Aimé Ntakiyica
5'12 Transcription
"C'est une oeuvre que j'ai fait depuis 2001, et qui a été montrée sous différentes aspects. La première fois, elle a été montrée sur des panneaux de 20 m2, des panneaux d'affichage publicitaire qui sont vraiment à l'extérieur. C'est un travail que… qui travaille sur un thème bien précis que j'appelle le costume identitaire. Il me fallait des éléments qui soient reconnaissables directement, éléments vestimentaires bien entendu, et voilà. À partir du moment où j'ai pu trouver ces costumes, j'ai cherché comment les présenter aux gens. C'est un travail qu'a été fait avec un appareil digital donc à partir du moment où on rentre dans le domaine du digital, la reproduction devient à l'infini. Et où est l'œuvre originale ? Il n'y a plus d'œuvre originale. Le projet s'appelle « Wir » qui veut dire « nous » en allemand. Je l'ai retiré d'une phrase dans laquelle… c'est une phrase allemande qui dit « Wir sind die Ander » qu'était le nom… qu'était une phrase qui… j'étais invité en 2001 dans un musée en Allemagne et ils ont demandé qu'on fasse un travail à partir de cette phrase-là et la réponse à cette phrase, « Wir sind die Ander », qui veut dire « nous sommes les autres », est ceci. Qu'est-ce qu'une culture européenne, qu'est-ce qu'une culture africaine, qu'est-ce qu'une culture nationale actuellement ? On peut revenir un peu aussi sur les pavillons nationaux de la biennale de Venise aussi. Pour moi, ça… on voyage tellement, Internet, tout est tellement inter… entrelacé que… oui moi je peux me permettre de prendre le kilt et de me mettre là et de jouer avec ce costume, j'appelle ça des costumes identitaires. On doit avoir aucune limite pour puiser, on puise à gauche, à droite, au-dessus, en bas et tout, et c'est ce qui fait la richesse d'un artiste je pense. Et si dès le départ, on se met des œillères au niveau de la… c'est même pas au niveau de la création, c'est au niveau de la perception et réception des choses… c'est dommage. Moi, en tant qu'africain, peau noire, vivant en Europe, je m'accapare d'un costume qui est, qui est… comment dire… qui est très très symbolique. Je prends la posture de la stature africaine, les fesses en arrière, cambrées. Et ça, c'est une allusion… pas nécessairement au masque, à la stature africaine. Moi je suis originaire du Burundi , on a aucune tradition au niveau du masque, au niveau de la stature. Au Burundi, au Rwanda , ça n'a jamais été pratiqué parce que, culturellement, en aucun cas, on ne pouvait interpréter la figure humaine. Donc tout ce qui est élément qu'on pourrait, comment dire… au niveau de l'art, se trouve au niveau de la parole, au niveau de la danse et du corps. Et aussi la vannerie, ça c'est plutôt des éléments décoratifs. Et à chaque fois que j'étais invité par des commissaires, créateurs, on parle d'Afrique, on parle de masques, à chaque fois je leur dis que le masque chez nous, il existe pas du tout. On traverse le lac Tanganyika , on est au Congo , il y en a des millions, il y a des trucs, c'est fabuleux ce qu'ils ont. Et chez nous, on en a pas, et pourtant on est aussi africains qu'eux. Ce qui est intéressant peut-être, c'est de… c'est que cette exposition Africa Remix vienne pour la première fois ici sur le continent africain. Oui, parce que c'est bien de manger le gâteau au chocolat mais c'est quand même bien d'aller dans la pâtisserie où ce gâteau au chocolat a été… a été préparé et voir comment… et que ce gâteau qu'est sorti de cette pâtisserie qui se balade, qu'il revienne un peu dans la pâtisserie d'origine. 'Faut, 'faut être réaliste, j'ai fait des boulots comme ça qui s'intéressaient sur… c'étaient des expos qui parlaient d'Afrique et je m'amusais à compter le nombre d'Africains qui venaient voir ce type d'expos. C'est sur les bouts des doigts vraiment, sur les bouts des doigts, y'a… c'est pas du tout une priorité. Et on fait ça… en plus, dans ce type d'expos en général, y'a des concerts, des trucs qui tournent autour et tout, ces trucs sont toujours pleins. Le musée, l'image, le truc… Non, au-delà de ça, il faut des connexions, il faut des contacts. Je peux pas circuler sur… comment dire, sur une île déserte, non, c'est pas possible. Il me faut… par contre, pour ça, c'est génial, Africa Remix, c'est que je… ça me donne l'occasion de rencontrer, physiquement, de parler avec une quantité d'artistes africains que… d'abord je pouvais pas m'en douter qu'y avait autant. Et c'est gai, le côté humain, vraiment, le côté relationnel. Ça, Monsieur Simon Njami , merci".
