Myriam Mihindou
Née en 1964 à Libreville, Gabon
Vit et travaille à Rabat, Maroc
Le corps, la féminité, l'exil : trois questions qui hantent le travail de Myriam Mihindou. Des questions très personnelles : elle est Gabonaise et vit aujourd'hui au Maroc, assumant ce rôle encore inhabituel, incompris parfois, d'artiste femme (ou de femme artiste) dans des sociétés machistes. Myriam Mihindou multiplie les medias : sculpture, photo, vidéo comme elle multiplie les résidences à travers le monde. Une errance volontaire et fructueuse où le corps semble la seule réalité à laquelle s'accrocher. « La mémoire passe par mon corps » explique-t'elle. Dans « Folle », vidéo présentée à Africa Remix, des pieds nus de femme explorent, hésitants et désordonnés, un terrain blanc et poudreux ; exploration tactile et transgressive de territoires inconnus.
JLE
***
Myriam Mihindou, s'exile en France en 1987 dans le but de s'affirmer en tant que plasticienne. Elle fait ses études à l'école des Beaux-Arts de Bordeaux et y obtient son diplôme en 1993.
"Mes premières productions rendaient compte d'une exploration entre le visible et l'invisible par l'intermédiaire de matériaux organiques : branches, fibres végétales, eau, soleil, huile, paraffine, sel, thé. En marge des conceptions artistiques occidentales, mes explorations ne trouvant pas de résonances, je m'isolais dans ce patrimoine végétal qu'est la forêt landaise, un enature refuge qui me permettait de maintenir le dialogue par des installations in situ reposant sur une double référence stratifiée : traditions locales du Sud-Ouest et terreau gabonnais. (...) Perçu mais incompris, mon travail se poursuit à La Réunion pour une première exposition personnelle "Tout le monde a peur" (1998-1999). Sculptures et photographies parlent d'un île pétrie par l'esclavage, d'une histoire métissée. Cette nouvelle terre d'exil semble propice à une reconnaissance identitaire, donc à une renaissance et une fécondité. L'initiation amorcée est douloureuse."
Dans son installation vidéo Folle, une image projetée au sol montre les jambes d'une femme qui, dans un va-et-vient hésitant, testent les bords d'une faille séparant deux blocs de pierre:
"De la frontière géographique au franchissement initiatique, la Folle transgresse et se guérit dans l'acceptation de l'instinct comme donnée empirique irréfutable. La catharsis s'opère, le corps reprend son souffle et réactive son lent mouvement respiratoire. assumant les sursauts d'inspiration de la vie, j'accède à cet autre territoire ritualisé, celui de l'invisible et du rêve".
Source : Africa Remix - Ed. Centre Georges Pompidou
Vit et travaille à Rabat, Maroc
Le corps, la féminité, l'exil : trois questions qui hantent le travail de Myriam Mihindou. Des questions très personnelles : elle est Gabonaise et vit aujourd'hui au Maroc, assumant ce rôle encore inhabituel, incompris parfois, d'artiste femme (ou de femme artiste) dans des sociétés machistes. Myriam Mihindou multiplie les medias : sculpture, photo, vidéo comme elle multiplie les résidences à travers le monde. Une errance volontaire et fructueuse où le corps semble la seule réalité à laquelle s'accrocher. « La mémoire passe par mon corps » explique-t'elle. Dans « Folle », vidéo présentée à Africa Remix, des pieds nus de femme explorent, hésitants et désordonnés, un terrain blanc et poudreux ; exploration tactile et transgressive de territoires inconnus.
JLE
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Myriam Mihindou, s'exile en France en 1987 dans le but de s'affirmer en tant que plasticienne. Elle fait ses études à l'école des Beaux-Arts de Bordeaux et y obtient son diplôme en 1993.
"Mes premières productions rendaient compte d'une exploration entre le visible et l'invisible par l'intermédiaire de matériaux organiques : branches, fibres végétales, eau, soleil, huile, paraffine, sel, thé. En marge des conceptions artistiques occidentales, mes explorations ne trouvant pas de résonances, je m'isolais dans ce patrimoine végétal qu'est la forêt landaise, un enature refuge qui me permettait de maintenir le dialogue par des installations in situ reposant sur une double référence stratifiée : traditions locales du Sud-Ouest et terreau gabonnais. (...) Perçu mais incompris, mon travail se poursuit à La Réunion pour une première exposition personnelle "Tout le monde a peur" (1998-1999). Sculptures et photographies parlent d'un île pétrie par l'esclavage, d'une histoire métissée. Cette nouvelle terre d'exil semble propice à une reconnaissance identitaire, donc à une renaissance et une fécondité. L'initiation amorcée est douloureuse."
Dans son installation vidéo Folle, une image projetée au sol montre les jambes d'une femme qui, dans un va-et-vient hésitant, testent les bords d'une faille séparant deux blocs de pierre:
"De la frontière géographique au franchissement initiatique, la Folle transgresse et se guérit dans l'acceptation de l'instinct comme donnée empirique irréfutable. La catharsis s'opère, le corps reprend son souffle et réactive son lent mouvement respiratoire. assumant les sursauts d'inspiration de la vie, j'accède à cet autre territoire ritualisé, celui de l'invisible et du rêve".
Source : Africa Remix - Ed. Centre Georges Pompidou





















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