La beauté du réel
Juillard
La bande dessinée que j'ai découverte relativement tardivement m'est apparue d'un coup comme exactement ce pour quoi j'étais fait. J'ai l'impression de me nourrir de beauté. Je crois que chaque, disons, artiste, dessinateur, tout ce que vous voulez, a besoin de nourrir son imaginaire de réalité. Moi à chaque fois que je vois quelque chose de beau, qui me plait en tout cas, j'ai l'impression de m'enrichir un peu plus.
Je fais aussi beaucoup de photos parce que j'espère avoir un jour l'occasion de faire des dessins d'après ces photos, c'est pas souvent le cas. Actuellement je suis en train de réaliser quelques aquarelles pour une exposition dans la région. Je viens ici compléter un peu mes sources.
En fait, j'ai toujours voulu être dessinateur, mon truc c'était le dessin, le graphisme, pas forcément les couleurs. J'ai fait une école d'art, les Arts déco. Puis un jour, on a eu, en 3e année, je crois, aux Arts déco, on a eu un cours de sociologie sur la bande dessinée. Alors le fait qu'on en parle comme ça, ça a été vraiment une révélation et pour moi, ça a été également un déclic. Je me suis dit la bande dessinée, pourquoi n'y avais-je pas pensé plus tôt quoi ? Donc voilà, la bande dessinée, c'était un métier qui était fait pour moi.
Les Sept Vies de l'épervier devait au départ se passer en Bretagne et puis il se trouve que moi, je suis auvergnat. Je le suis toujours d'ailleurs. J'ai une maison ici mais toutes mes racines, disons, sont en Auvergne. C'est un pays qui est, d'une façon différente, absolument magnifique aussi j'avais envie que ça se passe là-bas.
Je ne veux pas non plus faire une bande dessinée qui satisferait tous mes désirs de dessinateur. Surtout que la bande dessinée est un certain nombre de contraintes, et je me nourris de ça aussi, des difficultés qu'il peut y avoir à dessiner des endroits qui vous inspirent pas du tout. Je trouve ça aussi enrichissant que de dessiner quelque chose qui est magnifique et qui me plait. Je crois pas que ce soit, comment dire, une bonne attitude par rapport au dessin que de vouloir absolument se faire plaisir.
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