"C'est une oeuvre que j'ai fait depuis 2001, et qui a été montrée sous différentes aspects. La première fois, elle a été montrée sur des panneaux de 20 m2, des panneaux d'affichage publicitaire qui sont vraiment à l'extérieur. C'est un travail que… qui travaille sur un thème bien précis que j'appelle le costume identitaire. Il me fallait des éléments qui soient reconnaissables directement, éléments vestimentaires bien entendu, et voilà. À partir du moment où j'ai pu trouver ces costumes, j'ai cherché comment les présenter aux gens. C'est un travail qu'a été fait avec un appareil digital donc à partir du moment où on rentre dans le domaine du digital, la reproduction devient à l'infini. Et où est l'œuvre originale ? Il n'y a plus d'œuvre originale. Le projet s'appelle « Wir » qui veut dire « nous » en allemand. Je l'ai retiré d'une phrase dans laquelle… c'est une phrase allemande qui dit « Wir sind die Ander » qu'était le nom… qu'était une phrase qui… j'étais invité en 2001 dans un musée en Allemagne et ils ont demandé qu'on fasse un travail à partir de cette phrase-là et la réponse à cette phrase, « Wir sind die Ander », qui veut dire « nous sommes les autres », est ceci. Qu'est-ce qu'une culture européenne, qu'est-ce qu'une culture africaine, qu'est-ce qu'une culture nationale actuellement ? On peut revenir un peu aussi sur les pavillons nationaux de la biennale de Venise aussi. Pour moi, ça… on voyage tellement, Internet, tout est tellement inter… entrelacé que… oui moi je peux me permettre de prendre le kilt et de me mettre là et de jouer avec ce costume, j'appelle ça des costumes identitaires. On doit avoir aucune limite pour puiser, on puise à gauche, à droite, au-dessus, en bas et tout, et c'est ce qui fait la richesse d'un artiste je pense. Et si dès le départ, on se met des œillères au niveau de la… c'est même pas au niveau de la création, c'est au niveau de la perception et réception des choses… c'est dommage. Moi, en tant qu'africain, peau noire, vivant en Europe, je m'accapare d'un costume qui est, qui est… comment dire… qui est très très symbolique. Je prends la posture de la stature africaine, les fesses en arrière, cambrées. Et ça, c'est une allusion… pas nécessairement au masque, à la stature africaine. Moi je suis originaire du Burundi , on a aucune tradition au niveau du masque, au niveau de la stature. Au Burundi, au Rwanda , ça n'a jamais été pratiqué parce que, culturellement, en aucun cas, on ne pouvait interpréter la figure humaine. Donc tout ce qui est élément qu'on pourrait, comment dire… au niveau de l'art, se trouve au niveau de la parole, au niveau de la danse et du corps. Et aussi la vannerie, ça c'est plutôt des éléments décoratifs. Et à chaque fois que j'étais invité par des commissaires, créateurs, on parle d'Afrique, on parle de masques, à chaque fois je leur dis que le masque chez nous, il existe pas du tout. On traverse le lac Tanganyika , on est au Congo , il y en a des millions, il y a des trucs, c'est fabuleux ce qu'ils ont. Et chez nous, on en a pas, et pourtant on est aussi africains qu'eux. Ce qui est intéressant peut-être, c'est de… c'est que cette exposition Africa Remix vienne pour la première fois ici sur le continent africain. Oui, parce que c'est bien de manger le gâteau au chocolat mais c'est quand même bien d'aller dans la pâtisserie où ce gâteau au chocolat a été… a été préparé et voir comment… et que ce gâteau qu'est sorti de cette pâtisserie qui se balade, qu'il revienne un peu dans la pâtisserie d'origine. 'Faut, 'faut être réaliste, j'ai fait des boulots comme ça qui s'intéressaient sur… c'étaient des expos qui parlaient d'Afrique et je m'amusais à compter le nombre d'Africains qui venaient voir ce type d'expos. C'est sur les bouts des doigts vraiment, sur les bouts des doigts, y'a… c'est pas du tout une priorité. Et on fait ça… en plus, dans ce type d'expos en général, y'a des concerts, des trucs qui tournent autour et tout, ces trucs sont toujours pleins. Le musée, l'image, le truc… Non, au-delà de ça, il faut des connexions, il faut des contacts. Je peux pas circuler sur… comment dire, sur une île déserte, non, c'est pas possible. Il me faut… par contre, pour ça, c'est génial, Africa Remix, c'est que je… ça me donne l'occasion de rencontrer, physiquement, de parler avec une quantité d'artistes africains que… d'abord je pouvais pas m'en douter qu'y avait autant. Et c'est gai, le côté humain, vraiment, le côté relationnel. Ça, Monsieur Simon Njami , merci".















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