Pourquoi la contrepèterie est-elle souvent grivoise ?
"Je dirais que c'est le cahier des charges rabelaisien. Rabelais était un contestataire, s'il n'avait pas été protégé par le Cardinal du Bellay, l'oncle du poète, il aurait brulé cinquante fois en place de grève, parce que les puissants de l'époque ne l'aimaient pas. Parce que c'était quelqu'un qui écrivait en français et pas ne latin, parce qu'il était toubib - il soignait les gens gratuitement -, parce qu'il aimait beaucoup les pauvres gens, bref parce que c'était quelqu'un d'infréquentable pour les puissants. Il signait Alcofribas Nasier, ce qui est l'anagramme de François Rabelais, et il avait pris l'habitude de coder son langage donc ce n'est pas étonnant qu'il ait été le père spirituel ou le parrain qui a tenu la contrepèterie sur les fonds baptismaux. D'ailleurs c'est le cas dans le chapitre XVI de "Pantagruel", Panurge en fait il essayait de draguer les dévotes dans les églises, en leur balançant des contrepèteries ça ne marchait pas parce que ces dévotes voulaient prier Dieu … C'était un brave type, il était secourable aux miséreux et à l'époque ça ne se faisait pas. Ce n'est pas étonnant qu'il ait eu envie de faire des contrepèteries qui en plus permettent de faire la nique aux puissants, de brocarder les dévots !"
12commentaires