre mais quand c'était par la poste je recevais en moyenne une lette par jour ce qui au bout de 25 ans finit par faire ! Je garde tout, c'est une sorte de confrérie de connivence avec les lecteurs. Et j'ai lié amitié avec plusieurs d'entre eux qui sont des fidèles, qui m'en envoient pour l'un d'entre eux depuis plus de 20 ans !"
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