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Africa RemixLes interviews en vidéo

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Myriam Mihindou

6'12 Transcription  
"Je fais partie de ces artistes on va dire un peu en exil. Je ne rentre pas chez moi de façon très sereine, donc y'a une rupture déjà avec mon lieu de vie et je pense que de ce fait-là, la question de la mémoire me permet finalement de me reconstruire un autre territoire, et de le partager, et de le reformuler. Et c'est peut-être pour ça que la mémoire est si importante pour moi, finalement. Parce que je ne la vis pas au quotidien. Je… elle ne m'est pas donnée, il faut qu'elle passe par mon corps, je pense que c'est pour ça que je fais des performances, j'ai besoin en tout cas que cette, entre guillemets cette « première mémoire », ce que j'appelle une transémotion, ce rapport transémotionnel de la mémoire passe par mon corps, et aussitôt qu'il passe par mon corps je peux me fabriquer une forme de territoire et laisser s'échapper peut-être tout ce que j'ai à exprimer dans ce territoire-là, qui est le territoire transémotionnel. Je pense que ce soit en vidéo ou en photographie, je pense que je suis sculpteur dans l'âme. Je suis d'abord sculpteur dans l'âme, parce que je suis d'une culture de la sculpture. J'ai vécu 20 ans au Gabon,  je n'ai eu autour de moi que des exemples de productions sculpturales ou en tout cas de productions traditionnelles, à savoir le masque qui a une fonction qui est celle de danser, qui a une fonction de thérapie aussi, donc dans mon travail on va peut-être retrouver aussi cette dimension-là qui est l'œuvre, à quoi sert l'œuvre, à quels moments elle danse, de quelle manière elle danse, voilà donc j'ai fait tout un… j'ai fait toute une recherche conceptuelle sur mon propre questionnement sur l'œuvre moi en tant qu'artiste gabonaise aussi. J'ai vécu au Maroc . Au Gabon, le statut des femmes est un statut quand même bien particulier, je me retrouve aussi et en Égypte  et au Maroc dans cette même interrogation du statut de la femme malgré moi en fait, c'est pas vraiment des questions que je me pose, ce sont des événements que je vis au quotidien, qui font que, dans cette solitude, dans cette solitude, dans cette recherche solitaire, assez solitaire finalement, parce que les femmes se battent et se questionnent mais pas tant que ça, je trouve, eh bien j'en viens à me poser des questions sur la mémoire au féminin qui est aussi une mémoire universelle finalement. Parce qu'à la base je dirais que je ne sépare pas le féminin du masculin mais que le contexte dans lequel je vis me rappelle toujours ce corps féminin. C'est politique dans le sens où c'est le continuum peut-être d'une histoire, personnelle et culturelle, à savoir que je suis gabonaise, et que quand tu es au Gabon et que tu es une femme, tu es quand même aussi en grande partie un produit de consommation, tu es aussi un objet de désir, tu es dotée traditionnellement donc tout ça a du sens pour toi quand tu es une femme et après quand tu es artiste et que tu travailles sur la question de l'objet, ça prend aussi un autre sens. Qu'est-ce que l'objet, qui est l'objet, comment tu t'inscris dans cet objet, quelle relation tu entretiens avec cet objet etc. Et après bon évidemment quand tu voyages, tu retrouves ces mêmes problématiques et là ça devient, là ça devient un engagement politique, là précisément tu rentres dans un discours politique, voilà. Donc c'est de quelle façon, tu vas, toi, retransmettre cette question de l'objet, de l'image, de la représentation ou de la sur-représentation peu importe. Moi, je connais énormément de femmes artistes, de femmes africaines, que ce soit l'Afrique blanche ou l'Afrique noire, peu importe, je connais pas mal de femmes artistes qui font un travail absolument… enfin très intéressant, où elles posent des vraies questions de société etc. Bon, elles sont pas présentes dans le cadre d'Africa Remix. Et c'est très étrange, cette question que vous me posez parce que moi qui suis très attentive à la mémoire des femmes, je n'avais pas repérer ça. J'avais pas repérer qu'il manquait des femmes. Parce que les femmes, je les vois, et pour moi, elles ont un travail ici je trouve très très intéressant, en tout cas le choix qu'on a pu faire des femmes ici, le travail est tellement intéressant que, du coup, je l'ai pas vu en terme de quantité ou de parité, je ne l'ai pas vu. Donc qu'est-ce qui est important au fond, est-ce que c'est la présence ou est-ce que c'est la quantité, on va peut-être poser cette question-là aussi. On a tendance quand même dans ce milieu-là de regrouper par ghetto un petit peu les groupes d'artistes. Je pense pas plus l'Afrique que le reste finalement, si je fais un peu le bilan de ce que je vois habituellement dans les musées ou sur les grosses opérations. Bon, je me dis, malheureusement, on en est toujours là, c'est complètement… c'est une vision exotique des choses et complètement décalée pour moi aujourd'hui, ça n'a pas de sens. D'un côté je me dis ça. De l'autre, en ce qui concerne l'Afrique, elle a été très très peu visible ces dernières années, sauf sur des opérations toujours un petit peu comme celle-là, on découvre plus ou moins des artistes africains. Et le fait de présenter des artistes dans un bâtiment comme celui-ci, plus ou moins de cloisonner par pays, c'est à la fois aussi une façon de bien montrer que il y a des Afriques, il y a des manières de voir l'Afrique, il y a pas qu'une Afrique, parce qu'on a tendance à voir un gros bloc, un monobloc, or c'est protéiforme, l'Afrique est protéiforme, elle a différentes cultures, elle a différentes histoires politiques, et elle a différents donc artistes et que l'Afrique aujourd'hui, elle est aussi multiple parce que la plupart de ces artistes africains vivent à l'étranger quand même donc ils sont métissés déjà par des expériences culturelles et l'Afrique aujourd'hui… voilà, qu'est-ce que l'Afrique aujourd'hui, c'est aussi toute la question qu'on peut se poser".
 

Adedjoumon (BÉNIN)

Bravo, l'Afrique du Sud. Mais ou se trouve le reste du continent qui ne peut plus rien oraganiser de panafricain? Mais ils organisent des sommets couteux de l'Union Africaine, les Championnats d'Afrique des sport et autre.
Creer, exile toi ou meurt tel est le creddo des artistes contemporains africains.

Manou (FRANCE)

où sont les artistes femmes ? ...
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